La LDH dans la presse du 14 au 20 février 2020

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Communiqués de la LDH

Le surveillant général Muselier perd la face

Communiqué LDH

Par une délibération du 14 décembre 2018, le conseil régional Sud (ex Provence-Alpes-Côte d’Azur) a autorisé une expérimentation de reconnaissance faciale dans deux lycées de Marseille et Nice. Cette expérimentation devait être entièrement financée par l’entreprise américaine Cisco, qui profite ici de la politique sécuritaire des élus locaux pour tester ses technologies de surveillance. L’objectif affiché par le conseil régional, et en particulier par son président Renaud Muselier, était clair : étendre, au terme de cette expérimentation, ce dispositif à l’ensemble des lycées de la région.

Le 19 février 2019, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) avec la Quadrature du Net, la CGT Educ’Action des Alpes-Maritimes et la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) des écoles publiques des Alpes-Maritimes ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Marseille pour demander l’annulation de la délibération du conseil régional, en s’appuyant essentiellement sur le règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD) : absence d’analyse d’impact en amont du processus, absence de cadre juridique à la reconnaissance faciale, traitement des données biométriques manifestement disproportionné par rapport à l’objectif poursuivi.

En octobre 2019, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) avait émis un avis très critique insistant sur le fait que « les traitements de reconnaissance faciale sont des dispositifs, de nature biométrique, particulièrement intrusifs qui présentent des risques importants d’atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles des personnes concernées ».

Par un jugement rendu ce 27 février, le tribunal administratif a reconnu la pertinence des requêtes et a décidé d’annuler cette délibération.

La juridiction administrative a retenu l’incompétence du conseil régional pour mettre en place une telle expérimentation dès lors que seuls les chefs d’établissements scolaires sont compétents en matière de missions d’encadrement et de surveillance des élèves.

Le tribunal a jugé aussi que la région, en se contentant de recueillir le consentement des lycéennes et lycéens ou de leurs représentants légaux par la signature d’un simple formulaire, ne donnait pas les garanties suffisantes pour un consentement libre, spécifique, univoque et éclairé à la collecte de leurs données personnelles (qui plus est des données biométriques) et que la région n’établit pas que les finalités poursuivies (fluidifier et sécuriser les contrôles à l’entrée des lycées) n’auraient pas pu être atteintes par des mesures moins excessives.

La LDH salue cette décision qui vient bloquer une stratégie politique de surveillance généralisée des lycéennes et lycéens par des outils toujours plus disproportionnés au mépris des libertés publiques.

Paris, le 27 février 2020

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Communiqués de la LDH

Lettre ouverte à l’attention du Président de la République concernant la demande d’asile de Julian Assange

Lettre ouverte signée par 9 organisations, dont la LDH, concernant la demande d’asile de Julian Assange à la France

 

Monsieur le Président,

La Ligue des droits de l’Homme (LDH), la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Maison des lanceurs d’alertes, le Syndicat national des journalistes (SNJ), le SNJ-CGT, Reporters sans frontières (RSF), la Fédération internationale des journalistes (FIJ), la Fédération européenne des journalistes (FEJ) vous demandent d’apporter une réponse positive à la demande d’asile à la France formellement déposée par Julian Assange.

Comme vous le savez, Julian Assange, citoyen australien, fondateur de Wikileaks, est en ce moment devant des juges britanniques qui examinent la possibilité de l’extrader vers les Etats-Unis.

Les conditions de son arrestation à Londres, en avril 2019, ainsi que celles de sa détention depuis lors dans la prison de haute sécurité de Belmarsh (conditions jugées assimilables à des actes de torture par le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Nils Melzer), nous font craindre une décision d’extradition vers un pays où il risque une peine de cent soixante-quinze ans de prison.

Toutes les informations disponibles quant à l’acte d’accusation reposant sur la loi sur l’espionnage votée en 1917, en période de guerre, la nature large et vague des allégations et des infractions énumérées, de même que les conditions de détention qui attendent Julian Assange aux Etats-Unis, nous font craindre qu’il ne jouisse pas des conditions d’un procès équitable (ce qui serait contraire à l’article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales du Conseil de l’Europe, CEDH), d’autant plus que son état de santé amenuiserait ses capacités à prendre part à sa propre défense. Les risques encourus de torture ou de traitements inhumains ou dégradants seraient contraires à l’article 3 de la CEDH que le Royaume-Uni, mais aussi la France, sont tenus de respecter.

Les informations que Julian Assange a publiées sont d’intérêt public et ont contribué au droit à l’information du plus grand nombre. C’est pourquoi la France, fidèle à sa tradition et à sa Constitution qui prévoit que « les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté », s’honorerait d’accorder à Julian Assange l’asile politique pour des raisons humanitaires, compte tenu des dangers qui le menacent et des attaches familiales qui le lient à la France d’une part, et d’autre part pour la sauvegarde de la liberté d’informer, la liberté de la presse et des valeurs démocratiques.

Vous comprendrez que cette démarche soit rendue publique.

Nous espérons qu’une suite favorable sera donnée à la présente et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

 

Signataires : Malik Salemkour, Président de la LDH ; Ricardo Gutierrez, Secrétaire général de la FEJ ; Alice Mogwe, Présidente de la FIDH ; Anthony Bellanger, Secrétaire général de la FIJ ; Arnaud Apoteker et Nadège Buquet, Co-présidents de la Maison des lanceurs d’alerte ; Emmanuel Poupard, Secrétaire général du SNJ ; Emmanuel Vire, Secrétaire général du SNJ-CGT ; Christophe Deloire, Secrétaire général de RSF ; Eric Beynel, porte-parole de Solidaires.

 

Paris, le 27 février 2020

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Communiqués de la LDH

Appel à une augmentation du budget alloué au programme « Droits et valeurs »

Courrier commun à l’attention des membres du gouvernement et député-e-s. La LDH a signé l’appel pour un financement européen pour soutenir les activités des associations en défense des droits et des valeurs auxquelles la LDH adhère.

 

Cher-e membre du gouvernement, Cher-e député-e,

À l’aube des négociations sur le budget de l’UE pour la période 2021-2027, nous, représentant-e-s de la société civile, vous appelons à user de vos pouvoirs et de votre influence afin d’augmenter le budget alloué au programme « Droits et valeurs », passant ce dernier de 641 millions d’euros (ce que propose actuellement la Commission européenne) à 1,83 milliards d’euros (le montant sur lequel le Parlement européen s’était mis d’accord). Inscrites à l’article 2 du Traité de l’UE,nos valeurs communes, telles que le respect de la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, le respect de l’état de droit et des droits humains, dont les droits des personnes appartenant à des minorités, nécessitent une protection et une attention constantes (à la fois dans notre pays et dans l’UE). Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour renforcer ces valeurs au sein de nos circonscriptions, et ce au quotidien.

Le programme « Droits et valeurs » de l’UE peut représenter un instrument efficace en vue de soutenir les organisations de la société civile (OSC), qui promeuvent et protègent les valeurs européennes au niveau local, national et européen. Ce programme peut renforcer le système immunitaire de nos démocraties et nous aider à mieux protéger les droits des nos concitoyen-ne-s. Néanmoins, à moins qu’il ne bénéficie de ressources financières adéquates, ce programme ne portera pas ses fruits. D’autant plus que le Parlement européen et le Conseil de l’UE se sont mis d’accord pour étendre la portée thématique du programme aux actions et activités des OCS visant à promouvoir et protéger la culture de la démocratie, de la bonne gouvernance, de l’état de droit et de la transparence.

Par conséquent, nous appelons le gouvernement, et nous vous appelons personnellement, à soutenir l’augmentation du budget du programme « Droits et valeurs » prévu dans le cadre du prochain Cadre financier pluriannuel. En agissant ensemble, nous pourrons renforcer nos valeurs partagées, qui constituent le pilier le plus fondamental de notre société démocratique.

Lire l’appel avec la liste des signataires

Signer l’appel en tant qu’organisation

Le 27 novembre 2019

Article source: https://www.ldh-france.org/appel-a-une-augmentation-du-budget-alloue-au-programme-droits-et-valeurs/

Communiqués de la LDH

J’y suis, j’y vote : campagnes des municipales 2020

Communiqué du collectif J’y suis j’y vote dont la LDH est membre

Les prochaines élections municipales sont une nouvelle occasion de manifester l’importance de l’égalité des droits de tous les citoyens et d’une véritable démocratie locale. Ce sera aussi l’occasion de rappeler la revendication, ancienne mais toujours d’actualité, d’accorder à tous les résidents étrangers le droit de vote aux élections locales.

Plusieurs associations réunies dans le collectif J’y suis j’y vote ont prévu d’intervenir dans la campagne municipale de deux manières :

  • des classiques votations citoyennes où il sera demandé de se prononcer pour ou contre le droit de vote des étrangers aux élections locales. Ces votations sont prévues à Beauvais, Paris et des villes de la banlieue parisienne ;
  • des votes symboliques des étrangers n’ayant pas le droit légal de voter pour les listes qui se présentent dans leur commune. Ces votes signifiant que ces élections municipales les concernent et qu’ils souhaitent y participer. Des votes de ce type seront organisés à Amiens, Paris et plusieurs villes de la banlieue parisienne.

Le collectif J’y suis j’y vote rappelle qu’une majorité de Français est favorable au droit de vote des étrangers (62% de favorables au sondage d’Harris interactive pour la Lettre de la citoyenneté en janvier 2020) et qu’une majorité d’Etats européens ont déjà accordé ce droit.

La citoyenneté de résidence est une évidence de plus en plus partagée et seule la frilosité des politiques a empêché qu’elle soit effective en France.

Le 26 février 2020

Article source: https://www.ldh-france.org/jy-suis-jy-vote-campagnes-des-municipales-2020/

Communiqués de la LDH

Grand meeting en soutien au peuple algérien pour le premier anniversaire du Hirak

A l’initiative d’ACDA, APEL-Egalité, la CGT, la CGTA, la FIDH, la LDH, NECTA, Riposte internationale, Solidaires, SOS Disparus, SOS Racisme

Le vendredi 28 février 2020 à 18h30
à la Bourse du travail de Paris (85 rue Charlot, 75003)

Programme :

  • Introduction de Madjid Benchikh
  • Interventions de : ACDA, APEL-Egalité, CGT, CGTA, CNLD LDH, NECTA, PAD, Riposte internationale, RAJ, Solidaires,
  • Parole à la salle

Paris, le 26 février 2020

Retrouvez également la pétition pour la libération du président de RAJ et membre du Forum social maghrébin Abdelouaheb Fersaoui et tous les prisonniers politiques du Hirak en Algérie, signée par la LDH.

Article source: https://www.ldh-france.org/grand-meeting-en-soutien-au-peuple-algerien-pour-le-premier-anniversaire-du-hirak/

Communiqués de la LDH

Guinée : Qu’attendent les partenaires internationaux pour agir ?

Communiqué commun

L’annonce de la tenue du référendum constitutionnel et des élections législatives le 1er mars 2020 a exacerbé les tensions au sein de la société guinéenne. Les violences à l’encontre des leaders de la société civile et des partis politiques, réunis au sein du Front national de défense de la constitution (FNDC), redoublent. Nous appelons les partenaires internationaux à plus de fermeté pour que la Guinée respecte les droits humains et reconnaisse que les élections ne peuvent se tenir dans le contexte actuel.

Depuis mi-octobre 2019 et le début de la mobilisation contre le « coup d’Etat constitutionnel » qui permettrait au Président Alpha Condé de briguer un 3e mandat, le recours abusif à la force létale par les forces de sécurité est quasi-systématique. Selon plusieurs organisations de la société civile en Guinée, dont les membres de la coalition Tournons la Page-Guinée, plus de 40 civils ont été tués – souvent en marge des manifestations et par armes à feu – 62 personnes blessées et environ 90 personnes arrêtées. A cela s’ajoutent les nombreuses menaces et intimidations dont les leaders de la société civile et des partis politiques font l’objet. La déclaration du Président guinéen qui, lors d’un meeting à Faranah le 20 février 2020, a appelé ses partisans à frapper quiconque saccagerait les urnes le jour du vote témoigne du climat de tensions.

Alors qu’une escalade des violences est à craindre à l’approche du 1er mars, les invitations de la communauté internationale – principalement le représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et les Etats-Unis – à dialoguer et à organiser des élections sans violence et respectueuses des droits humains sont restées, jusqu’à présent, lettre morte. Le 24 février 2020, en raison de la persistance des insuffisances constatées sur le fichier électoral, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a indiqué « qu’il [lui] sera difficile de continuer de soutenir le processus électoral en Guinée ». Le fait que l’OIF se retire suggère que la communauté internationale commence à se désolidariser des scrutins à venir.

Pour éviter un embrasement en Guinée qui pourrait avoir des conséquences dans toute la sous-région de l’Afrique de l’Ouest, les partenaires internationaux de ce pays, en premier lieu l’Union européenne (UE) et la France, doivent prendre acte de la décision de l’OIF, et affirmer que les élections législatives et le référendum constitutionnel ne peuvent pas se tenir dans les conditions actuelles.

A la suite de la Résolution d’urgence adoptée le 13 février dernier par le Parlement européen, l’UE et ses Etats membres doivent activer les leviers diplomatiques dont ils disposent (notamment l’article 96 de l’accord de Cotonou) pour que la Guinée respecte les droits constitutionnels à manifester et à s’exprimer librement ainsi que ses engagements en matière de droits humains, notamment le non usage excessif de la force, la lutte contre la torture, et les droits des personnes détenues.

L’instrumentalisation des divisions ethniques à des fins électorales doit être condamnée publiquement et leurs auteurs doivent être avertis qu’ils seront comptables devant la justice en cas de graves violations des droits humains.

Signataires :

Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) ; Aide et Action ; CCFD-Terre Solidaire ; CFDT ; Plateforme Dette et développement (et ses organisations membres) ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Tournons la page (et ses organisations membres).

Paris, le 27 février 2020

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Article source: https://www.ldh-france.org/guinee-quattendent-les-partenaires-internationaux-pour-agir/

Communiqués de la LDH

Mort d’un enfant en prison… nous ne l’acceptons pas !

Communiqué commun signé par la LDH

Un mineur isolé étranger s’est suicidé, dans sa cellule, à la mai son d’arrêt de Fleury-Mérogis, lundi 17 février 2020.

Sans se prononcer sur les motivations de ce terrible passage à l’acte, nous tenons à exprimer notre émotion.

Depuis plusieurs années, nous dénonçons les politiques souvent discriminantes de la justice envers les mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s, notamment par un recours fréquent aux procédures accélérées qui aboutissent à un nombre important de décisions de privation de liberté.

En 2019, sur 4333 mineur-e-s déféré-e-s au tribunal pour enfants de Paris, 68% sont des mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s.

A la maison d’arrêt de Fleury Mérogis, ils et elles représentent 45 % des adolescent-e-s incarcéré-e-s. Beaucoup le sont pour des délits dits « de subsistance » notamment dus à leur isolement et leur errance. 

Ce n’est pas leur place. Les mineur-e-s isolé-e-s étranger-e-s sont des enfants et adolescent-e-s en souffrance : l’incarcération ne sera jamais une option acceptable pour celles et ceux qui ont avant tout besoin d’accompagnement éducatif.

Pourtant l’ensemble des professionnel-les de la justice et de la protection de l’enfance sont confronté-e-s au manque de solutions de protection pour ces enfants, trop souvent livré-e-s à eux-mêmes, ce qui provoque un sentiment majeur d’impuissance.

De plus, la spécialisation de certains services stigmatise les mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s. Elle conduit à une prise en charge de ces jeunes par des personnels isolés, en charge d’un cumul de situations lourdes, devant agir dans l’urgence et sans moyens, ce qui malgré leur engagement sans faille, nuit à la qualité de l’accompagnement apporté aux jeunes et ne facilite pas leur intégration.

Le suicide de cet adolescent vient percuter de façon tragique notre dénonciation de l’incarcération des enfants que nous continuerons à porter par tous les moyens possibles.

Aucune mort ne peut être banalisée.

Ne l’acceptons jamais.

Paris, le 24 février 2020

Signataires : CGT, Défense des enfants international – France, Engagé-es au quotidien, Ligue des droits de l’Homme, SNPEC Protection judiciaire de la jeunesse, Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire (Snepap), SNU Ter, SNU assistants sociaux, Solidaires santé sociaux, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature, Union syndicale solidaires.

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Communiqués de la LDH

Filmer, photographier, enregistrer les forces de l’ordre dans l’exercice de leur métier, est un droit et doit le rester

Communiqué commun signé par la LDH

Mediapart a révélé le 16 février 2020 que Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, « envisage[rait] de contrôler la diffusion des vidéos [montrant des violences policières]. Selon (…) la Direction générale de la police nationale (DGPN), une étude sur des évolutions juridiques” est actuellement menée pour rendre notamment obligatoire le floutage de tous les agents.”» Une information démentie par le ministre  le 19 février 2020, mais bien confirmée par ses propres services quelques heures plus tard.  

Nous, journalistes – reporters d’images, photojournalistes, rédacteurs-trices, titulaires de la carte de presse ou non – associations de défense des droits humains et usagers des médias, tenons à alerter l’opinion publique sur de telles menaces. Il en va de la liberté de la presse et, plus largement, du droit d’informer et d’être informé-e. Le floutage aurait pour conséquence directe, en premier lieu, de compliquer et de ralentir fortement la diffusion des images d’opérations policières – notamment en matière de maintien de l’ordre -, de sorte que ces images seraient bien moins nombreuses à être mises en circulation.

Or, sans ces vidéos, la réalité des violences policières resterait trop souvent invisibilisée, niée dans son existence même. Elle l’a trop souvent été dans les quartiers populaires d’abord, dans les manifestations, aux abords des lycées, sur les piquets de grève, et désormais contre nous, journalistes de terrain et associations de défense des droits,  qui les documentons et participons à les visibiliser, via nos enregistrements, souvent diffusés sur les réseaux sociaux et repris par les médias traditionnels. L’existence d’images les attestant, et la possibilité même d’enregistrer et de les diffuser, rend leur réalité tangible contre les dénégations répétées des autorités françaises ces derniers mois, ces dernières années. 

Ces vidéos peuvent aussi constituer des éléments de preuve pour la justice, comme pour la mort de Cédric Chouviat, d’Aboubakar Fofana, et d’autres victimes. 

Alors que la multiplication des images ces dernières années a permis à la société entière de progresser dans la prise de conscience de l’existence des violences policières, la publicité de ces images provoque des réactions visant à renforcer l’anonymat des forces de l’ordre et participe de leur impunité. De nombreux-ses policier-e-s en maintien de l’ordre opèrent désormais masqués (visages camouflés, casque, cagoule, numéro de matricule – RIO – absent), au mépris des lois et des obligations déontologiques, notamment rappelés par le Défenseur des droits.

Il s’agirait, si la Place Beauvau accédait aux demandes de certains syndicats de police, de rendre toujours plus difficile l’accès à une information indépendante sur le travail de la police.

Devons-nous rappeler que la force publique, au service de tous, doit être observable en tout temps, par toutes et tous ? Dans un Etat de droit respectueux du droit international, la liberté d’informer, et donc le droit de filmer la police, prime sur le respect de la vie privée dès lors qu’il s’agit de filmer des fonctionnaires de police dans l’exercice de leur fonction, sans porter atteinte à leur dignité.

Ce principe a été exprimé à plusieurs reprises, tant par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, que par le rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de réunion et d’association. 

Non seulement il serait dangereux de renforcer l’anonymat des policier-ères, mais il y a même lieu, au contraire, de renforcer les possibilités de leur identification pour prévenir les violences policières, notamment via le respect du port du numéro de matricule (RIO). 

Le port de ce numéro est en effet obligatoire, conformément à l’article R434-15 du code de la sécurité intérieure qui dispose que : « Le policier ou le gendarme exerce ses fonctions en uniforme. Il peut être dérogé à ce principe selon les règles propres à chaque force. Sauf exception justifiée par le service auquel il appartient ou la nature des missions qui lui sont confiées, il se conforme aux prescriptions relatives à son identification individuelle. »

Il n’y a aucune raison pour que de telles études se poursuivent.
Pour que vive la liberté de la presse !
Pour que vive le droit à l’information et le droit d’informer !
Filmer les agents des forces de l’ordre, sans les anonymiser, dans le cadre de l’exercice de leur fonction doit rester un droit !

Paris, le 21 février 2020

Signataires : collectif Reporters en colère (REC) ; Syndicat national des journalistes (SNJ) ; Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) ; Syndicat interprofessionnel de la presse, des médias, de la culture et du spectacle (SIPMCS-CNT) ; Syndicat général des journalistes Force ouvrière (SGJ-FO) ; CFDT – Journalistes ; Fédération européenne des journalistes (EFJ) ; Profession : Pigiste ; collectif LaMeutePhoto ; collectif OEIL ; collectif MacadamPress ; collectif Extra muros ; Mr Mondialisation ; Taranis News ; Là-bas si j’y suis ; Ras-la-Plume ; Source-média ; Media 25 ; Collectif YouPress ; Collectif Gerda ;  Acrimed ; Bastamag ; Politis ; StreetPress ; Radio parleur ; SDJ Mediapart ; SDJ LeMédiaTV ; SDJ Arrêt sur images ; Amnesty international ; La Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Union syndicale Solidaires ; Attac France ; Golias Hebdo / Golias Magazine ; Me Arié Alimi ; David Dufresne ; Sihame Assbague ; Samuel Gontier

Article source: https://www.ldh-france.org/filmer-photographier-enregistrer-les-forces-de-lordre-dans-lexercice-de-leur-metier-est-un-droit-et-doit-le-rester/

Communiqués de la LDH

Pour la libération du président de RAJ et membre du Forum social maghrébin Abdelouaheb Fersaoui et tous les prisonniers politiques du Hirak en Algérie

Pétition dont la LDH est signataire

Il y a plus d’un an, en Algérie, a surgi un mouvement populaire massif et inédit dans l’histoire de ce pays, qui a fait renaître l’espoir pour les Algériennes et les Algériens et, au-delà, pour tout le Maghreb : l’espoir d’un pays libre et démocratique, où les citoyennes et citoyens vivraient dans la sécurité et dans la dignité.

Malgré le caractère pacifique de ce mouvement – son atout majeur et décisif –, le pouvoir autoritaire n’a cessé de multiplier les actes de répression : harcèlements, kidnappings, passages à tabac, arrestations arbitraires de militants et de manifestants, matraquages médiatiques et campagnes de haine sur les réseaux sociaux, bouclage de la capitale par la gendarmerie, présence policière massive… Sont tout particulièrement visés les animateurs de la vie politique et associative, qui jouent un rôle important dans la mobilisation populaire.

Il en est ainsi de notre camarade Abdelouahab Fersaoui, président de RAJ (Rassemblements actions jeunesse), membre éminent du Forum social maghrébin et partenaire d’EuroMed Droits, qui a été arrêté par la police à Alger, le 10 octobre 2019, lors d’un rassemblement de soutien aux détenus d’opinion. Alors qu’il manifestait de manière pacifique, il est poursuivi pour « incitation à la violence » et « atteinte à l’intégrité territoriale ». Depuis cette date, la justice a rejeté toutes les demandes de sa libération, et ne cesse de prolonger sa détention : son mandat de dépôt, qui devait expirer le 10 février dernier, a été renouvelé de quatre mois par le tribunal de Sidi-M’hammed.

Nous, militant-e-s et citoyen-ne-s maghrébin-e-s solidaires, ami-e-s de l’Algérie, signataires de cet appel, condamnons cette détention arbitraire de notre camarade Abdelouahab Fersaoui, ainsi que toutes celles qui frappent aujourd’hui journalistes, étudiants et militants, ou simples citoyens. Nous demandons leur libération sans délai et sans condition, en conformité avec les lois algériennes garantissant la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement, et en respect des engagements internationaux de l’Algérie, notamment du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qu’elle a signé et ratifié.

Associations signataires : Agir pour le changement démocratique en Algérie – ACDA ; Assemblée citoyenne des originaires de Turquie – Acort; Association Adala – Maroc ; ASBL Na’oura Bruxelles ; Association BEITY – Tunisie ; Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis – AFAPREDESA ; Association Nomad08 – Tunisie ; Association démocratique de Tunisiens en France – ADTF ; Association marocaine des droits de l’Homme – AMDH ; Association des travailleurs maghrébins en France – ATMF ; Association tunisienne des femmes démocrates – ATFD ; Association vigilance pour la démocratie et l’Etat civique – Tunisie ; Centre euro-méditerranéen migration et développement (EMCEMO) – Pays-Bas ; Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie – CRLDHT ; Comités pour le Développement et le Patrimoine (CDP) – Palestine/France ; Comité de vigilance pour la démocratie en Tunisie – Belgique ; Coordination maghrébine des organisations des droits de l’Homme – CMODH ; Forum associatif – FAS – Maroc ; Forum marocain des alternatives sud – FMAS ; Forum marocain Vérité et justice – FMVT ; Fondation Ahmed Tlili – Tunisie ; Forum tunisien des droits économiques et sociaux – FTDES ; Front uni des immigrations et des quartiers populaires – FUIQP ; Immigration développement démocratie – IDD  ; Ligue algérienne des défenseurs des droits de l’ Homme – LADDH ; Ligue tunisienne des droits de l’Homme – LTDH  ; Plateforme euro-marocaine – MDDC ; Organisation pour les libertés d’information et d’expression OLIE/HATEM ; Réseau Amazighe pour la citoyenneté – Azetta – Maroc ; Réseau espace libre Mohammedi – Maroc ; SOS migrants – Belgique

Syndicats signataires : Confédération générale des travailleurs en Algérie – CGTA ; SNAPAP – Syndicat autonome de l’administration publique en Algérie ; Union général du travail de Tunisie – UGTT ; Syndicat national des journalistes Tunisiens – SNJT

Article source: https://www.ldh-france.org/pour-la-liberation-du-president-de-raj-et-membre-du-forum-social-maghrebin-abdelouaheb-fersaoui-a-et-tous-les-prisonniers-politiques-du-hirak-en-algerie/

Communiqués de la LDH