La solidarité internationale, l’autre priorité des françaises et des français à confirmer maintenant !

Lettre ouverte de plusieurs organisations françaises, dont la LDH, au président de la République

Monsieur le Président,

Quelques mois après votre prise de fonction, vous avez annoncé mettre la politique de développement au cœur de la politique étrangère de la France et, à cette fin, relever ses moyens pour atteindre 0,55 % du revenu national brut en 2022. Vous avez ensuite souhaité que la prochaine loi d’orientation pour le développement soit assortie d’une programmation budgétaire incluant cette trajectoire. Nos organisations, associations actrices de la solidarité internationale, avec toutes celles et ceux qui sont engagés au quotidien pour cette cause, avaient salué ces annonces. Il était attendu que cette loi soit votée au printemps 2019 ce qui aurait été une façon concrète pour la France de prouver son engagement à l’occasion de l’accueil du G7 en août et de la présentation de sa feuille de route pour les Objectifs de développement durable (ODD) aux Nations unies en septembre.

Report après report, le projet aboutirait au mieux à l’automne 2019 ! La France a certes engagé un redressement de son aide publique, mais la progression reste trop faible pour atteindre l’objectif visé. En l’absence de la visibilité que doit donner la loi, nous sommes amenés à nous interroger sur l’actualité de l’ambition posée initialement. Quel sens aurait une programmation budgétaire décidée pour les deux seules dernières années du quinquennat ?

Comment comprendre et accepter la contradiction entre, d’un côté, des déclarations fortes et répétées sur les enjeux internationaux (accord de Paris, ODD) et, de l’autre, le retard et l’absence de calendrier pour la présentation de cette loi ? Traduction des ambitions françaises en matière d’aide publique au développement, cette loi ne peut plus attendre car elle est aussi l’incarnation de la contribution solidaire de la France à l’équilibre du monde.

Chaque jour, l’actualité nous rappelle les effets dramatiques des dérèglements climatiques, de la pauvreté, de la faim, des inégalités sociales, des discriminations de genre et des violences faites aux femmes. Les zones de crise humanitaire s’étendent, notamment celles dues aux conflits. Nos organisations sont mobilisées parce que nos sociétés sont interdépendantes, parce que les enjeux auxquels nous faisons face sont universels et parce qu’il ne peut y avoir de réponse durable dans un seul pays. C’est ce que consacrent l’agenda 2030 du développement durable et l’accord de Paris sur le climat de 2015.

Les citoyennes et citoyens en France en sont conscients. Conscients de l’urgence climatique et solidaire comme l’ont démontré notamment leurs contributions au Grand débat national et leurs mobilisations régulières depuis des mois. Leur lucidité quant à la communauté de destin qui lie tous les peuples du monde explique que notre société est profondément attachée à la solidarité internationale et à l’action des ONG pour la mettre en œuvre comme le montrent les derniers sondages [2].

Une accélération est indispensable pour redonner force à cette politique. Nous la souhaitons ambitieuse dans ses objectifs et dédiée aux droits humains, à la lutte contre la pauvreté, les inégalités et le dérèglement climatique. Nous la souhaitons ambitieuse aussi dans ses moyens pour atteindre 0,55 % du RNB en 2022 et fixer l’objectif de 0,70 % en 2025. Nous souhaitons que l’aide publique au développement donne une place centrale aux pays partenaires dans les choix des priorités, avec la pleine participation de la société civile, ici comme dans les pays partenaires, pour plus de proximité, d’efficacité, de participation et d’appropriation démocratique. Nous la souhaitons centrale enfin dans l’agenda gouvernemental afin que toutes les politiques publiques soient mises en cohérence avec ses objectifs.

Monsieur le Président, en matière de solidarité internationale, l’urgence est dramatiquement là, il s’agit d’y répondre avec davantage que des mots.

[1] Près de 8 Français sur 10 sont favorables au soutien des pays en développement et plus de deux tiers à une hausse du budget de la politique de développement, Baromètre AFD/CSA 2019 : Les Français et la politique d’aide au développement, Paris, AFD/CSA, Avr. 2019.

[2] Cf. Baromètre AFD/CSA 2019, sondage réalisé du 11 au 20 février 2019, Paris, AFD/CSA, Avr. 2019

Paris, le 18 avril 2019

Premières organisations signataires : Philippe JAHSHAN, président Coordination SUD ; Cécile DUFLOT, directrice générale d’OXFAM France ; Ruvie GAMBIA, président Etudiants Développement ; Thomas RIBEMONT, président d’Action contre la faim ; Francis MONTHÉ, président GRDR Migration-Citoyenneté-Développement ; Manuel PATROUILLARD, directeur général fédéral Fédération Handicap International ; Rachid LAHLOU, président de Secours Islamique France ; Philippe de BOTTON, président de Médecins du Monde ; Vincent BASQUIN, président de Première Urgence Internationale ; Xavier BOUTIN, Thierry MAURICET, co-présidents de Coordination Humanitaire et Développement (CHD) ; Bernard THIBAUD, secrétaire général de Secours Catholique – Caritas France ; Sylvie BUKHARI de PONTUAL, présidente de CCFD – Terre solidaire ; Emmanuel POILANE, président CRID ; Olivier BRUYERON, directeur général GRET ; Isabelle MORET, directrice générale SOS Villages d’Enfants France ; Pierre JACQUEMOT, président Groupe Initiatives ; Guillaume NICOLAS, vice-président CLONG-Volontariat ; Thierno CAMARA, président Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations (FORIM) ; Jean-Roch SERRA, directeur général La Chaîne de l’Espoir ; Carole COUPEZ, présidente EDUCASOL ; Aurélien BEAUCAMP, président AIDES ; Malik SALEMKOUR, président Ligue des droits de l’Homme ; Véronique SEHIER, coprésidente Le Planning Familial ; Philippe LEVEQUE, directeur général CARE France ; Vincent JACQUES le SEIGNEUR, directeur général Fondation Energies pour le Monde ; Emilie VALLAT, directrice ECPAT France ; Joël KAIGRE, président HAMAP-Humanitaire ; Jean-Louis MAROLLEAU, secrétaire exécutif Réseau Foi Justice Afrique Europe antenne France ; Cathy BLANC-GONNET, directrice-coordinatrice Association HUMATEM ; Yves LE BARS, président Comité Français pour la Solidarité Internationale ; Louis PIZARRO, directeur général SOLTHIS ; Annick BALOCCO, directrice MEDAIR France ; Pauline DE LA CRUZ, présidente F3E ; Stéphanie SELLE, directrice Planète Enfants Développement ; Sandra METAYER, coordinatrice Coalition Eau ; Anne-Marie HARSTER, présidente Solidarité Laïque ; Frédéric APOLLIN, directeur Agronomes et Vétérinaires sans Frontières ; Guillaume NATAF, président Ingénieurs sans frontières ; Marie-Françoise PLUZANSKI, présidente Initiative Développement ; Laurence TOMMASINO, déléguée générale GERES ; Bertrand LEBEL, directeur exécutif Acting for Life ; Bruno RIVALAN, directeur exécutif adjoint Action Santé Mondiale ; Jean-Luc CAZAILLON, directeur général CEMEA ; Réseau Associatif pour le Développement et la Solidarité Internationale ; Josyane PEREZ, présidente Nouvelle-Aquitaine (RADSI Nouvelle-Aquitaine) ; Yvan SAVY, directeur Plan International France ; Lysiane ANDRE, présidente Terre des Hommes France

Article source: https://www.ldh-france.org/solidarite-internationale-priorite/

Communiqués de la LDH

Les Nations unies appellent la France à adopter un moratoire sur les expulsions forcées et dénoncent une violation systématique et flagrante du droit à un logement convenable en vertu du droit international des droits de l’Homme à Calais

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Actant sur saisine d’une coalition de 36 associations nationales et locales opérant le long du littoral nord français, Mme Leilani Farha, la Rapporteure spéciale des Nations unies sur le logement convenable, Mme Leilani Farha, a rendu, le 12 avril 2019, son compte-rendu de mission concernant sa visite officielle en France (et notamment à Calais et Grande Synthe le 5 avril dernier).

La Rapporteure spéciale des Nations unies a ainsi reconnu que « Les pratiques […] signalées par les résidents des camps dans les alentours de Calais constituent une violation systématique et flagrante du droit à un logement convenable en vertu du droit international des droits de l’Homme. Elles constituent aussi des violations des droits à la santé, à l’alimentation et à l’intégrité physique. Le caractère systématique et répété de ces expulsions forcées durant la période hivernale suggère qu’elles constituent également un traitement cruel, inhumain et dégradant contre l’une des populations les plus vulnérables de France ».

La Rapporteure spéciale des Nations unies appelle la France à adopter un moratoire sur toutes les expulsions forcées et rappelle à la France son obligation de respecter le droit international des droits de l’Homme. Elle précise que « en ce qui concerne les expulsions forcées à Calais, le gouvernement français doit interdire les expulsions répétées et systématiques de personnes vivant dans des tentes et des quartiers informels et qui se traduisent par des traitements inhumains ou dégradants. Toute expulsion doit respecter scrupuleusement le droit à un logement convenable prévu par le droit international des droits de l’Homme, qui impose de proposer un hébergement d’urgence suffisant et adapté à une distance raisonnable des logements existants et des options de logement à long terme. »

Ces constats et recommandations s’inscrivent dans la continuité de l’appel du Rapporteur spécial des Nations unies sur l’eau et l’assainissement, Mr Leo Heller, qui avait déjà demandé à la France de respecter ses obligations en matière de droit international des droits de l’Homme à l’égard des exilés se trouvant le long du littoral nord français en 2017 et 2018.

 

Association coordinatrice de la coalition : Committee for Refugee Relief

Associations signataires de la saisine : ACC Minorités visibles ; ADRA France antenne de Dunkerque ; AMiS Téteghem ; ATD Quart Monde ; L’Auberge des Migrants ; Bethlehem ; La Cabane Juridique / Legal Shelter ; Le Centre Primo Levi ; La Cimade Nord Picardie ; Le Collectif d’Aide aux Migrants de Ouistreham ; Committee for Refugee Relief ; EcNous ; Emmaüs ; Emmaüs Grande Synthe ; Fédération des Acteurs de la Solidarité ; Fédération des acteurs de la solidarité des Hauts-de-France ; La Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisé ; Le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s) ; GynécologieSansFrontières ; Help Refugees ; Human Rights Observers ; Itinérance Cherbourg ; Itinérance Dieppe ; La Ligue des droits de l’Homme ; La Ligue des droits de l’Homme de Dunkerque ; Médecins du Monde ; MRAP-littoral dunkerquois ; Refugee Info Bus ; Refugee Youth Service ; Salam Nord Pas-de-Calais ; SAVE Sourire, Aide, Vie, Espoir ; Secours Catholique – Délégation du Pas de Calais ; The Refugee Women’s Centre ; Terre d’Errance Norrent Fontes ; Terre d’Errance Steenvoorde ; Utopia 56.

 

Article source: https://www.ldh-france.org/les-nations-unies-appellent-la-france-a-adopter-un-moratoire-sur-les-expulsions-forcees-et-denoncent-une-violation-systematique-et-flagrante-du-droit-a-un-logement-convenable-en-vertu-du-droit-interna/

Communiqués de la LDH

Observer les pratiques policières : agir pour la défense des libertés publiques

L’actualité met régulièrement en avant les usages disproportionnés de la violence et des armes dites non-létales par les forces de l’ordre, notamment dans le cadre de la répression des mouvements sociaux. Nous l’avons vu très récemment à l’encontre des lycéens (Arago, Mantes-la-Jolie) et des gilets jaunes.

Ces répressions violentes peuvent prendre différentes formes – à la fois physiques, entraînant des blessures et traumatismes, et administratives et juridiques, avec la multiplication des arrestations, parfois à titre préventif – et ont des conséquences dramatiques sur celles et ceux qu’elles touchent. Chacune et chacun est susceptible de les subir.

Dans ce contexte, et chaque fois que des personnes seront violentées par les forces de l’ordre, chaque fois que les revendications sociales seront réprimées, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a un rôle essentiel à jouer. Seule, ou plus généralement avec des partenaires, elle s’est donc engagée dans des démarches d’observation citoyenne dans le cadre d’observatoires locaux. Vous en trouverez ici les derniers rapports.

Rapport du 19 janvier au 9 mars 2019 de la Legal team de Montpellier

Rapport du 15 décembre 2018 au 15 janvier 2019 de la Legal team de Montpellier

Rapport du 1er mai 2017 au 23 mars 2019 de l’Observatoire des pratiques policières de Toulouse

Rapport du 17 novembre 2018 au 16 février 2019 de l’Observatoire girondins des libertés publiques : sera rendu public le 29 avril prochain, lors d’une conférence de presse.

 

Voir en plein écran

Article source: https://www.ldh-france.org/observatoires-des-pratiques-policieres-agir-pour-la-defense-des-libertes-publiques/

Communiqués de la LDH

La LDH soutient le film « La miséricorde de la jungle », de Joël Karekezi

Sortie le 8 septembre 2018

Le film La miséricorde de la jungle, couronné du Grand prix Étalon d’or et du prix d’interprétation masculine au Fespaco, a le mérite d’attirer l’attention sur une région du monde peu représentée, alors même que le passé colonial pèse sur la situation et que les multinationales occidentales sont parties prenantes des horreurs commises.

1998, région du Kivu, à la frontière entre le Congo et le Rwanda. Alors que la deuxième guerre du Congo fait rage, le sergent Xavier, héros de guerre rwandais, et Faustin, soldat inexpérimenté, sont en territoire ennemi. Lorsque les deux hommes perdent leur bataillon, ils se retrouvent seuls et sans ressources face à l’inextricable jungle congolaise réputée pour être la plus vaste, la plus dense et la plus hostile du continent. Pris en étau par les combats qui font rage autour d’eux, ils n’ont d’autre choix que de s’enfoncer dans l’enfer vert. Les deux hommes errent comme deux fantômes délaissés. Ils doivent affronter leur passé tout en cherchant à concevoir un futur. Au cœur de cette jungle à l’aura fantastique, l’absurdité de cette guerre résonne en écho aux atrocités commises. Quand on ne sait plus qui se bat contre qui, pourquoi se battre encore ?

Le film relate une période floue de l’histoire récente de la région : la deuxième guerre du Congo qui éclate en 1998 dans la région des grands lacs de l’Est du Congo. Cette guerre, où 9 pays africains ont été impliqués, est marquée par la perméabilité des vieilles frontières coloniales, l’accentuation des tensions ethniques due à la pauvreté, la présence de richesses naturelles, la militarisation de l’économie informelle, la demande mondiale de matières premières minérales et l’impuissance des Nations Unies. Cette militarisation, empreinte des séquelles du génocide rwandais, engendre ainsi la commercialisation de la violence : des milices proposent leurs services pour terroriser, torturer, violer. La haine ethnique est érigée en vitrine pour justifier les agissements, mais ce n’est qu’un drapeau. La réalité est tout autre. La violence sert ici la concurrence commerciale.

Le bilan est lourd : 6 millions de morts, près de 4 millions de déplacés, des camps de réfugiés saturés et des centaines de milliers de personnes appauvries. Les armes de guerre sont le viol et la destruction du tissu social.

Le réalisateur est né et a grandi au Rwanda. Il a connu le génocide, durant lequel il a perdu son père, et a dû se réfugier au Congo avec sa sœur. Il explique avoir ressenti le besoin d’extérioriser ce trauma, de le transformer. A travers ses films antimilitaristes, Joël Karekezi se questionne : « est-ce que l’humanisme est encore possible ? Quand on a vécu le génocide rwandais, ou la guerre au Congo, comment croire en l’humanité ? ».

Magnifiquement filmées, petite histoire et grande histoire s’entremêlent ici pour une plongée au cœur des ténèbres, celles de la jungle et celles du cœur humain.

Thématiques : impérialisme (pillage des ressources du sous-sol congolais), néocolonialisme, antimilitarisme

Prochaines projections en présence du réalisateur :

Dimanche 14 avril Tours Studio 11h / Blois Lobis 16h

Lundi 15 avril Le Mans Cinéastes 20h

Mardi 16 avril Saint Ouen L’Aumône Utopia 20h30

Mercredi 17 avril Metz Klub 20h15

Jeudi 18 avril Paris Lincoln Cinéwax 19h30 / Montreuil Méliès 20h45

Vendredi 19 avril Arles Acte Sud 20h30

Samedi 20 avril Marseille Gyptis 19h30

Dimanche 21 avril Port de Bouc Méliès 18h30

Lundi 22 avril Avignon Utopia 18h

Mardi 23 avril Paris Louxor Usage du Monde 20h

Mercredi 24 avril Paris Espace Saint Michel 20h

Jeudi 25 avril 

Vendredi 26 avril 

Samedi 27 avril Aubervilliers Studio 19h

 

La Miséricorde de la Jungle

Réalisation : Joël Karekezi

Durée : 1h31

Distribution : Neon Rouge Production

Article source: https://www.ldh-france.org/la-ldh-soutient-le-film-la-misericorde-de-la-jungle-de-joel-karekezi/

Communiqués de la LDH

Campagne pour la libération des enfants palestiniens emprisonnés par Israël

Appel à rassemblement le jeudi 18 avril à 18 place Saint-Michel à Paris

 https://liberez-enfants-palestiniens.fr

La politique de terreur menée par Israël contre les enfants palestiniens doit cesser ! 5450Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes pour raisons politiques. Parmi eux : 205 enfants dont 32 de moins de 16 ans ; 48 femmes ;  497 détenus administratifs ; 340 sont de Jérusalem Est ; 294 sont de la bande de Gaza.

A l’initiative de la Coordination des associations palestiniennes : Forum Palestine Citoyenneté ; Association de Palestiniens en Ile-de-France ; GUPS ; Comité pour le respect des droits de l’Homme en Palestine ; et avec le soutien de plus de 120 personnalités, associations, organisations  syndicales et politiques dont : ATTAC, Association France Palestine Solidarité (AFPS), ATMF, ARAC, Campagne BDS, CCFD-Terre  Solidaire  Paris,  EELV,  Ensemble, Femmes  Egalité,  FTCR,  MRAP,  NPA,PG,  PCF,  PCOF, Solidaires, UJFP, UJR IdF…

Israël est le seul pays au monde à poursuivre systématiquement, chaque année, entre 500 et 700 enfants devant les tribunaux militaires sans aucun respect des droits fondamentaux à un procès équitable. Depuis début 2018, plus de 900 enfants palestiniens âgés de moins 18 ans de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est ont été arrêtés et, selon les statistiques de mars 2019 d’ADDAMEER (organisation palestinienne de soutien aux prisonniers et aux droits de l’Homme), 205 enfants sont toujours en détention, dont 32 ont moins de 16 ans.  Ils sont détenus dans les prisons israéliennes, dans des conditions intolérables et en totale violation de la Convention internationale des droits de l’enfant. L’accusation la plus répandue contre les enfants est le jet de pierres, « crime » passable de 20 ans de prison. Depuis 2000, plus de 12000 enfants palestiniens ont été arrêtés par l’occupant israélien. Au mépris des conventions internationales des droits de l’enfant: dans 40 % des cas, ils sont arrêtés la nuit, arrachés à leur sommeil, sous les yeux de parents résistants mais impuissants ; la  grande  majorité  font  état  de  violences  physiques, verbales, d’humiliations lors  du transfert au centre d’interrogatoire, pendant les interrogatoires puis la détention… L’accusation la plus courante (qui sert de prétexte à l’arrestation des enfants) est le jet de pierre, « crime » passible de 10 à 20 ans de prison ! Une fois libérés, ils continuent à être harcelés par les forces de répression israéliennes ou assignés à résidence.

Nadeem, le jeune ex-prisonnier, plusieurs fois détenu depuis l’âge de 13 ans, venu témoigner de ses conditions de détention lors d’une tournée en France en novembre 2018, a été à nouveau arrêté en février 2019 durant 5 jours, sans motif. Ces arrestations et détentions d’enfants illustrent la politique de punition collective à laquelle se livre l’Etat  d’apartheid israélien qui tente de les recruter comme informateurs, leur fait signer des textes en hébreu, et exerce un racket financier sur les familles en les forçant à payer de lourdes amendes pour leur libération. Ces arrestations et détentions ont un impact sur la santé mentale des enfants. Ils souffrent d’un sentiment d’insécurité permanent, de  troubles de stress post-traumatique et finissent trop souvent par abandonner leurs études. En s’en prenant aux enfants, l’Etat d’apartheid israélien tente de briser toute résistance palestinienne et tout espoir futur.

Soutenez la campagne en signant la pétition

Article source: https://www.ldh-france.org/campagne-pour-la-liberation-des-enfants-palestiniens-emprisonnes-par-israel/

Communiqués de la LDH

15 avril – Tribune collective sur archives sur le génocide au Rwanda « L’accès aux sources secrètes doit être étendu aux juges », publiée dans Le Monde

Tribune signée par Michel Tubiana, président d’honneur et avocat de la Ligue des droits de l’Homme

Alors qu’une commission d’historiens va pouvoir examiner des documents, jusque­ là inaccessibles, sur le rôle de la France au Rwanda de 1990 à 1994, les avocats des parties civiles dans le dossier du massacre de Bisesero réclament que cet accès soit élargi aux magistrats.

Lire la suite

Signataires : Mes Laure Heinich et Karine Bourdié, avocates des rescapés tutsi de Bisesero ; Mes Eric Plouvier et Olivier Foks, avocats de l’association Survie ; Me Patrick Baudouin, avocat de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) ; Me Michel Tubiana, avocat de la Ligue des droits de l’Homme (LDH)

Article source: https://www.ldh-france.org/15-avril-tribune-collective-sur-archives-sur-le-genocide-au-rwanda-lacces-aux-sources-secretes-doit-etre-etendu-aux-juges-publiee-dans-le-monde/

Communiqués de la LDH

14 avril – Tribune collective « Prévenir la reconstitution des campements indignes », publiée dans le Parisien

Plusieurs acteurs associatifs de la solidarité, dont Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l’Homme, demandent un plan national pour créer 40 000 places supplémentaires en centre d’accueil et d’hébergement d’urgence spécialisé

Face à l’inacceptable, nous demandons une mise à l’abri immédiate, avec un accompagnement social et sanitaire pour tous avant que la situation ne dégénère. Et nous rappelons qu’aucune personne — ou famille — ne devrait être contrainte de quitter son lieu d’hébergement sans qu’une solution digne ne lui soit proposée. Mais il faut aussi s’attaquer aux racines de la crise pour sortir de l’urgence et de la répétition des évacuations.

Lire la tribune.

Signataires :  Louis Gallois (président de la Fédération des acteurs de la solidarité) ; Arthur Anane (Fédération des acteurs de la solidarité Ile-de-France) ; Laurent Desmard (Fondation Abbé Pierre) ; Thierry Le Roy (France Terre d’asile) ; Pierre Coppey (Aurore) ; Marie-France Eprinchard (Emmaüs Solidarité) ; Jean-Francois Carenco (Coallia) ; Jean-Jacques Eledjam (Croix-Rouge française) ; Isabelle Richard (Fédération Entraide protestante) ; Malik Salemkour (Ligue des droits de l’Homme) ; Eric Pliez (Samu social de Paris) ; Patrick Doutreligne (Uniopss) ; Hubert Trapet (Emmaüs France) ; Philippe de Botton (Médecins du monde) ; Daniel Naud (Fondation Armée du salut) ; Marie-Hélène Franjou (Amicale du nid) ; Christophe Deltombe (Cimade) ; Nicolas Noguier (le Refuge).

 

Article source: https://www.ldh-france.org/14-avril-tribune-collective-prevenir-la-reconstitution-des-campements-indignes-publiee-dans-le-jdd/

Communiqués de la LDH

15 avril – Tribune de Pierre Tartakowsky « Dijon-Amiens : plus que quelques minutes de fierté » publiée dans Mediapart

Publiée dans Mediapart

Il faut saluer la décision courageuse de Prince Gouano, le capitaine amiénois, d’interrompre le jeu alors qu’il était la cible d’insultes racistes, comme il faut remercier ses coéquipiers et l’équipe de Dijon de leur solidarité.

Interrompre un match de football demande courage et détermination. C’est une décision qui met à mal la dynamique du jeu, qui prend de face la masse des spectateurs et les cohortes de supporters, par définition toujours « chauds » et qui est en rupture avec la culture traditionnelle de la compétition sportive. Celle-ci, en effet, a toujours eu une forte tendance à faire prévaloir le silence sur le scandale, l’arrangement sur la règle et la coulisse sur la justice. Cet entre soi, justifié par les valeurs de la gagne, de l’intérêt supérieur du club, de l’équipe, et de valeurs sportives ramenées à une sorte de hors sol permanent est aujourd’hui pris à contre-pied. Il reste certes beaucoup à faire dans le domaine de la lutte contre le racisme, l’homophobie et les discriminations dans le sport mais de nombreuses manifestations indiquent que le processus est en voie d’accélération.

Cette mutation s’opère sous la pression d’éléments endogènes et exogènes évidemment très divers. Mais l’arrêt de jeu du match Dijon-Amiens signale un basculement de la déploration vers l’action, par une prise en charge par les acteurs eux-mêmes, et à un niveau d’engagement tel qu’elle acquiert une force d’entrainement. On se souvient que les chants homophobes qui avaient accompagné le classico français PSG-OM à la mi-mars avaient été renvoyés maladroitement à un « folklore » de supporters par la présidente de la Ligue professionnelle de football (LFP). Cette banalisation de fait traduisait surtout l’embarras du monde de la compétition sportive devant un phénomène qu’il s’est longtemps acharné à présenter comme lui étant étranger, le sport étant sur le terrain et le « folklore » dans les tribunes. Avec à la clé un sourire amusé devant les militants des doits de l’Homme qui avançaient l’idée d’opposer un coup de sifflet d’arrêt aux cris de haine.

Cette fois, ce qui était présenté comme complexe voire contre productif ne semble plus faire problème. La LFP a immédiatement et sans ambiguïté « condamné » les insultes racistes, « apporté son soutien au joueur Prince Gouano » et laissé entendre qu’elle envisageait des suites judiciaires.

Ce basculement confirme la préconisation de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) qui, dans un avis qu’elle a rendu [1] récemment sur la lutte contre le racisme, l’homophobie et les discriminations dans le sport, souligne l’importance de l’éducation non pas des seuls supporters mais de l’ensemble des acteurs des filières sportives, de l’implication des collectivités locales, des ministères de tutelle, ainsi que des médias tout en insistant : « ces efforts exogènes ne peuvent se révéler efficaces qu’à condition de trouver leurs relais de légitimation dans l’implication des acteurs du champ sportif. De la même manière que la stigmatisation du dopage a trouvé ses relais notamment au sein des équipes sportives, la lutte contre le racisme et les discriminations peut s’appuyer sur des aspirations et des engagements de sportifs ainsi que de personnes morales dans le monde sportif, pour arriver à ce que le débat et la réflexion en fassent un impératif catégorique. Loin d’être un fardeau exogène au monde du sport, ce combat est une condition de son épanouissement ». 

En stoppant la rencontre Dijon-Amiens, en refusant qu’elle se transforme en une confrontation entre le foot et la haine, en quelque sorte à armes égales, les joueurs ont fait une démonstration brève mais éclatante de ce que la fierté peut accomplir. Ce faisant, ils nous ont rendu l’inestimable service de sortir le match du stade pour l’inscrire sans fioritures dans le débat public. Ils contribuent ainsi à évoluer d’un univers de commentaires sur les résultats sportifs à une exigence démocratique sur les pratiques et la place qu’y tiennent l’égalité et la fraternité ; sur l’éducation qui en répond et sur la loi qui en est garante.

Pierre Tartakowsky, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, membre de la CNCDH.

Paris, le 15 avril 2019

[1] https://www.cncdh.fr/sites/default/files/181120_avis_sur_le_racisme_et_les_discriminations_dans_le_sport_parmail.pdf

Article source: https://www.ldh-france.org/15-avril-tribune-de-pierre-tartakowsky-dijon-amiens-plus-que-quelques-minutes-de-fierte-publiee-dans-mediapart/

Communiqués de la LDH

La LDH soutient le film « Female Pleasure », de Barbara Miller

Sortie le 1 mai 2019

« Que s’est-il passé, il y a des milliards d’années pour qu’ils s’attaquent à nos corps ? Nous contrôlent, nous mutilent, nous frappent… », ainsi s’indigne Leila, au début de ce documentaire. Le ton est donné : le magnifique film de Barbara Miller dénonce avec force la mainmise, depuis des siècles, des hommes et des religions sur les femmes et leur sexualité, et nous fait partager le combat de cinq jeunes femmes, de cinq pays et continents différents, contre cette oppression.

Leila, somalienne, installée à Londres, a été excisée à sept ans et se mobilise corps et âme, aussi bien en Europe que dans certains pays africains, pour que cesse cette mutilation, cette « agression sexuelle », qui prive les femmes de leur plaisir.

Deborah, élevée au sein de la communauté juive hassidique de New York, prend conscience, après un mariage arrangé et la naissance de son fils, du pouvoir exorbitant de sa communauté sur les femmes, qui ne peuvent s’y épanouir. Elle décide donc de la quitter.

En Inde, Vithika, après avoir été agressée plusieurs fois et n’en avoir rien dit, crée « Love Matters », une plateforme consacrée à l’amour, au couple, à la sexualité, et tente de sensibiliser la population par le biais de spectacles de rue.

Doris, allemande, entrée dans les ordres à l’Œuvre FSO à Rome, a été violée plusieurs fois par le prêtre qui était son supérieur mais n’a reçu aucun secours de sa communauté, malgré deux lettres au pape François et une plainte officielle.

Au Japon, Rokudenashiko, artiste manga, révoltée par la condition des femmes dans son pays et par le tabou qui entoure les organes génitaux féminins, alors qu’on célèbre avec faste la fête du phallus, s’est amusée à créer des œuvres d’art désopilantes à partir d’un moulage de sa vulve.

C’est avec beaucoup d’émotion, mais aussi de colère et de révolte que ces femmes dévoilent peu à peu leur histoire et leur combat. Toutes accusent les religions ou les coutumes d’avoir diabolisé la femme, de vouloir contrôler leur sexualité, ce que la réalisatrice illustre par des extraits des textes sacrés (Bible, Talmud, Coran, Mahabharata) qui font froid dans le dos…

Evidemment, les réactions des communautés contre lesquelles elles s’insurgent sont violentes.

Mais toutes continuent à se battre pour que les femmes se réapproprient leur corps, osent dire « oui » à leur désir, à leur plaisir. Plusieurs l’affirment : cette oppression sur les femmes est un problème mondial, et il est urgent d’y sensibiliser les hommes qui en sont, sans le savoir, aussi victimes. Certains passages du film semblent plutôt encourageants à ce propos : des hommes travaillent avec Vithika au sein de « Love Matters ». Et quand Leila explique à des jeunes gens de différentes communautés religieuses à Londres, à l’aide de gigantesques vulves en pâte à modeler, ce que sont les différentes formes d’excision, ces derniers sont horrifiés et disent être prêts à combattre cette coutume, comme l’affirment aussi des Kényans, qu’elle rencontre au cours de stages de sensibilisation avec le programme « Girl-Generation ».

Les propos de ces différentes héroïnes sont soutenus par un très beau traitement de l’image, la réalisatrice alternant avec brio interviews en direct, en plans serrés, et paroles en voix off avec des images qui illustrent leur vie quotidienne ou des moments clefs de leur combat. Un beau film percutant qui devrait faire bouger les lignes…

Thématiques : femmes, violences sexuelles, discrimination, religion

Female Pleasure

Film documentaire, Suisse-Allemagne

Réalisation : Barbara Miller

Durée : 97 minutes

Article source: https://www.ldh-france.org/la-ldh-soutient-le-film-female-pleasure-de-barbara-miller/

Communiqués de la LDH

Le Défenseur des droits revient sur les conditions de la mort d’un mineur isolé dans la Marne. Un constat accablant pour ce département

Communiqué commun

Le Défenseur des droits vient de rendre une décision sur les conditions de prise en charge et d’évaluation des mineurs isolés par le département de la Marne, à la suite du décès du jeune Denko Sissoko en janvier 2017.

Ce jeune s’est jeté de la fenêtre du foyer de Champagne-en-Champagne où les services de la protection de l’enfance de ce département l’avaient placé (« Six organisations demandent l’ouverture d’une enquête sur la mort d’un mineur isolé »,  mai 2017). Une déléguée du syndicat SUD a saisi le Défenseur des droits quelques jours après le décès du jeune.

Le Défenseur des droits pointe les graves défaillances du dispositif mis en place par le département :

–  défaillance de l’accompagnement éducatif du fait d’un nombre insuffisant d’adultes encadrants ; ainsi, l’équipe n’a pas pu percevoir le mal-être de Denko ;

–  défaillance de la sécurité dans le centre d’accueil en raison de la cohabitation avec des adultes, de l’absence d’espaces collectifs adaptés et d’une surveillance de nuit inexistante ;

–  défaillance dans la prise en charge sanitaire compte tenu de bilans médicaux effectués trop tardivement par rapport à l’arrivée des jeunes  (l’autopsie a ainsi révélé que Denko souffrait d’une pathologie non traitée) et d’un manque d’informations, occasionnant notamment des confusions chez eux entre bilan de santé et tests osseux ;

–  défaillance dans l’accès à l’éducation, aux loisirs et à la culture puisqu’aucune démarche n’est engagée en vue de la scolarisation des jeunes durant la procédure d’évaluation de leur minorité qui peut durer plusieurs mois pendant lesquels ces jeunes restent désœuvrés, sans activités récréatives ou culturelles ;

–  défaillance du protocole d’évaluation de la minorité avec des délais excessifs, des évaluateurs incapables de repérer les troubles psychiques, des rapports d’évaluation comportant la mention « ne dit pas la vérité » incompatible avec la neutralité et la bienveillance requises, la réalisation de tests osseux dans des conditions contestables (information insuffisante sur le droit de refuser, pas de mention de la marge d’erreur ni de fourchettes d’âge) et des décisions de refus de prise en charge sans notification des voies de recours ;

–  défaillance de la préparation au passage à l’autonomie à leur majorité dès lors que les jeunes ne sont pas systématiquement informés de leur droit à demander une aide « jeune majeur », que celle-ci est subordonnée à la régularité de leur séjour, en violation des textes, et que les refus ne font pas l’objet d’une décision écrite et motivée, mentionnant les délais et voies de recours.

Prenant acte de certaines évolutions positives depuis les faits (ouverture d’une salle d’activité, renforcement de l’équipe éducative, amélioration du bilan médical, etc.), le Défenseur des droits considère toutefois que le foyer concerné reste inadapté à l’accueil de mineurs. Il formule aussi un grand nombre de recommandations à l’égard des services départementaux et de l’association La Sauvegarde qui a en charge l’accueil et le suivi éducatif de ces jeunes. En particulier, il demande au département de la Marne d’améliorer la formation des évaluateurs, de recruter un⋅e psychologue et un⋅e infirmier⋅e, de respecter le droit à la scolarisation des jeunes, de leur fournir une information complète sur les expertises osseuses et, de façon générale, sur l’ensemble de leurs droits (droit au recours, aux aides « jeunes majeurs », etc.)

Le département de la Marne a clairement failli à sa mission de protection de l’enfance. Le défaut de sécurité, d’encadrement éducatif et médical mis en évidence par la décision du Défenseur des droits sont à l’origine de la mort d’un jeune. Pour qu’un tel drame ne se reproduise pas, il est urgent que les défaillances constatées soient corrigées. La protection de l’enfance ne peut être mise en œuvre avec des prestations au rabais.

Mais la correction des défaillances passées ne saurait suffire. La plainte déposée par les parents de Denko n’a toujours pas débouché sur un procès. L’origine des graves négligences et imprudences qui ont conduit à la mort de ce jeune doit être maintenant établie et les responsables identifiés et jugés.

Le 12 avril 2019

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Signataires : ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers), Admie (Association pour la défense des mineurs isolés étrangers), La Cimade, DEI-France (Défense des enfants international), Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré-e-s), LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), RESF (Réseau éducation sans frontières), SAF (Syndicat des avocats de France, Union syndicale Solidaires

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