Présidentielles 2017 : changer de méthode pour changer de cap

Paris le 21 avril,

Manifeste pour un virage citoyen

 

Cette campagne est décidément bien étrange. C’est la confirmation, s’il en fallait encore une, qu’un changement radical de méthode et de cap est nécessaire. Voilà maintenant plusieurs mois que la surenchère sécuritaire et les « affaires » polluent l’espace public. Ce climat délétère empêche l’émergence de tout débat de fond sur des sujets pourtant vitaux pour notre avenir commun. Bref disons-le clairement : cette campagne électorale n’est pas à la hauteur. Elle ne répond pas aux grands défis actuels, elle ne s’attaque pas aux racines des problèmes qui minent notre société et elle ouvre un boulevard toujours plus large aux forces populistes et rétrogrades.

Pour nous, acteurs-trices du changement et de la transformation sociale, la résignation n’est pas une option. Convaincus-es qu’un sursaut citoyen pourra nous sortir de l’impasse, nous parlons aujourd’hui d’une seule voix pour réaffirmer les valeurs qui nous lient et proposer une autre vision du monde. Il est temps de reconstruire ensemble un idéal commun et de faire prendre à notre société un nouveau virage. Un virage vers le progrès social. Vers une société où tous et toutes ont les mêmes droits, des droits effectifs qui reposent sur la solidarité. Un virage résolument citoyen.

Chaque jour sur le terrain nos organisations agissent en se confrontant au réel. Nous mobilisons des milliers de personnes pour défendre pied à pied notre bien commun le plus élémentaire : les droits fondamentaux. Le droit de chacun-e à vivre dignement, à être soigné-e correctement, à se déplacer, s’informer et s’exprimer librement, à être reconnu-e socialement, à vivre dans un environnement sain et à bénéficier du respect total de sa vie privée. Ensemble, nous défendons la solidarité, ici et ailleurs, aujourd’hui et demain. Nous agissons avec les personnes en situation de pauvreté, confrontées à la maladie, discriminées, menacées par les multiples risques sanitaires et écologiques.

Nous savons à quel point ces défis sont immenses et nous voulons peser en imposant la légitimité de ces sujets. Nous n’acceptons pas que le débat public soit pollué par celles et ceux qui proposent pour seul programme le repli identitaire et l’exclusion des plus vulnérables.

Il est temps que notre société apporte des solutions conformes au bien commun et à un avenir partagé, seul moyen de répondre aux enjeux considérables que sont la lutte contre la pauvreté et les inégalités, la transparence et l’exemplarité de la vie politique, la transition écologique, l’accès inconditionnel à la santé et à un logement décent, le devoir d’hospitalité, le respect des droits fondamentaux dans la transformation numérique, la promotion de la justice sociale et environnementale, la sécurisation des libertés publiques dans le contexte de risque terroriste.

Ces sujets méritent davantage qu’un addendum en fin de programme. Ils doivent être au cœur du débat. Mieux, les réponses politiques qu’ils exigent doivent se construire collectivement et s’appuyer sur l’expertise des citoyens-nes, des personnes concernées, des organisations et de la société civile.

Le monde associatif et militant, les millions de citoyens-nes qui agissent au quotidien montrent partout qu’une autre voie est possible.

Nous savons qu’il faudra du temps pour changer durablement de cap. Nous savons que le sursaut citoyen que nous appelons de nos vœux ne se produira pas en un claquement de doigts. Mais il n’est plus temps d’attendre. Nous sommes prêts, ensemble, plus déterminés que jamais. Pour citer Elizabeth Plum, activiste américaine et opposante féroce à la politique de Donald Trump : « notre lutte ne sera pas un sprint, mais un marathon. ».

 

Les signataires :

Aurélien Beaucamp, Président de AIDES

Jean-François Julliard, Directeur de Greenpeace France

Philippe Aigrain, co-fondateur et président de la Quadrature du Net

Françoise Dumont, Présidente de la LDH

Geneviève Jacques, présidente de la Cimade

 

Consulter le site de Virage citoyen

Article source: http://www.ldh-france.org/21-avril-tribune-collective-presidentielles-2017-changer-methode-changer-cap/

Communiqués de la LDH

Lettre ouverte de l’OEE au Ministre de l’Intérieur sur la salle d’audience « délocalisée » du TGI de Bobigny dans la zone aéroportuaire de Roissy-CDG

Paris le 20 avril,

 

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

L’ouverture de la salle d’audience « délocalisée » du tribunal de grande instance de Bobigny dans la zone aéroportuaire de Roissy Charles de Gaulle est annoncée pour le mois de septembre prochain en vue d’y faire comparaître les personnes dont la prolongation du maintien en zone d’attente est demandée par la police aux frontières au juge des libertés et de la détention.

La délocalisation de ces audiences dans une salle immédiatement attenante à la zone d’attente, gérée par la police aux frontières et difficile d’accès, tant pour le public que pour les avocats chargés de la défense, porte atteinte à plusieurs des principes du procès équitable, notamment aux principes d’impartialité apparente de la juridiction et de publicité des débats ainsi qu’aux droits de la défense. Ce projet revient à mettre en place les conditions d’une justice dégradée, réservée aux personnes étrangères.

Une telle dégradation ne serait pas une première, dans la mesure où, depuis l’automne 2013, une justice d’exception est rendue pour les personnes enfermées au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot. Trois ans après la mise en place de cette annexe du TGI de Meaux sise à quelques centaines de mètres à peine du CRA – qui avait suscité en son temps une importante mobilisation –, les constats sont sans appel, entre atteinte à la publicité des débats du fait de l’isolement de cette cour, confusion entretenue entre lieu d’enfermement et lieu de justice, et coupure entre ce tribunal et sa juridiction-mère.

En 2013, ce même projet de salle d’audience « délocalisée » à Roissy avait déjà suscité une très vive opposition, non seulement parmi les organisations de défense des droits des étrangers mais aussi de la part de personnalités et d’institutions telles que la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) ou le Conseil national des barreaux.

Le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe avait également fait part à Madame Taubira, par un courrier du 2 octobre 2013, des graves difficultés que ce projet posait au regard du respect des droits de l’homme, considérant qu’elles risquaient « d’accréditer l’idée que les étrangers ne sont pas des justiciables ordinaires ».

Bien plus, vous avez vous-même posé une question au ministre de la justice le 17 septembre 2013, vous interrogeant sur le maintien de ce projet qui soulève « de nombreux problèmes de principe au regard des droits et libertés tels que garantis par la République française » et demandant au gouvernement de l’époque « de renoncer à l’ouverture de ces tribunaux annexes ». Avec douze autres parlementaires nationaux et européens vous avez également co-signé une tribune intitulée « Étrangers – Refusons une justice d’exception », parue le 10 octobre 2013 dans le journal Libération, aux termes de laquelle vous affirmiez avec eux : « Notre engagement  politique en faveur de l’égalité et des valeurs républicaines, nous amène aujourd’hui à refuser une telle justice d’exception. »

Ces actions convergentes avaient alors abouti à l’abandon de ce projet néfaste et inutile. Il est pourtant aujourd’hui repris par le gouvernement auquel vous appartenez. C’est pourquoi nous en appelons à vous, afin que, dans la continuité de vos convictions de 2013, ce projet d’ouverture de la salle d’audience « délocalisée » du Tribunal de grande instance de Bobigny en zone d’attente de Roissy soit définitivement abandonné.

Nous nous tenons bien entendu à votre disposition pour vous rencontrer. Compte tenu de l’importance des enjeux qui s’attachent à cette question, vous comprendrez que nous souhaitions donner une large publicité au présent courrier.

Nous vous prions de croire, Monsieur le ministre, à l’assurance de notre parfaite considération.

Pour l’OEE
Laure Blondel
Coordinatrice générale de l’Anafé

Organisations membres de l’OEE : Association Nationale d’Assistance aux Frontières pour les Étrangers (Anafé) ; Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) ; avocats pour la Défense des Droits des Étrangers (ADDE) ; Comité pour la santé des exilés (Comede) ; Droits d’Urgence ; Fédération des associations de solidarité avec tou-te-s les immigré-e-s (FASTI) ; Groupe d’Information et de Soutien des Immigré.e.s (GISTI) ; Groupement Étudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées (Genepi) ; La Cimade ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) ; Observatoire citoyen du CRA de Palaiseau ; Revue Pratiques ; Syndicat de la Magistrature (SM) ; Syndicat de la Médecine Générale (SMG) ; Syndicat des Avocats de France (SAF).

Article source: http://www.ldh-france.org/lettre-ouverte-loee-au-ministre-linterieur-salle-daudience-delocalisee-du-tgi-bobigny-zone-aeroportuaire-roissy-cdg/

Communiqués de la LDH

Prisons : la France doit mettre en œuvre les nouvelles recommandations du Comité pour la prévention de la torture !

Paris, le 18 avril 2017

 

Il y a un an et demi, le Comité pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) du Conseil de l’Europe achevait une visite en France de deux semaines. Au cours de sa visite, le Comité s’était rendu dans différents lieux de privation de liberté, dont les maisons d’arrêt de Nîmes, Fresnes et Villepinte, parmi les plus surpeuplées de France, et le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe. Le Comité a adopté le rapport relatif à cette visite le 11 juillet 2016, dont la publication était depuis suspendue à l’accord du gouvernement français : les rapports du CPT ne sont en effet rendus publics qu’à la demande des Etats. Ainsi, le précédent rapport du Comité relatif à la France avait-il été publié, le 19 avril 2012, à quelques jours seulement des élections présidentielles de 2012, les observations et recommandations du CPT passant totalement inaperçues. 2017 ressemble à 2012 puisque le gouvernement vient d’autoriser la publication du rapport qui est rendu public au moment où s’ouvre la campagne officielle pour les élections présidentielles.

Malgré les délais, ce rapport doit éclairer l’urgence d’un changement de perspective sur notre recours à l’incarcération et notre politique pénale. S’il salue la qualité de la coopération des autorités françaises pendant sa visite, le Comité regrette le manque de suivi des recommandations de son précédent rapport. Ainsi, le CPT pointe-t-il notamment les mauvaises conditions de détention notamment à Fresnes et Nîmes qui, associées à la surpopulation et au manque d’activités, pourraient être « considérées comme un traitement inhumain et dégradant ». Une prochaine condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour violation de l’article 3 de la CEDH est de plus en plus prévisible.

Alors que la population carcérale a atteint un niveau record en juillet dernier (69 675 personnes détenues, dont près de 15 000 détenus en surnombre), on prévoit que la barre des 70 000 personnes détenues – jamais atteinte – sera franchie d’ici l‘été : l’inflation carcérale a en effet fortement repris depuis plus d’un an. Le gouvernement comme l’opposition semblent n’aborder le problème de la surpopulation carcérale que sous l’angle de la construction de nouveaux établissements et s’engagent dans une dangereuse fuite en avant. Du côté des candidats à l’élection présidentielle, les annonces de construction vont bon train sans que les moyens de juguler l’inflation carcérale, et d’inverser la tendance, ne soient sérieusement pris en considération par la plupart d’entre eux. Le CPT recommande pourtant à la France “que des mesures soient prises pour diminuer la population carcérale notamment en engageant une réflexion vers une nouvelle politique pénale et pénitentiaire durable”.

 

Nos organisations (associations, syndicats et aumôneries des prisons), demandaient en décembre dernier au Premier ministre la publication rapide du rapport du CPT. Nous réitérons notre demande que la France accepte à l’avenir la procédure de publication automatique des rapports du CPT comme plusieurs autres Etats du Conseil de l’Europe. Nous demandons aux candidats à l’élection présidentielle qu’ils s’engagent à prendre en compte les recommandations du CPT et, en particulier, à engager une profonde réflexion sur notre politique pénale pour faire diminuer notre population carcérale comme le recommande le CPT, sans attendre une condamnation de la France par la CEDH.

 

Organisations signataires : ANJAP, ANVP, Cimade, Courrier de Bovet, Croix-rouge française, FARAPEJ, Genepi, LDH, OIP-SF, Prison Insider, SNEPAP-FSU, Syndicat de la Magistrature.

 

Communiqué faisant suite à :

– La lettre ouverte au Premier Ministre du 5/12/2016 demandant publication du rapport du CPT ;

– La réponse du Premier Ministre à la lettre ouverte en date du 7/03/2017.

Article source: http://www.ldh-france.org/prisons-france-mettre-en-oeuvre-les-nouvelles-recommandations-du-comite-prevention-torture/

Communiqués de la LDH

La LDH dans les médias du 7 au 13 avril 2017

Télécharger la revue de presse du 7 au 13 avril 2017

Article source: http://www.ldh-france.org/ldh-les-medias-du-7-au-13-avril-2017/

Communiqués de la LDH

17 avril 2017 – Tribune collective « M. Hollande, levez l’état d’urgence avant de partir », publiée dans Libération

Libre l’article

Article source: http://www.ldh-france.org/17-avril-2017-tribune-collective-m-hollande-levez-letat-durgence-partir-publiee-liberation/

Communiqués de la LDH

La LDH soutient le film documentaire « I am not your negro », de Raoul Peck

Sortie le 10 mai 2017

À travers les propos et les écrits de l’écrivain noir américain, James Baldwin, Raoul Peck propose un film qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies. Une réflexion intime sur la société américaine en écho à la réalité française. Les mots de James Baldwin sont lus par Joey Starr dans la version française et par Samuel L. Jackson dans la version américaine.

Après avoir fui Haïti, son pays d’origine, Raoul Peck a voyagé à travers de nombreux pays, notamment les Etats-Unis d’Amérique. Il vit actuellement pour partie en France  (il est président de la Femis, l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son).

Sa filmographie est importante et il a obtenu un prix de l’ONG Human rights watch pour l’ensemble de son travail en faveur des droits humains.

Il a réalisé ce film à l’issue d’un long cheminement à travers son histoire personnelle, celle de son pays et celle des USA où il a vécu. Il explique comment les assassinats de Medgar Evers (juin 1963), Malcom X (février 1965) et Martin Luther King (avril 1968) ont fait écho à sa propre histoire, redessinant son itinéraire entre l’Amérique, l’Afrique et l’Europe ; “un voyage à travers le monde qui refuse de reconnaître qu’il existe plusieurs histoires parallèles du monde” dit-il, et il ajoute “que les dominants doivent cesser de considérer l’histoire des autres peuples comme des notes en bas de page de leur propre Histoire”.

Dans ce travail de déconstruction, il s’est appuyé sur la pensée de James Baldwin, l’un des plus importants et influents écrivains américains du XXe siècle. James Baldwin a, dit-il, “exploré les subtilités palpables mais non dites des distinctions raciales, sexuelles et sociales présentes dans les sociétés occidentales et les tensions inévitables, si on ne les nommait pas, autour des questions d’identité…”.

Ce sont donc les mots de James Baldwin qui donnent au film sa cadence et aujourd’hui encore ils frappent avec la même force et violence que quand il les a écrits car “les cycles de violence et de confusion qu’il a condamnés se poursuivent, banalisés et déformés par l’influence de la presse, de la télévision, de Hollywood et les partisans politiques hargneux”. Comment les rompre si on ne traite pas la cause elle-même ?

C’est donc un film ouvertement engagé que réalise Raoul Peck en se mettant au service de la prose de James Baldwin. Il le fait en construisant une structure, un rythme et des étapes charnières issues de sa propre expérience.

Le film est essentiellement visuel et musical. Il utilise des images d’archives privées et publiques, des extraits de films hollywoodiens classiques, de documentaires, d’interventions filmées, de programmes télévisés, de débats télévisés ou publics et des images contemporaines. Il se livre là encore, à un travail de déconstruction de ce qu’il appelle “l’iconographie noire” telle qu’elle a été transmise par l’histoire officielle avec ses clichés, ses non-dits…

Et cela donne un film ‘coup de poing’ dont on ressort groggy devant une telle magnificence d’images et de sons, et surtout d’avoir été happés et secoués par la prose de James Baldwin, dont Raoul Peck dit, à juste titre, qu’elle est un laser, que chaque phrase est une grenade dégoupillée. En effet, l’analyse est sans concession, radicale et implacable et creuse jusqu’aux origines de la question raciale, bien au-delà des catégories habituelles qui nous confortent dans la bien-pensance de l’anti-racisme.

Ce film est à découvrir absolument pour la force de sa dénonciation qui ne se perd jamais dans le marécage d’un racisme anti-blancs et dont on sent, tout au contraire, que l’auteur a foi dans l’Homme.

I am not your negro

France-USA-Belgique-Suisse

Durée : 1h34

Réalisation : Raoul Peck

 

 

Article source: http://www.ldh-france.org/ldh-soutient-film-documentaire-i-am-not-your-negro-raoul-peck/

Communiqués de la LDH

La LDH soutient le film documentaire « I am not your negro », de Raoul Peck

Sortie le 10 mai 2017

À travers les propos et les écrits de l’écrivain noir américain, James Baldwin, Raoul Peck propose un film qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies. Une réflexion intime sur la société américaine en écho à la réalité française. Les mots de James Baldwin sont lus par Joey Starr dans la version française et par Samuel L. Jackson dans la version américaine.

Après avoir fui Haïti, son pays d’origine, Raoul Peck a voyagé à travers de nombreux pays, notamment les Etats-Unis d’Amérique. Il vit actuellement pour partie en France  (il est président de la Femis, l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son).

Sa filmographie est importante et il a obtenu un prix de l’ONG Human rights watch pour l’ensemble de son travail en faveur des droits humains.

Il a réalisé ce film à l’issue d’un long cheminement à travers son histoire personnelle, celle de son pays et celle des USA où il a vécu. Il explique comment les assassinats de Medgar Evers (juin 1963), Malcom X (février 1965) et Martin Luther King (avril 1968) ont fait écho à sa propre histoire, redessinant son itinéraire entre l’Amérique, l’Afrique et l’Europe ; “un voyage à travers le monde qui refuse de reconnaître qu’il existe plusieurs histoires parallèles du monde” dit-il, et il ajoute “que les dominants doivent cesser de considérer l’histoire des autres peuples comme des notes en bas de page de leur propre Histoire”.

Dans ce travail de déconstruction, il s’est appuyé sur la pensée de James Baldwin, l’un des plus importants et influents écrivains américains du XXe siècle. James Baldwin a, dit-il, “exploré les subtilités palpables mais non dites des distinctions raciales, sexuelles et sociales présentes dans les sociétés occidentales et les tensions inévitables, si on ne les nommait pas, autour des questions d’identité…”.

Ce sont donc les mots de James Baldwin qui donnent au film sa cadence et aujourd’hui encore ils frappent avec la même force et violence que quand il les a écrits car “les cycles de violence et de confusion qu’il a condamnés se poursuivent, banalisés et déformés par l’influence de la presse, de la télévision, de Hollywood et les partisans politiques hargneux”. Comment les rompre si on ne traite pas la cause elle-même ?

C’est donc un film ouvertement engagé que réalise Raoul Peck en se mettant au service de la prose de James Baldwin. Il le fait en construisant une structure, un rythme et des étapes charnières issues de sa propre expérience.

Le film est essentiellement visuel et musical. Il utilise des images d’archives privées et publiques, des extraits de films hollywoodiens classiques, de documentaires, d’interventions filmées, de programmes télévisés, de débats télévisés ou publics et des images contemporaines. Il se livre là encore, à un travail de déconstruction de ce qu’il appelle “l’iconographie noire” telle qu’elle a été transmise par l’histoire officielle avec ses clichés, ses non-dits…

Et cela donne un film ‘coup de poing’ dont on ressort groggy devant une telle magnificence d’images et de sons, et surtout d’avoir été happés et secoués par la prose de James Baldwin, dont Raoul Peck dit, à juste titre, qu’elle est un laser, que chaque phrase est une grenade dégoupillée. En effet, l’analyse est sans concession, radicale et implacable et creuse jusqu’aux origines de la question raciale, bien au-delà des catégories habituelles qui nous confortent dans la bien-pensance de l’anti-racisme.

Ce film est à découvrir absolument pour la force de sa dénonciation qui ne se perd jamais dans le marécage d’un racisme anti-blancs et dont on sent, tout au contraire, que l’auteur a foi dans l’Homme.

I am not your negro

France-USA-Belgique-Suisse

Durée : 1h34

Réalisation : Raoul Peck

 

 

Article source: http://www.ldh-france.org/ldh-soutient-film-documentaire-i-am-not-your-negro-raoul-peck/

Communiqués de la LDH

La LDH soutient le film documentaire « I am not your negro », de Raoul Peck

Sortie le 10 mai 2017

À travers les propos et les écrits de l’écrivain noir américain, James Baldwin, Raoul Peck propose un film qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies. Une réflexion intime sur la société américaine en écho à la réalité française. Les mots de James Baldwin sont lus par Joey Starr dans la version française et par Samuel L. Jackson dans la version américaine.

Après avoir fui Haïti, son pays d’origine, Raoul Peck a voyagé à travers de nombreux pays, notamment les Etats-Unis d’Amérique. Il vit actuellement pour partie en France  (il est président de la Femis, l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son).

Sa filmographie est importante et il a obtenu un prix de l’ONG Human rights watch pour l’ensemble de son travail en faveur des droits humains.

Il a réalisé ce film à l’issue d’un long cheminement à travers son histoire personnelle, celle de son pays et celle des USA où il a vécu. Il explique comment les assassinats de Medgar Evers (juin 1963), Malcom X (février 1965) et Martin Luther King (avril 1968) ont fait écho à sa propre histoire, redessinant son itinéraire entre l’Amérique, l’Afrique et l’Europe ; “un voyage à travers le monde qui refuse de reconnaître qu’il existe plusieurs histoires parallèles du monde” dit-il, et il ajoute “que les dominants doivent cesser de considérer l’histoire des autres peuples comme des notes en bas de page de leur propre Histoire”.

Dans ce travail de déconstruction, il s’est appuyé sur la pensée de James Baldwin, l’un des plus importants et influents écrivains américains du XXe siècle. James Baldwin a, dit-il, “exploré les subtilités palpables mais non dites des distinctions raciales, sexuelles et sociales présentes dans les sociétés occidentales et les tensions inévitables, si on ne les nommait pas, autour des questions d’identité…”.

Ce sont donc les mots de James Baldwin qui donnent au film sa cadence et aujourd’hui encore ils frappent avec la même force et violence que quand il les a écrits car “les cycles de violence et de confusion qu’il a condamnés se poursuivent, banalisés et déformés par l’influence de la presse, de la télévision, de Hollywood et les partisans politiques hargneux”. Comment les rompre si on ne traite pas la cause elle-même ?

C’est donc un film ouvertement engagé que réalise Raoul Peck en se mettant au service de la prose de James Baldwin. Il le fait en construisant une structure, un rythme et des étapes charnières issues de sa propre expérience.

Le film est essentiellement visuel et musical. Il utilise des images d’archives privées et publiques, des extraits de films hollywoodiens classiques, de documentaires, d’interventions filmées, de programmes télévisés, de débats télévisés ou publics et des images contemporaines. Il se livre là encore, à un travail de déconstruction de ce qu’il appelle “l’iconographie noire” telle qu’elle a été transmise par l’histoire officielle avec ses clichés, ses non-dits…

Et cela donne un film ‘coup de poing’ dont on ressort groggy devant une telle magnificence d’images et de sons, et surtout d’avoir été happés et secoués par la prose de James Baldwin, dont Raoul Peck dit, à juste titre, qu’elle est un laser, que chaque phrase est une grenade dégoupillée. En effet, l’analyse est sans concession, radicale et implacable et creuse jusqu’aux origines de la question raciale, bien au-delà des catégories habituelles qui nous confortent dans la bien-pensance de l’anti-racisme.

Ce film est à découvrir absolument pour la force de sa dénonciation qui ne se perd jamais dans le marécage d’un racisme anti-blancs et dont on sent, tout au contraire, que l’auteur a foi dans l’Homme.

I am not your negro

France-USA-Belgique-Suisse

Durée : 1h34

Réalisation : Raoul Peck

 

 

Article source: http://www.ldh-france.org/ldh-soutient-film-documentaire-i-am-not-your-negro-raoul-peck/

Communiqués de la LDH

Solidarité avec les homosexuels tchétchènes victimes de la violence d’Etat

Paris le 13 avril,

La presse russe et internationale, de nombreuses associations et ONG se font l’écho d’informations inquiétantes relatives à des mesures particulièrement violentes prises par le gouvernement de la république de Tchétchénie à l’encontre des personnes homosexuelles, ou soupçonnées de l’être, sur son territoire.

En effet, ces dernières seraient l’objet de véritables traques, arrestations, enfermements dans des prisons dédiées ; cette vague de répression intolérable aurait même abouti à des meurtres.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle que, comme l’origine, le sexe, l’appartenance religieuse ou encore le handicap, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ne peuvent justifier ni violence, ni rejet. Elle dénonce vigoureusement la politique et les mesures prises par le gouvernement tchétchène, et exprime sa solidarité à l’égard des victimes.

Elle appelle à se joindre aux initiatives prises par la société civile dans notre pays, et au rassemblement inter associatif en soutien aux homosexuels de Tchétchénie, jeudi 13 avril 2017, place de Colombie à Paris.

Article source: http://www.ldh-france.org/solidarite-les-homosexuels-tchetchenes-victimes-violence-detat/

Communiqués de la LDH

Solidarité avec les homosexuels tchétchènes victimes de la violence d’Etat

Paris le 13 avril,

La presse russe et internationale, de nombreuses associations et ONG se font l’écho d’informations inquiétantes relatives à des mesures particulièrement violentes prises par le gouvernement de la république de Tchétchénie à l’encontre des personnes homosexuelles, ou soupçonnées de l’être, sur son territoire.

En effet, ces dernières seraient l’objet de véritables traques, arrestations, enfermements dans des prisons dédiées ; cette vague de répression intolérable aurait même abouti à des meurtres.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle que, comme l’origine, le sexe, l’appartenance religieuse ou encore le handicap, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ne peuvent justifier ni violence, ni rejet. Elle dénonce vigoureusement la politique et les mesures prises par le gouvernement tchétchène, et exprime sa solidarité à l’égard des victimes.

Elle appelle à se joindre aux initiatives prises par la société civile dans notre pays, et au rassemblement inter associatif en soutien aux homosexuels de Tchétchénie, jeudi 13 avril 2017, place de Colombie à Paris.

Article source: http://www.ldh-france.org/solidarite-les-homosexuels-tchetchenes-victimes-violence-detat/

Communiqués de la LDH