Un 8 mars de lutte pour l’égalité femmes-hommes en outre-mer AUSSI !

Communiqué LDH

La situation des femmes en outre-mer est alarmante.

Il est difficile de bien connaître la situation des femmes en outre-mer car les enquêtes nationales n’y sont pas systématiquement étendues. Les études partielles montrent que la situation des femmes y est bien plus grave qu’en métropole. Les plus récentes, comme celles de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONRDP), montrent que les départements d’outre-mer ont le triste privilège de se signaler par le plus fort taux de criminalité et de violences, particulièrement pour les homicides et les violences à caractère sexuel.

La situation a très peu évolué, en ce 8 mars 2016, et la réponse institutionnelle n’est pas à la hauteur.

  • La Réunion et la Guyane se disputent, si l’on peut dire, le palmarès d’une année sur l’autre, d’après les chiffres publiés par l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ/ONDRP), dans les rapports annuels sur la criminalité par département 2012 et 2011.
  • En Guyane, malgré de nombreuses demandes, depuis 2013, il n’y a toujours pas assez de structures d’accueil d’urgence pour les femmes victimes de violences au sein du couple et leurs enfants ! Depuis plusieurs années, la vacance du poste de déléguée des droits des femmes, à la préfecture, en est un élément visible, préjudiciable à la cause des femmes.
  • En Martinique, l’Union des femmes martiniquaises, et à la Réunion, de nombreuses associations, dont la LDH, font de la lutte contre les violences faites aux femmes leur priorité.

Tout aussi grave, un récent rapport de France Stratégie note qu’en métropole aussi, ce sont les femmes ultramarines qui sont particulièrement impactées par les inégalités sur le marché du travail. Ces dernières « restent perdantes sur de nombreux tableaux : elles ont un taux d’activité plus faible, des salaires inférieurs à poste donné et un accès difficile aux postes les mieux rémunérés ». Leurs chances de voir leur salaire augmenté a même diminué en dix ans(1).

Pour l’égalité et contre toutes formes de violences, dans tous les territoires d’outre-mer, luttons, manifestons, rassemblons-nous pour faire reculer les inégalités au travail, dans la famille et dans la société tout entière !Le 8 mars, c’est la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes du monde entier !

 

(1) www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/na-42-marche-du-travail-18-02-2016.pdf

 

Paris, le 8 mars 2016

 

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