Tchad : Harcèlement à l’encontre de la Ligue Tchadienne des droits de l’Homme

Description de la situation :

L’Observatoire a été informé du harcèlement à l’encontre de la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH), une ONG de défense et de promotion des droits humains, œuvrant pour la bonne gouvernance au Tchad, en Afrique et dans le monde.

Depuis le 26 avril 2021, date à laquelle huit véhicules de police ont encerclé ses bureaux, la LTDH fait l’objet d’une surveillance accrue de la part des autorités tchadiennes, et ses membres ont vu leur accès aux locaux de l’ONG limité en raison de la présence quotidienne de policiers dès 6h du matin. Cette surveillance intervient à la suite de la passation inconstitutionnelle du pouvoir subséquente au décès du Président tchadien Idriss Déby Itno, le 20 avril 2021. Dans ce contexte, des manifestations ont été organisées les jours suivants par des membres de l’opposition et de la société civile et ont été violemment réprimées par les autorités tchadiennes, provoquant au moins neuf morts, une cinquantaine de blessés, ainsi que des centaines d’arrestations.

Déjà en novembre 2020, la LTDH a été victime d’actes de harcèlement de la part des autorités tchadiennes dans le cadre de la tenue du deuxième Forum National Inclusif organisé par le Président défunt, et boycotté par une grande partie de l’opposition et des organisations de la société civile tchadienne, y compris par la LTDH. À la suite de leur participation à la mise en place du forum alternatif « Forum Citoyen 2020 », des membres de la LTDH ont été victime de harcèlement et d’intimidations, et les locaux de l’ONG ont été encerclés.

L’Observatoire dénonce ces actes de harcèlement envers la LTDH qui ne semblent viser qu’à entraver le bon fonctionnement de l’organisation et à sanctionner les activités légitimes de défense des droits humains menées par ses membres, en particulier dans le contexte de crise politique actuel dont le Tchad fait l’objet. L’Observatoire appelle les autorités militaires tchadiennes à mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre de l’ensemble des défenseurs des droits humains au Tchad.

Actions requises :

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités militaires tchadiennes en leur demandant de :

1. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et le bien-être psychologique des membres de la LTDH et de l’ensemble des défenseurs des droits humains au Tchad ;

2. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre de la LTDH, de ses membres, et de l’ensemble des défenseurs des droits humains au Tchad afin qu’ils puissent mener leurs activités quotidiennes et de défense des droits humains librement et sans entrave.

Adresses :

• M. Mahamat Ahmat Alhabo, Ministre de la Justice, Email : contact@minjustchad.org
• M. Acheick Ibn Oumar, Ministre de la Réconciliation et du Dialogue, Twitter : @Acheikh
• Mission permanente de la République de Tchad auprès du Royaume de Belgique, des Pays Bas, du Grand-Duché de Luxembourg, du Royaume Uni et Représentation Permanente auprès de l’Union Européenne et du Groupe Afrique Caraïbes et Pacifique, Belgique. Email : contact@ambassadedutchad.be

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Tchad dans vos pays respectifs.

***
Paris-Genève, le 4 mai 2021

Article source: https://www.ldh-france.org/tchad-harcelement-a-lencontre-de-la-ligue-tchadienne-des-droits-de-lhomme/

Communiqués de la LDH

2020, RAPPORT D’ACTIVITÉ DU SERVICE JURIDIQUE

Télécharger le rapport juridique de la LDH 2020.

Article source: https://www.ldh-france.org/2020-rapport-dactivite-du-service-juridique/

Communiqués de la LDH

Pas d’asile sans accueil digne : Non à la privation des conditions matérielles d’accueil pour les personnes demandeuses d’asile

Communiqué interassociatif – collectif Asile en IDF – dont la LDH est signataire

Sur tout le territoire français, des milliers de personnes demandeuses d’asile en très grande précarité dorment à la rue, font la queue devant les distributions alimentaires, défilent dans les permanences associatives. Elles sont des centaines en Île-de-France.
Et pourtant, selon la directive européenne Accueil1, les pays membres de l’Union Européenne ont l’obligation de garantir un niveau de vie digne à tous les demandeur·se·s d’asile sur leur territoire.
En France, cette obligation se concrétise par l’attribution de conditions matérielles d’accueil (CMA) : une allocation mensuelle2, un hébergement décent et un accompagnement administratif et juridique.
Ces conditions essentielles permettent uniquement de garantir un minimum vital aux personnes.
Malgré cela, la loi française prévoit de nombreux cas de privation totale des conditions matérielles d’accueil en contradiction avec le droit européen.
Cette pratique punitive et arbitraire met les personnes dans une situation de détresse extrême, elle sanctionne les personnes en portant atteinte à leur dignité.
La France a été condamnée par la CEDH (Cour européenne des Droits de l’Homme) en juillet 20203 pour les « conditions d’existence inhumaines » des personnes demandeuses d’asile qui l’avaient saisie. La Cour a conclu que les autorités françaises étaient responsables « des conditions dans lesquelles les requérants s’étaient trouvés pendant des mois, vivant dans la rue, sans ressources, […] ne disposant d’aucun moyen de subvenir à leurs besoins essentiels […]».
Or, malgré cette condamnation au plus haut niveau, la France continue de manquer à ses obligations, contraignant un nombre considérable de demandeur·se·s d’asile à dormir à la rue sans qu’aucun de leurs besoins essentiels ne soient satisfaits.
Nos associations demandent à la France de tenir compte de sa condamnation par la CEDH et de donner les CMA à toute personne en demande d’asile, indispensables à leur survie quotidienne.

Paris, le 3 mai 2021

  1. Directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l’accueil des personnes
    demandant la protection internationale.
  2. Les demandeur·se·s d’asile n’ont plus le droit de travailler depuis 1991.
  3. CEDH, 5e sect., 2 juill. 2020, N.H. et autres c. France, nos 28820/13, 75547/13 et 13114/15.

Télécharger le communiqué en pdf.

Les personnes en demande d’asile privées de leurs CMA et accompagnées
au sein de nos associations témoignent de leurs difficultés

Retrouvez les vidéos sur la playlist Youtube de Dom’Asile “Pas d’asile sans accueil digne”

Article source: https://www.ldh-france.org/68832-2/

Communiqués de la LDH

Des associations demandent une enquête de l’ONU sur les violations des droits des mineurs non accompagnés en France

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Le Conseil Français des Associations pour les droits de l’enfant (Cofrade) et Kids Empowerment ont, avec le soutien d’associations et de collectifs citoyens, saisi le Comité des droits de l’enfant de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) afin de dénoncer les violations graves et systématiques des droits des mineurs non accompagnés (MNA) observées en France. Cette saisine, déclarée recevable par le Comité, ouvre la possibilité d’une enquête qui serait une étape clé vers la réforme du cadre réglementaire actuellement en vigueur en France et l’évolution de pratiques locales condamnables.

Sur la base des informations transmises dans la saisine rédigée par Maître Camille Oberkampf et Maître Delphine Mahé, avocates au Barreau de Paris et membres de l’Alliance des Avocats pour les droits de l’Homme, les associations demandent au Comité des droits de l’enfant de :

  • Diligenter une enquête sur les violations commises par la France, État signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant, vis-à-vis des droits énoncés dans cette convention dans le cadre de l’accueil et de la prise en charge des MNA présents sur le territoire national ;
  • formuler des observations et recommandations nécessaires à la protection des droits de ces enfants ;

Pour appuyer leurs demandes, les associations ont fourni au Comité de nombreuses données quantitatives et qualitatives, y compris des éléments concrets issus d’expériences de terrain illustrant des violations graves et systématiques des droits des MNA par la France, et notamment leur droit à une protection inconditionnelle. L’accès aux soins, à l’hébergement ou encore à l’éducation sont également abordés dans le document de 80 pages, qui conclut sans équivoque qu’en France, les droits de ces mineurs privés de la protection de leur famille ne sont pas respectés.

La saisine attribue les violations dénoncées à deux facteurs principaux : le déni de minorité dont sont victimes ces enfants et qui les prive du dispositif national de protection de l’enfance, et les inégalités de traitement de ces enfants au sein du territoire français.

Par ailleurs, l’insuffisance des ressources financières, humaines et matérielles allouées par l’État aux départements responsables de la prise en charge de ces enfants, associée à l’absence d’une autorité de contrôle ou de coordination nationale effective, fragilisent tout effort de protection des droits de ces enfants particulièrement vulnérables.

Tandis que des milliers de MNA présents sur le territoire français voient leurs droits bafoués quotidiennement, l’intervention du Comité des droits de l’enfant doit aboutir à la reconnaissance légale d’une “présomption de minorité”. Malgré les recommandations du Conseil Constitutionnel, de la Cour européenne des droits de l’homme et du Comité lui-même, celle-ci fait aujourd’hui défaut en France. Elle permettrait pourtant de faire enfin primer la protection de l’enfance sur toute autre considération (y compris la lutte contre l’immigration irrégulière), dans le respect de “l’intérêt supérieur de l’enfant”.

Actuellement, des milliers de mineurs non accompagnés ne peuvent compter que sur l’aide des associations et de collectifs citoyens engagés, alors que chacun d’entre eux devrait relever, comme tout mineur présent sur le territoire, de la protection de l’enfance à la charge des pouvoirs publics français.

Les signataires

  • les organisations requérantes
  • le Conseil français des associations pour les droits de l’enfant (Codrade)
  • Kids Empowerment
  • leurs partenaires
  • l’Alliance des Avocats pour les droits de l’Homme (AADH)
  • Les Etats généraux des migrations (EGM)
  • Médecins sans frontières (MSF) 
  • Sororité, Solidarité, Accueil (SOROSA) 
  • Utopia 56

Paris, le 3 mai 2021

Télécharger le dossier de presse

Article source: https://www.ldh-france.org/des-associations-demandent-une-enquete-de-lonu-sur-les-violations-des-droits-des-mineurs-non-accompagnes-en-france/

Communiqués de la LDH

Appel pour la Marche contre Monsanto 2021

Rejoignez les 60 organisations, dont la LDH, qui appellent à marcher contre Monsanto-Bayer et l’agrochimie le samedi 15 mai 2021 !

Comme chaque année depuis 2013, des dizaines d’organisations de la société civile, paysannes et citoyen-ne-s indigné-e-s par l’agrochimie feront entendre leur voix pour exiger la fin de ce système dont nous sommes tous-tes victimes à différentes échelles. Nous réclamerons un changement radical pour une agriculture respectueuse des sols, des ressources en eau, de la biodiversité, et de notre santé !

Cette année, la Marche aura une importance toute particulière avec une actualité rythmée par les recours en justice. Il s’agira de réclamer justice et réparations pour les nombreuses victimes des multinationales agrochimiques :

  • En 2020, Dewayne Johnson (États-Unis), et Paul François (France), intoxiqués par des produits de Monsanto, ont définitivement fait condamner la firme après des années de bataille judiciaire. Aux États-Unis, plus de 130 000 victimes des pesticides de Monsanto ont porté plainte contre la multinationale de l’agrochimie. Cette dernière a réussi à négocier un accord global d’indemnisation à hauteur de 10 milliards de dollars avec 100 000 de ces victimes, échappant ainsi à de multiples condamnations en justice qui lui auraient coûté des dizaines de milliards de dollars. Pourtant, Monsanto-Bayer ne reste pas moins responsable de la   toxicité extrême de ses produits.

  • Cette année, des procès historiques incarnent ce combat contre les multinationales agrochimiques et leurs poisons – qu’ils aient été utilisés comme armes chimiques ou comme pesticides. 
    • Tran to Nga, une victime franco-vietnamienne des épandages d’agent orange pendant la guerre du Vietnam, mène une lutte juridique contre 14 firmes ayant produit l’herbicide. Pour elle mais aussi pour les 3 millions de Vietnamien-ne-s encore victimes aujourd’hui. Le jugement sera rendu ce 10 mai. 
    • Le scandale du chlordécone sera également central puisqu’une plainte a été déposée contre 5 anciens ministres français en raison de leur inaction et du renouvellement des autorisations de ce pesticide organochloré en Martinique et en Guadeloupe, alors qu’il avait déjà été interdit en métropole. 
    • Plus généralement, nous nous mobiliserons pour une justice environnementale associée à la dénonciation des injustices et inégalités sociales, raciales, (néo)coloniales, et de genre, face aux géants de l’agro-industrie et aux politiques qui permettent leur essor.

  • Face à l’utilisation toujours plus massive de produits nocifs pour les écosystèmes et la santé humaine, il n’est pas étonnant que des produits toxiques – arsenic, métaux lourds, etc. – ont récemment été retrouvés dans de nombreuses formulations de pesticides pourtant autorisés à la vente. Cela éclaire par ailleurs les défaillances du contrôle des agences sanitaires et l’échec de la gestion des contaminants par l’évaluation des risques.

Rappelons que ce sont aussi l’État et les pouvoirs publics français qui permettent la poursuite de ce système agrochimique mortifère en n’interdisant pas le glyphosate ou en ré-autorisant les néonicotinoïdes par exemple. Les politiques mises en œuvre participent à la perpétuation de ce monde toxique que nous dénonçons. La mobilisation de tou·tes est donc d’ores et déjà décisive pour, entre autres, obtenir un changement profond de la Politique Agricole Commune et de sa déclinaison nationale, et pour contraindre le Gouvernement à réglementer les nouveaux OGM – comme l’a déjà exigé la Cour de justice de l’Union européenne en 2018.

Mais la mobilisation citoyenne est aussi nécessaire pour lutter contre les inégalités Nord/Sud qui fondent ce système agroalimentaire et pour notre souveraineté alimentaire partout dans le monde. En Inde par exemple, nous assistons depuis plusieurs mois à une véritable révolte menée par des paysan-ne-s et agriculteur-trices contre la poursuite des politiques de libéralisation de l’agriculture qui fragilisent l’agriculture vivrière, incitent la redirection de la production vers l’exportation et ainsi entraînent la nécessité d’une industrialisation massive du système agricole (monocultures, grandes exploitations plutôt que des exploitations familiales, usage des engrais et pesticides de synthèse, etc.) – déjà amorcée depuis la “révolution verte” au bilan plus que mitigé.

Ainsi, les pratiques et poisons des firmes agro-industrielles, et les politiques actuelles qui les rendent possibles, nous condamnent collectivement : notre santé est menacée notamment par une alimentation contaminée par des résidus dangereux , la sécurité alimentaire de nombreux pays est bafouée, les populations sont exposées à des produits nocifs, et nos terres polluées pour des générations.

Citoyen-ne-s et organisations, plus que jamais déterminé·es à promouvoir un autre modèle agricole et alimentaire, plus écologique et respectueux du vivant et plus juste socialement pour les paysan-ne-s et le reste de la population : soyons nombreux-ses  dans la rue ce samedi 15 mai 2021 ! Maintenons la pression sur les acteurs qui empoisonnent notre futur ! Appelons à la Marche contre Monsanto-Bayer et l’agrochimie !

La liste actuelle des 60 organisations soutiens de la Marche contre Monsanto-Bayer 2021 :

AAFV, Acides, Ad@ly, Alerte des médecins sur les pesticides, Alternatiba, Altertour, Amap IdF, ANV-COP21, ARAC, Association française pour l’expertise de l’agent orange et des perturbateurs endocriniens (Afape), Association Végétarienne de France, Association VIVRE, ATTAC, Bio Consom’Acteurs, C.A.A.N Coordination Action Autonome Noire, Campagne glyphosate, CCFD-Terre solidaire, CliMates, COAADEP, Collectif Asiatique Antiraciste, Collectif Nta rajel ?, Collectif Vietnam-Dioxine, Combat Monsanto, Comité de soutien à Tran To Nga, Comité français de soutien au Village d’amitié de Van Canh, Coordination eau Île-de-France, Coordination gegen BAYER-Gefahren, Éducation éthique animale, Extinction Rebellion France, Extinction Rebellion Paris, FAIR[e] un monde équitable, FAOOD, Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, Générations Futures, Greenpeace France, Il est encore temps, Les Ami·e·s de la Confédération Paysanne, Les Amis de la Terre France, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Lyannaj Pou Dépolyé Matinik, MIRAMAP, Mouvement de la paix, Mouvement National de Lutte pour l’environnement, Nature rights, Notre Affaire à Tous, Or de question, OXFAM France, PAAF, Pollinis, Ragster, Sauvons les jardins d’Aubervilliers, Secrets Toxiques, SNCS-FSU, SOL, Alternatives agroécologiques et solidaires, SOS Racisme, UNEF, Voix Déterres, Wild legal, Youth For Climate Paris, Zéro Chlordécone Zéro Poison, Zero Waste France.

Soutiens politiques : 

Gauche démocratique et sociale, Génération Ecologie, Jeunes écologistes, La France insoumise, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Mouvement des progressistes, Nouvelle Donne

Article source: https://www.ldh-france.org/appel-pour-la-marche-contre-monsanto-2021/

Communiqués de la LDH

30 avril 2021 – tribune collective “Manifeste pour la Laïcité : Nous sommes la France d’aujourd’hui” publiée sur Mediapart

Manifeste à l’initiative du Collectif Laïcité un point c’est tout, et dont Malik Salemkour, président de la LDH, est signataire

Signez à votre tour le Manifeste pour la laïcité sur notre site https://laiciteunpointcesttout.fr

Nous sommes des citoyen·ne·s engagé-e-s dans la cité, nous militons dans des partis politiques, nous agissons dans nos associations, nous écrivons et enquêtons pour des médias professionnels indépendants, nous fabriquons de la connaissance et des données dans des universités et des laboratoires, nous sommes élus et élues locales, ou étudiant-e-s menacés par la précarisation. Nous sommes celles et ceux qui voudront bien se retrouver dans cet appel.

Nous héritons des cultures juives, chrétiennes et musulmanes, de celles issues des philosophies émancipatrices, certain-e-s d’entre nous prient et lisent des textes sacrés, d’autres se revendiquent agnostiques ou athées, luttent contre les dogmes religieux, répandent la bonne parole du Pastafarisme.

Et certainement plus que tout cela, car nos identités ne s’arrêtent pas à nos héritages ni à nos pratiques. Tenter de nous y résumer, c’est déjà empêcher de comprendre l’autre. Tout comme une nation n’a pas à avoir “d’identité”, le “français moyen” n’existe pas, pas plus que celui “de souche”.

Enfants de la République, identifiée à la démocratie, nous voulons préserver ses principes fondateurs que sont la liberté, l’égalité et la fraternité, qui permettent le débat, l’échange d’arguments, la dispute, y compris la querelle. Et c’est la loi de 1905 qui rend possible l’expression de ces grands principes, en participant au socle législatif garantissant nos libertés individuelles et collectives.

La laïcité est notre rempart contre l’exclusion et la discrimination.

La dérive qui vient

Or, depuis quelques années, se diffuse une petite musique mortifère : l’idée qu’une des religions dans ce pays, l’islam, serait incompatible avec la République. Qu’il faudrait donc en encadrer les pratiquants, les surveiller plus que d’autres, parce que leur pratique contiendrait en germe le risque d’un basculement vers l’islamisme politique, voire vers le terrorisme. On en guette les signes ostensibles, on ostracise les musulman·ne·s en jouant sur les mots de la discrimination. Islamophobie ? Racisme anti-musulman·e·s ? Qu’est ce donc qu’un pays qui préfère débattre pendant des heures sur les mots, plutôt que sur les faits qu’ils qualifient ?

Nous sommes las des “talkshows” au cours desquels le moindre fait divers est prétexte à légitimer des clichés éculés et des appels à la haine, de ces expressions forgées à l’extrême-droite ou importées de l’alt-right américaine, qui saturent les médias et certains discours politiques.

Nous alertons sur les dangers d’une rhétorique martiale, traduite en législations dont les contenus menacent les libertés fondamentales et ostracisent des communautés entières.

Nous constatons la multiplication des diffamations et des intox sur les réseaux sociaux, relayées par des complices au mieux naïfs, au pire parfaitement conscients qu’ils font le jeu d’une extrême-droite toujours aussi raciste, antisémite, islamophobe et xénophobe.

Un pilier de la République

Dans cette atmosphère inquiétante, il est impératif de protéger la laïcité, telle que définie par la loi fondatrice de 1905, et qui trouve sa première expression pendant la Commune de Paris de 1871, qui affirme alors comme première des libertés, la liberté de conscience (décret du 2 avril 1871). C’est un projet de société simple, lumineux, universel : séparer les Eglises de l’Etat, et donc instaurer la stricte neutralité de l’administration publique et de ses représentant·e·s vis-à-vis des croyances ou de la non-croyance des citoyen·ne·s.

C’est ce principe que l’Observatoire de la Laïcité fait vivre depuis 2013, avec peu de moyens et beaucoup d’énergie, en toute indépendance, au contact des élèves dans les écoles, auprès des administrations et des élu-e-s dans les territoires, auprès des représentant-e-s de l’Etat.

D’accord avec Jean-Louis Bianco, le président de l’Observatoire, nous affirmons que la laïcité est un pilier de la République, parce qu’elle permet un équilibre entre ses lois et la liberté des convictions. La laïcité se construit, elle s’explique, elle ouvre le débat. En aucun cas, elle ne doit devenir une bureaucratie supplémentaire, inféodée au gouvernement et circonscrite par ses courtisans.

La laïcité est notre bien commun

La laïcité est notre bien commun, nous voulons la préserver, pleine et entière, contre les formidables coups de boutoir qu’elle subit aujourd’hui. Elle n’est ni “de combat”, ni “apaisée”, ni “positive”, ni “nouvelle”. La laïcité doit être, un point c’est tout.Nous demandons que la laïcité continue à exister et à être expliquée grâce à l’Observatoire de la laïcité, ou a minima grâce à une structure qui s’en inspirera, c’est-à-dire :

– Indépendante du pouvoir, protégée des assauts idéologiques et des tourments médiatiques du moment ;

– Capable de s’auto-saisir et productrice de rapports afin d’éclairer la décision publique ;

– Nourrie de retours d’expériences sur le terrain, par les travaux universitaires, par les éclairages d’expert·e·s reconnu·e·s comme tel-le-s par leurs pairs ;

– Qui continuera à faire vivre le dialogue et la pédagogie, dans tous les territoires de la République et auprès de toutes les communautés, depuis les pieds des cités jusqu’aux quartiers huppés de la capitale, en passant par les écoles et par les couloirs du Sénat et de l’Assemblée Nationale.

Nous exprimons enfin notre opposition à la loi “confortant le respect des principes de la République et de lutte contre le séparatisme” que les parlementaires ont adoptée en première lecture ce 12 avril 2021. La loi de 1905 protège déjà des tentations séparatistes, d’où qu’elles viennent, et les motivations derrière cette nouvelle loi nous paraissent relever d’une tentation autoritaire et viriliste, qui ne peut que brouiller et affaiblir la laïcité, et risque d’ouvrir la porte à toutes les interprétations, y compris les plus dangereuses.

Le Manifeste pour la laïcité est issu du travail commun du collectif “Laïcité, un point c’est tout”, animé notamment par Grégory Gutierez, conseiller municipal à Malakoff (92) et adhérent EELV, Laurence De Cock, historienne et essayiste, Mathilde Larrère, historienne, Samuel Grzybowski, fondateur de Coexister, Pierre Khalfa, membre du Conseil scientifique d’Attac, Antoine Richard, étudiant, Adrien Sartre, coordinateur de Résilience commune.

Arié Alimi, avocat ; Manon Aubry, députée européenne, France insoumise ; Etienne Balibar, philosophe, ancien professeur à l’université Paris-Nanterre ; Esther Benbassa, sénatrice écologiste de Paris ; Monique Chemillier-Gendreau, professeure émérite, université Paris-Diderot ; Eric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis, La France insoumise ; Mathieu Devlaminck, Président de l’Union nationale lycéenne ; Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice ; Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine, PCF ; Nora Hamadi, Journaliste ; Aurore Lalucq, députée européenne, Place publique ; Jean-Marc Levy-Leblond, physicien, essayiste, professeur à l’université de Nice ; Mélanie Luce, présidente de l’Unef ; Mathieu Molard, rédacteur en chef, StreetPress ; Pablo Pillaud-Vivien, responsable éditorial, revue Regards ; Eric Piolle, maire de Grenoble, EELV ; Edwy Plénel, co-fondateur et président, Médiapart ; Thomas Portes, porte-parole, Génération·s ; Barbara Romagnan, enseignante, autrice, députée du Doubs de 2012 à 2017, Génération·s ; Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l’Homme ; Aurélien Taché, député du Val d’Oise, co-président Les Nouveaux démocrates ; Aurélie Trouvé, porte-parole, Attac.

Signez à votre tour le Manifeste pour la laïcité sur notre site https://laiciteunpointcesttout.fr

Paris, le 26 avril 2021

Article source: https://www.ldh-france.org/manifeste-pour-la-laicite-laicite-un-point-cest-tout/

Communiqués de la LDH

Manifeste pour la Laïcité : Nous sommes la France d’aujourd’hui

Manifeste à l’initiative du Collectif Laïcité un point c’est tout, et dont Malik Salemkour, président de la LDH, est signataire

Signez à votre tour le Manifeste pour la laïcité sur notre site https://laiciteunpointcesttout.fr

Nous sommes des citoyen·ne·s engagé-e-s dans la cité, nous militons dans des partis politiques, nous agissons dans nos associations, nous écrivons et enquêtons pour des médias professionnels indépendants, nous fabriquons de la connaissance et des données dans des universités et des laboratoires, nous sommes élus et élues locales, ou étudiant-e-s menacés par la précarisation. Nous sommes celles et ceux qui voudront bien se retrouver dans cet appel.

Nous héritons des cultures juives, chrétiennes et musulmanes, de celles issues des philosophies émancipatrices, certain-e-s d’entre nous prient et lisent des textes sacrés, d’autres se revendiquent agnostiques ou athées, luttent contre les dogmes religieux, répandent la bonne parole du Pastafarisme.

Et certainement plus que tout cela, car nos identités ne s’arrêtent pas à nos héritages ni à nos pratiques. Tenter de nous y résumer, c’est déjà empêcher de comprendre l’autre. Tout comme une nation n’a pas à avoir “d’identité”, le “français moyen” n’existe pas, pas plus que celui “de souche”.

Enfants de la République, identifiée à la démocratie, nous voulons préserver ses principes fondateurs que sont la liberté, l’égalité et la fraternité, qui permettent le débat, l’échange d’arguments, la dispute, y compris la querelle. Et c’est la loi de 1905 qui rend possible l’expression de ces grands principes, en participant au socle législatif garantissant nos libertés individuelles et collectives.

La laïcité est notre rempart contre l’exclusion et la discrimination.

La dérive qui vient

Or, depuis quelques années, se diffuse une petite musique mortifère : l’idée qu’une des religions dans ce pays, l’islam, serait incompatible avec la République. Qu’il faudrait donc en encadrer les pratiquants, les surveiller plus que d’autres, parce que leur pratique contiendrait en germe le risque d’un basculement vers l’islamisme politique, voire vers le terrorisme. On en guette les signes ostensibles, on ostracise les musulman·ne·s en jouant sur les mots de la discrimination. Islamophobie ? Racisme anti-musulman·e·s ? Qu’est ce donc qu’un pays qui préfère débattre pendant des heures sur les mots, plutôt que sur les faits qu’ils qualifient ?

Nous sommes las des “talkshows” au cours desquels le moindre fait divers est prétexte à légitimer des clichés éculés et des appels à la haine, de ces expressions forgées à l’extrême-droite ou importées de l’alt-right américaine, qui saturent les médias et certains discours politiques.

Nous alertons sur les dangers d’une rhétorique martiale, traduite en législations dont les contenus menacent les libertés fondamentales et ostracisent des communautés entières.

Nous constatons la multiplication des diffamations et des intox sur les réseaux sociaux, relayées par des complices au mieux naïfs, au pire parfaitement conscients qu’ils font le jeu d’une extrême-droite toujours aussi raciste, antisémite, islamophobe et xénophobe.

Un pilier de la République

Dans cette atmosphère inquiétante, il est impératif de protéger la laïcité, telle que définie par la loi fondatrice de 1905, et qui trouve sa première expression pendant la Commune de Paris de 1871, qui affirme alors comme première des libertés, la liberté de conscience (décret du 2 avril 1871). C’est un projet de société simple, lumineux, universel : séparer les Eglises de l’Etat, et donc instaurer la stricte neutralité de l’administration publique et de ses représentant·e·s vis-à-vis des croyances ou de la non-croyance des citoyen·ne·s.

C’est ce principe que l’Observatoire de la Laïcité fait vivre depuis 2013, avec peu de moyens et beaucoup d’énergie, en toute indépendance, au contact des élèves dans les écoles, auprès des administrations et des élu-e-s dans les territoires, auprès des représentant-e-s de l’Etat.

D’accord avec Jean-Louis Bianco, le président de l’Observatoire, nous affirmons que la laïcité est un pilier de la République, parce qu’elle permet un équilibre entre ses lois et la liberté des convictions. La laïcité se construit, elle s’explique, elle ouvre le débat. En aucun cas, elle ne doit devenir une bureaucratie supplémentaire, inféodée au gouvernement et circonscrite par ses courtisans.

La laïcité est notre bien commun

La laïcité est notre bien commun, nous voulons la préserver, pleine et entière, contre les formidables coups de boutoir qu’elle subit aujourd’hui. Elle n’est ni “de combat”, ni “apaisée”, ni “positive”, ni “nouvelle”. La laïcité doit être, un point c’est tout.Nous demandons que la laïcité continue à exister et à être expliquée grâce à l’Observatoire de la laïcité, ou a minima grâce à une structure qui s’en inspirera, c’est-à-dire :

– Indépendante du pouvoir, protégée des assauts idéologiques et des tourments médiatiques du moment ;

– Capable de s’auto-saisir et productrice de rapports afin d’éclairer la décision publique ;

– Nourrie de retours d’expériences sur le terrain, par les travaux universitaires, par les éclairages d’expert·e·s reconnu·e·s comme tel-le-s par leurs pairs ;

– Qui continuera à faire vivre le dialogue et la pédagogie, dans tous les territoires de la République et auprès de toutes les communautés, depuis les pieds des cités jusqu’aux quartiers huppés de la capitale, en passant par les écoles et par les couloirs du Sénat et de l’Assemblée Nationale.

Nous exprimons enfin notre opposition à la loi “confortant le respect des principes de la République et de lutte contre le séparatisme” que les parlementaires ont adoptée en première lecture ce 12 avril 2021. La loi de 1905 protège déjà des tentations séparatistes, d’où qu’elles viennent, et les motivations derrière cette nouvelle loi nous paraissent relever d’une tentation autoritaire et viriliste, qui ne peut que brouiller et affaiblir la laïcité, et risque d’ouvrir la porte à toutes les interprétations, y compris les plus dangereuses.

Le Manifeste pour la laïcité est issu du travail commun du collectif “Laïcité, un point c’est tout”, animé notamment par Grégory Gutierez, conseiller municipal à Malakoff (92) et adhérent EELV, Laurence De Cock, historienne et essayiste, Mathilde Larrère, historienne, Samuel Grzybowski, fondateur de Coexister, Pierre Khalfa, membre du Conseil scientifique d’Attac, Antoine Richard, étudiant, Adrien Sartre, coordinateur de Résilience commune.

Arié Alimi, avocat ; Manon Aubry, députée européenne, France insoumise ; Etienne Balibar, philosophe, ancien professeur à l’université Paris-Nanterre ; Esther Benbassa, sénatrice écologiste de Paris ; Monique Chemillier-Gendreau, professeure émérite, université Paris-Diderot ; Eric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis, La France insoumise ; Mathieu Devlaminck, Président de l’Union nationale lycéenne ; Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice ; Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine, PCF ; Nora Hamadi, Journaliste ; Aurore Lalucq, députée européenne, Place publique ; Jean-Marc Levy-Leblond, physicien, essayiste, professeur à l’université de Nice ; Mélanie Luce, présidente de l’Unef ; Mathieu Molard, rédacteur en chef, StreetPress ; Pablo Pillaud-Vivien, responsable éditorial, revue Regards ; Eric Piolle, maire de Grenoble, EELV ; Edwy Plénel, co-fondateur et président, Médiapart ; Thomas Portes, porte-parole, Génération·s ; Barbara Romagnan, enseignante, autrice, députée du Doubs de 2012 à 2017, Génération·s ; Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l’Homme ; Aurélien Taché, député du Val d’Oise, co-président Les Nouveaux démocrates ; Aurélie Trouvé, porte-parole, Attac.

Signez à votre tour le Manifeste pour la laïcité sur notre site https://laiciteunpointcesttout.fr

Paris, le 26 avril 2021

Article source: https://www.ldh-france.org/manifeste-pour-la-laicite-laicite-un-point-cest-tout/

Communiqués de la LDH

La LDH dans les médias du 23 au 29 avril 2021

Télécharger la revue de presse de la LDH du 23 au 29 avril 2021.

Article source: https://www.ldh-france.org/la-ldh-dans-les-medias-du-23-au-29-avril-2021/

Communiqués de la LDH

Pour les droits, les libertés, l’égalité et la solidarité… le 1er Mai

Communiqué LDH

Le 1er Mai est un moment pour réaffirmer l’universalité et l’indivisibilité des droits et des libertés pour toute l’humanité : les droits de tous, tous les droits et partout.

Un moment d’affirmation et de défense des droits fondamentaux, civiques et politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux, ici et ailleurs pour toutes et tous. Un moment aussi pour crier notre refus du racisme sous toutes ses formes. Un moment pour dire notre exigence de liberté, d’égalité et de fraternité.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) appelle à se mobiliser ce 1er Mai aux côtés des organisations syndicales et du mouvement social, pour faire de cette date une manifestation de solidarité et d’engagement citoyen.

Paris, le 30 avril 2021

Télécharger le communiqué en pdf.

Article source: https://www.ldh-france.org/68763-2/

Communiqués de la LDH

Souriez, vous êtes verbalisés par caméra de « protection » !

Communiqué LDH

A Millau, dès la fin du premier confinement, des militants ont été verbalisés par l’exploitation des enregistrements des caméras de surveillance de la ville, alors qu’ils déambulaient par petits groupes distanciés pour protester contre la « casse de l’hôpital public » et la gestion de la pandémie par le gouvernement.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a régulièrement dénoncé les abus de pouvoir permis par l’instauration de l’état d’urgence sanitaire. Elle a aussi dénoncé, par une lettre ouverte au Premier ministre (conjointe avec le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature), l’utilisation de la verbalisation « à des fins constitutives d’un détournement de pouvoir… ». « Tout contestataire est ainsi traité comme s’il était délinquant » précise-t-elle et Millau illustre parfaitement cette dénonciation.

Toute la procédure contre les militants de Millau concentre les abus de pouvoir : le fichage des militants, une réquisition de vidéos obtenue pour une infraction inexistante (« manifestation interdite », sans arrêté d’interdiction) ; des verbalisations à la volée sans contrôle de l’identité des personnes ; des saisies sur comptes sans avoir reçu d’avis préalable de contravention ; un procès-verbal de constat d’infraction datant d’octobre 2020 alors que les faits se sont déroulés en mai ; une demande du procureur de la République à l’officier du ministère public du tribunal de police d’envoi de la copie de la procédure à l’avocat des personnes poursuivies datée du 25 septembre 2020 mais le dossier vient seulement de pouvoir être consulté, au mépris des droits de la défense… Le but est clairement de vouloir faire taire les opposants politiques, les militants associatifs ou syndicaux.

La LDH s’insurge contre ces pratiques et soutient les militants qui passeront en justice le 4 mai prochain.

Paris, le 30 avril 2021

Télécharger le communiqué en pdf.

Article source: https://www.ldh-france.org/souriez-vous-etes-verbalises-par-camera-de-protection/

Communiqués de la LDH