Les violences faites aux femmes en Guyane

Le nombre de victimes déclarées est en hausse continue en Guyane. Les taux de viols sur mineurs sont en augmentation avec 82 victimes déclarées pour 224 469 habitants recensés en 2011 (57 en Martinique et 64 en Guadeloupe pour le double d’habitants, et 126 à La Réunion pour quatre fois plus d’habitants), ce qui fait que c’est en Guyane que se trouve le plus fort taux pour cette criminalité en France.



En Guyane, ces chiffres liés aux plaintes sont très certainement en dessous la réalité, et ils concernent surtout les filles, comme on peut le voir dans le phénomène des grossesses précoces.

Lors de son séjour en Guyane, en 2010, la sénatrice Marie-Christine Blandin dénonçait « les vieux cochons » dans Blada, le petit journal de Kourou : « A l’hôpital de Saint-Laurent, les grossesses précoces en-dessous de 16 ans sont 80 fois plus nombreuses que la moyenne de ce que l’on trouve en Europe  », selon Marie-Christine Blandin, sénatrice verte du Nord, qui revient de Saint-Laurent du Maroni avec des statistiques effrayantes : « J’ai une pensée particulière pour les toutes jeunes filles qu’on retrouve de façon aberrante enceintes suite au harcèlement sexuel de vieux cochons, de toutes les origines culturelles confondues. »(1)

Un programme intitulé « Autre regard sur la jeunesse » avait été mis en place en 2009/2010 pour étudier les phénomènes de prostitution juvénile et de grossesses précoces, suite à l’étude de Stéphane Barboza (2) sur le développement du VIH en 2009 (premier département français). Cette étude a permis de mettre en lumière une prostitution juvénile plus ou moins occasionnelle chez les très jeunes, dite « du cadeau » (contre n’importe quel cadeau, même un sandwich, un scooter parfois chez les garçons, avec ce qui est appelé « tutorat » et « mécénat » d’adultes de tous âges vis-à-vis de jeunes, avec aussi tourisme sexuel depuis Cayenne à ce sujet) Beaucoup de ces jeunes ne se reconnaissent pas comme se livrant à la prostitution : «  je fais ce que je veux de mon corps ». Les faits sont connus et admis apparemment. Des témoignages recueillis dans cette enquête montrent la banalisation du phénomène, et le peu de soucis des lois de la République sur cette partie du territoire, où le maire, ex-ministre de Chirac, est en proie à de sérieux ennuis judiciaires mais ne démissionne pas.

Ce programme a été arrêté en 2011 faute d’objectif clair, et par abandon des acteurs publics. La mise en place de la Maison des adolescents, à laquelle il avait partiellement contribué, se dit, en novembre 2013 totalement dépassée par les faits qui touchent des adolescent(e)s de plus en plus jeunes : la prise de risque se fait au niveau du passage CM2/6e.

Or le taux de grossesses précoces du département est le plus important d’Europe, quarante fois le taux de la métropole, et les témoignages de sages-femmes de l’hôpital de Saint-Laurent (Centre hospitalier de l’ouest guyanais – Chog) montrent que cela continue en 2013 (contacts personnels en décembre 2013).

Selon Diane Vernon, anthropologue, et qui a été médiatrice culturelle à l’hôpital de Saint-Laurent-du-Maroni, ce phénomène de grossesses précoces est récent et n’existe que depuis une vingtaine d’années. « Pour toutes les communautés confondues, on peut citer une libéralisation des mœurs en rapport avec la baisse du contrôle parental. Cependant, en ce qui concerne les communautés amérindiennes, il faut retenir que la jeune fille a traditionnellement accédé au statut de femme dès les premières règles, à 13 ans, suite à une semaine d’initiation, après quoi elle se mariait (ou était mariée) rapidement. C’est l’introduction d’une néoténie sociale – la prolongation de l’enfance par la scolarisation – qui ouvre une faille de statut sexuel ambiguë, que nous classons, sans l’analyser, sous notre rubrique de « grossesses précoces ». Quant à la population marronne, où la carrière de femme consistait autrefois (et pour beaucoup encore aujourd’hui) en la double fonction de cultivatrice et mère d’une importante progéniture, la vie sexuelle de la fille commençait dès que sa mère estimait qu’elle était prête morphologiquement – ce qui pouvait être 15 ans, mais selon le cas 14 ou même 13. Ici aussi la scolarisation éloigne la fille d’une protection parentale une bonne partie du temps, la laissant à la merci de tentations ou d’agressions. La majorité de la population de Saint Laurent descend de ces sociétés marronnes, dites aussi Bushinengué, qui se sont mises en place dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, à l’issue de traités de paix avec les colons du Surinam. Ces sociétés étaient régies par une organisation sociale et culturelle propre qui avait assuré leur stabilité pendant trois siècles. Mais le contact massif et récent avec la société de consommation et l’organisation sociale de type occidental actuel, les a privé de la maîtrise de leur propre développement. Comme les Amérindiens de Guyane, les Marrons sont associés dans une structure récente appelé le Conseil Consultatif des Populations Amérindiennes et Bushinengue (3), mais cet organisme est trop faiblement doté pour être efficace face à la complexité des problèmes et l’étendu de l’espace géographique où sont parsemés ses groupes. Du reste, on peut se demander si le gouvernement souhaite son efficacité, car les problématiques qui lui ont été présentées l’ont été sur l’instant, sans laisser le temps d’une consultation du peuple lui-même et d’une réflexion commune. (Il faut avoir à l’esprit que ces communautés à petites populations ont toujours pu pratiquer une consultation communautaire plus immédiatement démocratique que la notre, qui livre aux représentants par les élections pleins pouvoirs de décision).

Le malheur est que, depuis vingt ans, les chefs coutumiers de la société marronne de St Laurent ont été ignorés par les autorités municipales et régionales, et de ce fait, ont perdu leur autorité auprès des membres de leurs communautés qui arrivent sur St. Laurent ou Mana, dans le désordre de l’immigration, séduits par l’extraordinaire liberté qui y est accordée à l’individu. Des tentatives depuis plus de dix ans à faire reconnaître leur fonction de gardiens de l’ordre social et représentants d’un avis du peuple, ont été frustrées et même ridiculisées. Le kabiten marron, de la commune de Mana en particulier, très actif comme médiateur de sa communauté, n’a jamais été reconnu par le Conseil Général. Pire, les élus se souviennent des kabitens coutumiers aux moments des élections pour essayer d’exploiter ce qu’ils imaginent être leur pouvoir d’influence politique ou bien les déplacer simplement comme décor de fond au politicien qui veut se présenter comme homme du peuple. Lors d’un récent incident, un politicien de Cayenne est venu leur présenter des uniformes (marque d’un statut administratif officiel qu’ils n’avaient pas eu). Ces vêtements se sont avérés n’être pas à leur taille et manquant de toute inscription. Les vêtements sont repartis sans suite : un incident humiliant pour les kabitens. » (4)

Détresse des femmes étrangères en Guyane

Souvent ici, comme en métropole, les femmes étrangères sont dans des situations de détresse comme le montre le cas de ces femmes brésiliennes victimes de violences, épouses ou compagnes de Français, à la frontière avec le Brésil : une dizaine de cas ont été signalé lors d’un entretien de la LDH, en novembre 2013, avec les travailleurs sociaux de la petite ville de Saint-Georges de 2000 habitants, sur le bord de l’Oyapock, fleuve frontière avec le Brésil. D’après cet entretien, « les plaintes ne peuvent être déposées ; sans papier et sans argent ces femmes ne peuvent trouver de structure d’urgence inexistante sur Saint-Georges ; elles pourraient être prises en charge par l’Arbre Fromager à Cayenne, mais elles ne peuvent passer le barrage de contrôle de la Paf pour s’y rendre à mi-chemin. Il y a à la fois méconnaissance du droit, et déni de droit, avec impunité totale pour les hommes violents. Même si elles ont eu un titre de séjour comme conjointes de français, elles se retrouvent sans droit et sont renvoyées sur le Brésil. Ces cas paraissent en augmentation exponentielle. Il y a cependant une permanence juridique du CDAD, une fois par mois, qui règle les questions de divorce et de droit de garde, mais le contrat s’arrête fin février et les rendez-vous ne peuvent être pris facilement. »

Dans son rapport 2012(5), l’association Actions pour le développement, l’éducation et la Recherche (Ader) qui porte la lutte contre le VIH et les MST sur le littoral de Kourou, à Sinnamary, mentionne la difficile situation des femmes travailleuses du sexe à Kourou, ou de celles qui se sont installées à Sinnamary depuis l’arrivée d’un fort contingent de travailleurs russes sur le chantier de Soyouz. Des maraudes de cette association à Sinnamary ont permis de trouver de nombreuses femmes travailleuses du sexe à domicile, dans une situation de grande précarité, sans couverture sociale, et n’ayant pas effectué les moindres démarches administratives. Dans onze maraudes, trente et une femmes ont pu être suivies, et la moitié a vu sa situation s’améliorer. De grosses difficultés pour ces femmes sont liées au fait de ne pouvoir franchir le barrage douanier d’Iracoubo, pour aller par exemple chercher des documents indispensables à leur régularisation.

A Kourou, selon cette association, des femmes brésiliennes vivent dans des situations très précaires, chez des marchands de sommeil, sans ressources, seules avec des enfants, en situation irrégulière, et un travail a été mené auprès de ces femmes pour améliorer leur situation administrative. ADER a organisé presque cinq cent rencontres avec ces travailleuses sexuelles dominicaines ou guyaniennes dans cette ville.

De nombreuses femmes d’origine bushinengué sont en grande difficulté car non régularisées, bien que vivant souvent depuis des décennies sur le territoire français, avec parfois des compagnons qui, eux, sont en situation régulière.

Diane Vernon signale ainsi qu’à Saint Laurent du Maroni, une enquête récente sur la Zac Saint-Maurice par le Groupe de Recherches et d’Echanges Technologiques (Gret) en vue d’aménagement résidentiel, relève pour ces seuls occupants de ces « habitations spontanées » presque 4 000 personnes, dont deux tiers des femmes avec enfants (unités matriarcales). 40 % seraient en situation irrégulière.

La section de Cayenne a rencontré, en novembre, l’association de Saint-Jean-du-Maroni, Miki Libi Nawan, qui lui a confirmé que sur l’Ilet Portal, proche de Saint-Laurent-du-Maroni, plusieurs dizaines de femmes étaient dans cette situation. Si elles survivent grâce à la culture d’abattis, au commerce informel et au soutien de leur famille, dont les membres ont souvent des situations administratives diverses, elles ne sont pas en mesure de scolariser tous leurs enfants compte tenu des coûts du transport par pirogue : une femme a ainsi témoigné ne pouvoir scolariser que les quatre ainés sur une fratrie de sept, et ce cas ne serait pas exceptionnel. Il faut noter qu’un certain nombre de ces femmes – tout comme des hommes du reste – n’ont pas d’identité suite à l’absence de déclaration à la naissance. De très nombreuses personnes sont aussi victimes d’erreurs dans l’acte de naissance enregistré à la mairie de Saint-Laurent-du-Maroni, et la maison de la justice et du droit est débordée par les jugements rectificatifs : plus de mille cinq cents actes de naissance en 2012 ont dû être rectifiés : quelles en sont les raisons ? Incompétences ? Volonté ?

Une mission du service juridique de la LDH est projetée sur cette question.

Les femmes autochtones des sites isolés sont aussi en situation très difficile

La vie quotidienne de ces femmes du Haut Maroni est bouleversée depuis vingt ans, par l’adoption brutale des modes de vie occidentaux. En plus de cette intrusion, l’orpaillage illégal dont ils ne sont pas protégés par le gouvernement français, entraîne une contamination au mercure des poissons qui sont leurs aliments essentiels. Kinddy Opoya, une femme du village de Taluen, a appelé à l’aide en 2009(6) et témoigne à nouveau de son désespoir, en 2014, dans les émissions de France Info(7). Elle doit nourrir ses enfants avec des surgelés qu’elle achète très cher à Maripasoula, à plusieurs heures de pirogue. Le gouvernement vient de retirer, en janvier, du site de Dorlin, les militaires qui luttaient contre les orpailleurs illégaux ; autour des villages amérindiens, les sites illégaux ont doublé en 2013. L’association Solidarité Guyane, qui analyse depuis dix ans l’imprégnation mercurielle, publie des résultats alarmants en décembre 2013(8).

Ces mères de famille sont aussi confrontées au suicide de leurs enfants, dont le taux est le plus important de tout le territoire français.

Les mesures drastiques demandées en 2007 par Marie Fleury , ethnobotaniste, dans un article de la revue Vacarmes(9) , n’ont pas eu lieu :

«  Prises en étau entre l’administration française et l’orpaillage clandestin, il n’est pas sûr que [les populations autochtones ] y survivent : le taux de suicide particulièrement élevé chez les jeunes, et les dégâts croissants de l’alcoolisme et des drogues n’autorisent guère l’optimisme.
Espérons que des mesures drastiques seront prises par l’Etat français et/ou par les institutions internationales pour sauver ces cultures en détresse. Le patrimoine matériel et immatériel de ces sociétés terriblement fragilisées mériterait d’être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, et protégé comme tel. Aucune mesure ne sera cependant efficace sans une réelle prise de conscience des autochones eux-mêmes. La situation est urgente.
 »

Le suivi médical de ces femmes lors de leur grossesse fait aussi débat : elles sont conduites à l’hôpital de Cayenne pour accoucher en toute sécurité médicale, mais il est loin d’être prouvé qu’elles sont en sécurité affective et psychologique car elles sont loin des leurs, dans des sociétés où la naissance est régie par de nombreux rituels et d’une grande portée symbolique. On les voit errer dans les couloirs de l’hôpital de Cayenne avant le déclenchement de cet accouchement.

Il faut ajouter que ces femmes amérindiennes quand elles sont « sans papier » ne sont pas suivies pour leur grossesse, ce qui est le cas pour certaines sur le fleuve Oyapock d’après des témoignages recueillis à Saint-Georges-de-l’Oyapock en décembre 2013. Ces populations Wayanas et Wayampis sont en effet des deux côtés de la frontière, qui a peu de sens pour eux.

Les causes de cette situation faite aux femmes de Guyane

Laurent Mucchielli, dans son rapport sur la délinquance en Guyane (10) (2012), après avoir constaté que la Guyane est la première région française pour le taux d’homicide et l’avoir comparée à ses voisins, (au même niveau que Brésil et Guyana, mais devant le Suriname), en explique les causes, très certainement valables dans les autres territoire ultra marins :

« De manière générale, nous savons que la Guyane est la plus inégale des régions françaises(11). L’un des premiers chiffres qui surprend l’observateur débarquant en Guyane est en effet celui du chômage, et même plus précisément du chômage des jeunes. Et, plus largement encore, en termes d’insertion socio-économique de la jeunesse, donc en termes d’avenir de la société guyanaise, cet observateur ne peut qu’être frappé par ce que nous pourrions appeler le désastre des trois 50 %. Quelles sont les conséquences pour une société de compter à la fois, environ 50 % de la population qui a moins de 25 ans, environ 50 % de jeunes qui sortent du système scolaire sans aucun diplôme, et un taux de chômage des jeunes qui est d’environ 50 % lui aussi. »

Les réponses

En Guyane le CRPV (Centre de ressources pour la politique de la ville) a posé les problématiques dans un colloque, du 11 et 12 septembre 2012 : « Violences faites aux femmes en Guyane. D’une prise de conscience collective à un meilleur accès aux droits(12) » . Ce colloque a abordé la question des femmes étrangères victimes de violences, doublement victimes. Mais le CRPV n’a proposé, sur la thématique pour 2013, que la publication de ce colloque, toujours non effective.

L’Etat apporte peu de réponses : les médecins de l’hôpital de Saint-Laurent signalent toutes les grossesses précoces au procureur mais il n’y a jamais de poursuites.

Laurent Mucchielli dénonce, dans son rapport cité, l’état misérable de la justice en Guyane : il manque 50% du personnel chez les magistrats et chez les greffiers, et le procureur lui-même a reconnu publiquement que « le service public de la justice ne pouvait être rendu », alors que le tribunal correctionnel tourne à plein régime avec trente mille affaires par an.

La lutte contre les violences faites aux femmes existe cependant, et Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) a reçu, en 2013, « 350 personnes victimes de violences ; sur 80 cas de violence, 40 relèvent de la violence conjugale. La présidente du centre, Andrée Baboul, est formelle : la violence s’exerce dans tous les milieux sociaux  ». Mais la situation dénoncée en 2011 par la section de Cayenne perdure : le ministère n’a nommé aucune remplaçante au poste de déléguée à l’égalité et aux droits de la femme, dont madame Monlui Deva a été démise en 2011, suite à sa poursuite au pénal pour injures à caractère raciste contre un des employés d’une association présidée par son mari, et qui n’a jamais été déclaré(14).

Les autres associations dédiées à l’écoute et à la prise en charge des femmes victimes de violences et leurs enfants parfois sont l’Arbre fromager(15) et Développement Action Accompagnement Coopération (Daac)(16).

L’association Daac, avec ses onze salariés, engagée dans la lutte contre le VIH dans l’Est guyanais, privilégie l’accompagnement des femmes dans des ateliers mère enfant, dans l’apprentissage du français, dans l’accompagnement juridique pour la reconnaissance de leurs droits à la santé ou à la scolarisation des enfants. Les deux bureaux de Saint-Georges et de la BP Arc en ciel, sont confrontés aux retards d’ouverture ou de renouvellement de droits.

Des structures hébergent, en fonction des places disponibles à leur demande, ces femmes pour les mettre à l’abri et rechercher une solution pérenne : le Samu social, avec trois structures de type CHRS à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent… L’Arbre fromager n’a cessé de se développer depuis sa création, il y a plus de dix ans. Avec maintenant huit salariés, cette association propose un accueil de jour et une permanence d’urgence chaque matin où, en 2013, 470 femmes ont été accompagnées et suivies sur le long terme parfois, selon leur demande. 163 sont venues en tant que victimes de violences ; 15 ont été hébergées en CHRS et 15 autres hébergées temporairement. La première démarche est d’informer ces femmes de leurs droits y compris quand elles sont sans papier. Mais des zones entières du territoire comme Saint-Georges ou Maripasoula sont quasiment abandonnées sur cette question comme sur bien d’autres. Pourtant, un professionnel référent sur les violences, recruté récemment par l’Arbre fromager est destiné à se rendre dans ces endroits isolés.

Ces structures d’hébergement d’urgence paraissent cependant encore très insuffisantes : ainsi, l’association Femmes solidaires de Guyane(17), qui a suivi en 2013 une dizaine de victimes, en dénonce l’insuffisance criante dans son rapport d’activité de 2013. La convention passée avec le Samu social paraît très insuffisante à sa présidente, qui demande un centre d’hébergement social dédié aux femmes victimes ou le paiement de chambres d’hôtel en cas d’extrême urgence pour éviter la rue à ces femmes.

Les vrais remèdes passeraient sans doute par une remise en cause du statut des populations concernées qui sont toujours et encore considérées dans l’angle de l’assistanat, mais jamais en tant qu’acteurs de leur propre destin : utiliser la médiation des organismes de régulation, que sont les chefs coutumiers chez les Amérindiens et les Marrons en Guyane, pourrait avoir un impact certain. Une meilleure connaissance des structures sociales (mode de parenté, rapports de clans) et leur prise en compte est quasiment absente de la problématique. La Polynésie et la Nouvelle-Calédonie peuvent- elles être des modèles ?

Si la situation des violences faites aux femmes est reconnue, la lutte contre ces violences en outre-mer ne fait pas encore l’objet d’une réelle volonté politique à la hauteur des besoins, malgré quelques progrès récents.

(1) www.blada.com/jodlas/5127_J_…

(2) www.forummarxiste.forum-acti…

(3) www.guyane.pref.gouv.fr/cons…

(4) Entretien personnel

(5) www.guyanasso.org/annuaire/1…

(6) www.blada.com/chroniques/200…

(7) www.franceinfo.fr/environnem…

(8) www.solidarite-guyane.org/An… ; http://www.solidarite-guyane.org/Mi…

(9) www.vacarme.org/article1302.html

(10) «  Il y a davantage de violences physiques en Guyane que partout ailleurs en France (et cela est vrai aussi bien des violences intrafamiliales que des vols avec violence et des braquages). A noter que l’auteur précise que sin on tient compte de l’immigration illégale en Guyane en rajoutant 45000 personnes non recensées il conclut que la délinquance en Guyane s’apparente plus au grand banditisme qu’à la petite délinquance. »
www.ordcs.mmsh.univ-aix.fr/p…

(11) Alibay, Gorgeot, 2006

(12) www.crpv-guyane.org/Guyaneco…

(13) www.blada.com/data/File/2013…

(14) www.blada.com/jodlas/6523-Li…

www.blada.com/jodlas/6541-Af… Deva_la_Cimade_la_DAAC_LDH_et_RESF_questionnent_le_prefet.htm

(15) www.arbrefromager.over-blog.fr/

(16) www.daacguyane.org/notre-ass…

(17) www.blada.com/associations/f…

Article source: http://www.ldh-france.org/Les-violences-faites-aux-femmes-en.html

Communiqués de la LDH

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