François Della Sudda, la perte d’un infatigable militant des droits et de la citoyenneté

Communiqué LDH

La Ligue des droits de l’Homme a la très grande tristesse d’apprendre le décès de François Della Sudda dont il fut membre de la direction nationale durant plusieurs années.

François Della Sudda a été un militant déterminé pour la défense universelle des droits en France et dans le Monde.

Fortement engagé pour l’indépendance de l’Algérie, il a toujours été attentif aux atteintes à la démocratie et aux libertés dans ce pays comme au Maroc et en Tunisie. Il avait le même engagement pour la paix au Moyen-Orient, inlassable défenseur des droits des Palestiniens.

En France, la situation des sans-papiers en avait fait un militant incontournable des droits des étrangers, investi dès le début des années 80 pour la citoyenneté de résidence avec l’objectif qui reste encore à atteindre du droit de vote des résidents non communautaires.

Attaché aux libertés publiques, il a aussi été un animateur infatigable d’une Commission nationale sur les relations entre les citoyens, la police et la justice et permis à ce titre la publication de plusieurs rapports éclairant des faits d’abus signalés et des mesures concrètes pour les prévenir.

La LDH présente ses plus sincères condoléances à son épouse, ses enfants et à tous ses proches. Nous perdons tous un grand défenseur des droits et des libertés, ses combats restent pleinement les nôtres. La LDH les poursuivra avec la même force en hommage à son bel exemple.

Paris, le 19 août 2017

Article source: https://www.ldh-france.org/francois-della-sudda-perte-dun-infatigable-militant-droits-citoyennete/

Communiqués de la LDH

Plus de 83 000 signataires contre l’enfermement des enfants en rétention : le président Emmanuel Macron a le pouvoir de mettre fin à ces pratiques

Communiqué  de plusieurs associations, dont la LDH

 

Il y a un an, le 12 juillet 2016, la France était condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour des « pratiques dégradantes » à l’encontre des enfants enfermés en rétention. Mais ces pratiques perdurent : de jeunes enfants – parfois des nourrissons – ou des adolescents sont privés de liberté, surveillés par des policiers, enfermés derrière un grillage… Dans des prisons qui ne disent pas leur nom : les centres de rétention administrative. Leur crime ? Avoir des parents étrangers dont les papiers ne sont pas à jour.

Une pétition a déjà recueilli plus de 53 000 signataires pour demander au président Emmanuel Macron de mettre fin à l’enfermement d’enfants dans les centres de rétention. Cette pétition exige du président de la République qu’il interdise cette maltraitance dénoncée par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) mais également le Comité des droits de l’enfant des Nations unies ou encore le Défenseur des droits.

Avec la période estivale, nous redoutons une multiplication des enfermements de mineurs dans les centres de rétention, comme c’est le cas chaque année. Afin d’éviter la mobilisation des associations et des parents d’élèves pendant l’année scolaire, les préfectures procèdent à de nombreuses procédures d’enfermement et d’expulsion en juillet et août.

Alors que les camarades de classe partent en vacances, des dizaines d’enfants risquent de passer une partie de leur été derrière des barreaux, dans un univers d’enfermement traumatisant, puis d’être expulsés vers le pays d’origine de leurs parents qu’ils ne connaissent souvent pas. Le président Emmanuel Macron a le pouvoir de mettre fin à ces pratiques. Cette pétition est portée par La Cimade avec ses partenaires Réseau Education sans frontières (RESF), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Anafé, MRAP, Syndicat des avocats de France (SAF), France terre d’asile, ASSFAM, Droits d’urgence, Hors la Rue et Clowns sans frontières.

Les organisations à l’origine de cette pétition demandent au chef de l’État d’ordonner un moratoire à effet immédiat pour empêcher l’enfermement de mineurs dans les centres de rétention administrative, et de traduire cette décision dans la loi dans les meilleurs délais.

La pétition est disponible ici.

Signataires: La Cimade, Réseau Education sans frontières (RESF), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Anafé, MRAP, Syndicat des avocats de France (SAF), France terre d’asile, ASSFAM, Droits d’urgence, Hors la Rue et Clowns sans frontières.
Pour rappel :
La rétention administrative reste le principal instrument des politiques d’expulsion, avec près de 50 000 personnes privées de liberté dans les centres et locaux de rétention administrative en 2016. La loi du 7 mars 2016 a élargi le recours à la rétention pour les familles accompagnées d’enfants. En métropole, le nombre d’enfants privés de liberté a de nouveau fortement augmenté, passant de 45 en 2014 à 105 en 2015, puis 182 en 2016. À Mayotte, 4 325 enfants ont été concernés.

 

Article source: http://www.ldh-france.org/53-000-signataires-contre-lenfermement-enfants-en-retention-president-emmanuel-macron-pouvoir-mettre-fin-ces-pratiques/

Communiqués de la LDH

La LDH dans les médias du 28 juillet au 10 août

Téléchargez la revue de presse du 28 juillet au 10 août

Article source: http://www.ldh-france.org/ldh-les-medias-du-27-juillet-au-10-aout/

Communiqués de la LDH

A Calais et dans toute la France, il faut mettre en place des systèmes d’accueil qui garantissent les droits des exilé-e-s

Communiqué inter-associatif

Les associations et collectifs qui aident, accompagnent et soutiennent les exilé-e-s calaisien-ne-s constatent ces derniers jours une très forte augmentation du nombre de personnes migrantes présentes à Calais.

Cette augmentation n’est pas due à l’installation de points d’eau, de douches, de toilettes, puisqu’à ce jour, rien n’a été mis en place par les autorités, et ce malgré les injonctions du tribunal administratif de Lille du 26 juin dernier, validées par le Conseil d’État le 31 juillet 2017.

Comme chaque année, de nombreuses personnes arrivent à cette période, les passages en Méditerranée étant relativement plus favorables. Elles viennent s’ajouter aux nombreuses personnes en errance, parfois depuis plusieurs mois, sur le territoire du Calaisis.

Mais nous avons aussi rencontré des personnes venues à Calais, non pas pour bénéficier d’une hypothétique douche, mais dans l’espoir de pouvoir présenter, en France, une demande d’asile dans des délais acceptables. En effet, le ministre de l’Intérieur et le préfet du Pas-de-Calais ont annoncé l’ouverture dans la région Nord-Pas-de-Calais de deux centres d’accueil temporaires, permettant un accès rapide à la procédure d’asile en France. Ce dispositif, unique sur le territoire, attire immanquablement toutes les personnes confrontées à des délais terriblement longs pour l’accès à la procédure ou à l’hébergement.

Le défaut d’informations précises et complètes alimente les rumeurs, les tensions et les incompréhensions. Le dispositif de maraudes OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) mis en place par l’État est largement insuffisant et inadapté, ce qui laisse les coudées larges à la désinformation par les réseaux de passeurs.

Face à cette crise de l’asile et à cette crise de l’accueil, les associations signataires demandent donc la mise en place, partout en France, d’un « premier accueil » permettant, conformément aux promesses d’Emmanuel Macron, que personne ne reste à la rue.

Elles réclament que chaque demandeur-euse d’asile, partout en France, puisse bénéficier d’un traitement aussi rapide du dépôt de sa demande. Le droit d’asile ne doit plus subir d’entrave sur notre territoire.

A Calais, elles demandent l’application immédiate des injonctions du tribunal administratif de Lille, avec un dimensionnement à la hauteur des besoins : maraudes France terre d’asile et OFII effectives, départs en bus vers des Centres d’accueil et d’orientation pour les personnes qui le souhaitent, installation de points d’eau pour se laver, boire, laver les vêtements, ainsi que des latrines et douches accessibles.

Faute de quoi, très rapidement, la situation à Calais risque de se dégrader entrainant des drames humains et sanitaires.

 

A Calais, le 10 août 2017

 

Associations signataires :

L’Auberge des migrants

La Cabane juridique / Legal Shelter

Gynécologie sans frontières

Ligue des droits de l’Homme

Médecins du Monde / Mission Migrants Littoral Nord Pas de Calais

Planning Familial 62

Refugee Youth Service France

Secours catholique / Délégation du Pas-de-Calais

Utopia 56

Article source: http://www.ldh-france.org/calais-france-il-faut-mettre-en-place-systemes-daccueil-garantissent-les-droits-exile-e-s/

Communiqués de la LDH

Forte reprise des expulsions sans décision de justice ni solution de relogement, particulièrement en Ile-de-France

Recensement des évacuations forcées de lieux de vie occupés par des Roms (ou des personnes désignées comme telles) en France  1e et 2e trimestres 2017

Depuis le début de 2017, au total 4382 Roms ont été expulsées de 50 lieux de vie en France.

2689 personnes ont été expulsées de force par les autorités publiques, 897 ont fait l’objet d’une évacuation suite aux incendies qui se sont déclarés dans sept lieux de vie. En outre 796 personnes ont quitté leurs lieux de vie sous la pression d’une expulsion imminente.

Durant le premier trimestre 2017, 1182 Roms ont été expulsés de force par les autorités publiques de 12 bidonvilles et squats. S’y ajoutent 847 personnes expulsées de six lieux de vie à la suite d’un incendie. En outre 342 personnes ont quitté trois lieux avant l’arrivée de la police sous la pression d’une expulsion imminente.

Si les chiffres apparaissent en baisse par rapport à ceux du dernier trimestre 2016 (2 958), ils demeurent inquiétants au regard des conditions de leur mise en œuvre. Ils apparaissent particulièrement élevés alors que la loi « Egalité et citoyenneté » entrée en vigueur le 27 janvier 2017[1]reconnaît désormais la possibilité d’appliquer la trêve hivernale pour ces habitants précaires et d’apprécier les délais pour procéder à ces expulsions, notamment en cas d’engorgement des dispositifs d’hébergements d’urgence. Ces bonnes intentions de principe n’ont pas été appliquées pour ces familles roms, comme l’ont démontré les résultats du recensement du premier trimestre.

Durant le deuxième trimestre, au total 2011 Roms ont fait face à des expulsions de 29 squats et bidonvilles. 1507 d’entre eux ont été expulsés par les forces de l’ordre de 27 lieux de vie. Une seule évacuation suite à un incendie a été notée pendant le trimestre en l’occurrence, concernant 50 personnes. Cependant, on observe une augmentation du nombre de personnes ayant quitté leurs lieux de vie avant l’arrivée des autorités sous la pression d’une expulsion imminente. Ainsi 454 personnes sont parties avant le début de l’évacuation du terrain, ce qui fait une augmentation de 112 personnes par rapport au premier trimestre de 2017.

Depuis le début de 2017, le nombre de lieux de vie évacués faisant l’objet d’un arrêté de péril ou d’insalubrité pris par une autorité communale ou préfectorale reste élevé, relevant donc de la seule décision de l’administration. Moins de la moitié des expulsions recensées (23) faisaient suite à une assignation devant les tribunaux par les propriétaires des terrains ou des squats, alors que les autres 18 reposaient sur une simple décision administrative, sans intervention du Juge pour en apprécier l’opportunité, les modalités et le calendrier.

Sur les 39 expulsions de force effectuées par les autorités, opérations ont été conduites sans qu’aucune solution d’hébergement, même partielle, ne soit proposée aux personnes concernées. Les familles ont donc été remises à la rue par les pouvoirs publics, déplaçant le problème et accentuant la précarité des familles. Une telle action est en flagrante contradiction avec les dispositions prévues par la circulaire de juillet 2012[2], qui prévoit une obligation pour les autorités d’un diagnostic préalable, ainsi que des réponses de relogement adaptées. Des solutions d’hébergement ont été proposées suivant 4 évacuations à la suite d’un incendie, dans la plupart des cas il s’agit de solutions temporaires : une mise à l’abri ou de l’hébergement d’urgence.

Depuis le début de l’année, la région Ile-de-France concentre l’essentiel des opérations menées et représente 59 % du nombre total des personnes expulsées, suivie de loin par les régions Auvergne-Rhône-Alpes (11 %) et Occitanie (11 %). Cette situation témoigne de la crise aiguë connue dans la capitale en matière de logements accessibles, de structures d’hébergement adaptées et l’insuffisance chronique des moyens mobilisés pour faire face aux besoins.

Des réponses pérennes sont possibles, comme le montre le rapport annuel du Collectif national des droits de l’Homme Romeurope, avec vingt propositions pour une politique d’inclusion des personnes vivant en bidonvilles et en squats[3].

De même, dans son rapport annuel, la Fondation Abbé-Pierre met en avant la nécessité d’une redéfinition du « cadre de la mission nationale de résorption des bidonvilles, arrivée à son terme en décembre 2016 ». « Quelles que soient leur origine, leur situation administrative et leur localisation, les personnes contraintes de vivre dans des bidonvilles ne doivent pas continuer à subir une politique sécuritaire d’évacuations et expulsions à répétition sans solution, mais plutôt faire l’objet d’une politique sociale adressée à des personnes en situation de précarité, dans l’esprit de la circulaire de 2012[4]. »

 

Remarque :

Ce recensement est le fruit d’un travail commun entre la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et le European Roma Rights Centre (ERRC), avec le soutien du Collectif national droits de l’Homme Romeurope. Sans avoir la prétention à l’exhaustivité de la situation étant donné le manque de données officielles disponibles, ce recensement voudrait cependant en être l’expression la plus objective possible.

 

Téléchargez le document complet

Version anglaise du recensement disponible sur ici et site du ERRC : www.errc.org

 

[1] Article 143 de la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté

[2] http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/campements-illicites-cadre-action-pour-services-etat.html

[3] http://www.romeurope.org/wp-content/uploads/2017/02/Rapport_2017_20-propositions-1.pdf

[4] Fondation Abbé Pierre, L’état de mal-logement en France, 22 rapport annuel, 2017, p.104

Article source: http://www.ldh-france.org/forte-reprise-expulsions-decision-justice-solution-relogement-particulierement-en-ile-france/

Communiqués de la LDH

La LDH soutient le film documentaire « La mort se mérite », de Nicolas Drolc

affiche

Sortie le 20 septembre 2017

 

Nicolas Drolc avait déjà tourné Sur les toits, un film sur les révoltes de prisonniers dans lequel il interviewait, entre autres, Serge Livrozet et Henri Leclerc. Il nous livre ici le portrait d’un militant intraitable, figure truculente des combats de 68 et des luttes des taulards pour leur dignité et pour leurs droits.

Fils d’une prostituée, entouré de voyous, apprenti plombier à 13 ans, Livrazet prend vite conscience qu’il est né dans le camp des exploités, que la société est une pieuvre qui dévore les individus, et que tout pouvoir est abusif. Il décide alors de voler aux riches pour donner aux pauvres ; c’est de la « récupération individuelle ». En prison, il lit Karl Marx et apprend à écrire en français. Il en sort très politisé, révolutionnaire et est blessé par une grenade en 68. Il reprend les cambriolages, est de nouveau incarcéré et insulte la justice malgré les appels à la modération de son avocat Jean-Jacques de Felice. Il tient les Assises de la Justice à Colmar, rencontre Michel Foucault avec lequel il se lie d’amitié, fonde en 1972 le Comité d’action des prisonniers et son journal, interdit dans les prisons. Le comité s’auto-dissoudra en 1980, par lassitude, sur un constat d’échec : les prisons ne sont pas près d’être abolies et la révolution n’est pas pour demain. Il fonde alors Les Lettres libres, maison d’édition dont il est le responsable, mais est très peu rémunéré. La maison ne survivra pas aux difficultés financières et à un procès d’assises, où il est accusé d’imprimer de la fausse monnaie et dont il sort acquitté. Depuis, il est reconnu comme un spécialiste des prisons – il a pratiqué Los-les-Lille, Melun, les Baumettes, et défend l’idée que tout prisonnier est politique – et se définit comme écrivain de métier, avec une quinzaine de livres à son actif.

C’est un homme de 80 ans qui retrace sa biographie, après une lourde opération cardiaque. Il met à jour ses contradictions avec sincérité : sa vision de la société et ses colères sont intactes ; il est resté l’anarchiste libertaire et non-violent de sa jeunesse ; jamais il n’a pactisé, même si ses espoirs ont échoué. Il dit détester la vie, qu’il n’avait pas demandée et dont il a une vision shakespearienne, bruit, fureur et inutilité. Mais il en apprécie les agréments, l’amour, la bonne chère, les cigares, les voitures, et reconnaît qu’il n’a pas eu le courage d’en finir au lieu de se laisser soigner. Livrazet est une figure attachante par sa sincérité et son humanité ; tantôt complaisant sur son charisme et son souci de « reparaître » avant de mourir, tantôt désespéré sur l’inutilité de ses combats, même s’il reconnaît des progrès de la justice comme l’abolition de la peine de mort et des quartiers de haute sécurité.  D’où ce souci de se dire écrivain – les livres restent – et non plus militant.

Le film est assez lent, au gré de la parole de son protagoniste et de ses ballades au volant, du Cap Ferrat à la Baie des Anges, sur cette Côte d’Azur où s’est retiré le vieux solitaire, natif de Toulon. L’image en noir et blanc et la prise de son sont volontairement sales, en contraste avec les reportages d’archives des années 70, beaucoup plus sages sinon par le sujet, du moins dans la forme.

Ainsi on peut recommander ce film : beau portrait d’un honnête homme, ancien cambrioleur, et militant d’une totale sincérité ; retour sur une époque qui est encore dans nos mémoires et dont l’histoire a commencé à se saisir ; méditation sur la militance, ses espoirs et ses échecs, mais affirmation maintenue de la prééminence de la question des droits, ceux des pauvres, des travailleurs et des prisonniers.

 

La mort se mérite

Digressions avec Serge Livrozet

Film documentaire, 2017

Durée : 1h37

Réalisation : Nicolas Drolc

Production : Les Films Furax

Article source: http://www.ldh-france.org/ldh-soutient-film-documentaire-mort-se-merite-nicolas-drolc/

Communiqués de la LDH

La condamnation de Cédric Herrou : une insupportable dérive politique de la justice

Communiqué LDH

En condamnant Cédric Herrou, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence montre qu’elle a parfaitement intégré la volonté politique du gouvernement d’interdire l’aide aux réfugiés en faisant de la solidarité un instrument de la répression.

Alors que, dans le même temps, le préfet de région interdit, impunément, aux réfugiés de déposer leurs demandes d’asile, un homme, soucieux du sort de personnes dans le plus grand dénuement, est poursuivi et condamné.

La LDH dénonce cette situation et assure Cédric Herrou de sa totale solidarité.

Paris, le 8 août 2017

 

Télécharger le communiqué

Article source: http://www.ldh-france.org/condamnation-cedric-herrou-insupportable-derive-politique-justice/

Communiqués de la LDH

La LDH soutient le film documentaire « Des rêves sans étoiles », de Mehrdad Oskouei

affiche

Sortie le 20 septembre 2017

 

À Téhéran, dans un centre de détention et de réhabilitation pour mineurs, des adolescentes détenues pour crimes et délits voient leur vie s’écouler au gré des rires, des chants et de la mélancolie. L’ennui de leur vie, et la peur de ce qui les attend dehors rythment leur quotidien. Le cinéaste Mehrdad Oskouei filme avec une grande proximité, et beaucoup d’empathie, l’atmosphère et l’humeur de ces jeunes filles désabusées et lasses de vivre.

C’est un film tendre et émouvant centré sur des moments de la vie de recluses de ces jeunes filles mineures, et surtout sur leurs paroles et leurs témoignages en réponse à la voix off du réalisateur. On ne quitte jamais cet univers dont on sent qu’il les protège tout autant qu’il les enferme. Comme un moment pour se reconstruire tant bien que mal, malgré le peu de soutien apporté par les éducateurs, qui semblent surtout préoccupés de les rendre au milieu d’où elles viennent. Il y a là des jeunes filles qui ont fugué parce que violées, battues, d’autres parce qu’elles volaient pour assurer leur besoin de drogue, ou celui d’un frère ou d’un père. Certaines sont déjà mariées avec enfants… Elles sont lasses de vivre mais leur jeunesse éclate dans des moments de jeux et de rires, tout autant que leurs larmes et leur désespoir. Le réalisateur a su nouer une relation pleine d’humanité avec elles, et on se laisse saisir par leur fraîcheur, leur lucidité, leur lassitude. Leur attitude est un mélange touchant de candeur et de défi, qui souvent s’achève dans les larmes. Ce ne sont pas des délinquantes que l’on rencontre, mais des enfants qui ont besoin d’être protégées.

Ce film, qui a été récompensé du prix Amesty International à la Berlinale 2017 et du Grand Prix Nanook au Festival international Jean Rouch 2016, constitue un outil précieux pour débattre de la condition de la femme dans de nombreux pays du monde.

La condition de genre y croise la condition sociale, et cela créée des situations inhumaines.

 

Des rêves sans étoiles, film documentaire réalisé par Mehrdad Oskouei

Durée : 1 h 16

Réalisation : Mehrdad Oskouei

Production : OFP (Oskouei Film Production)

Article source: http://www.ldh-france.org/ldh-soutient-film-documentaire-reves-etoiles-merhdad-oskouei/

Communiqués de la LDH

Les droits de la Terre au cœur des droits de l’Homme

Communiqué LDH

Aujourd’hui, le 2 août, nous entrons, pour le reste de l’année, en dette avec la Terre. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) fait sienne cette alerte solennellement lancée en direction de tous. Même si nous vivons à crédit écologique depuis déjà plus de trois décennies, c’est symboliquement cette date et jusqu’à la fin de l’année que l’activité humaine consomme des ressources au-delà des capacités annuelles de notre environnement à les régénérer. C’est un jour plus tôt qu’en 2016, et sept jours plus tôt qu’en 2015. Cette avancée du jour de l’alerte et les conséquences de cette dette se font déjà lourdement sentir et interrogent la pérennité de la poursuite de la vie sur une planète qu’on ne peut pas remplacer.

Il est vital, pour toutes les espèces, d’agir sur les causes de cette surexploitation. La LDH affirme que cette nouvelle ère, que l’on peut qualifier d’« anthropocène », oblige à penser de nouveaux droits de la Terre, protecteurs des individus et de l’avenir de l’humanité. Même si les accords de Paris sur le climat ont posé les bases d’une prise de conscience mondiale et d’engagements des nations, la LDH considère que toutes les parties prenantes n’ont pas encore démontré qu’elles avaient pris la mesure de la situation. A chacune de prendre sa part, les Etats-Unis d’Amérique au premier chef, aucune ne sauraient s’en abstenir face à cet enjeu vital pour tous, générations présentes et futures.

Déjà, le dérèglement climatique crée de nouveaux réfugiés contraints de migrer de leurs territoires devenus hostiles, invivables ou incapables de supporter des populations, ou même rendues impropres à la vie par la pollution. Un développement soutenable est à construire dans le respect des droits, et de manière démocratique et par l’exigence de responsabilité des entreprises qui ne se préoccupent pas des externalités négatives qu’elles produisent.

La Charte de l’environnement devenue constitutionnelle en France en 2005 rappelle que « l’environnement est le patrimoine commun des êtres humains » et que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ». Ces engagements ne peuvent et ne doivent pas rester que virtuels. A chaque citoyen d’y prendre sa part, par le débat, par une exigence constante de transparence et de réduction des impacts environnementaux des activités humaines, ici comme partout dans le monde.

La LDH affirme que c’est dans le respect de l’équilibre entre la protection et la promotion des droits de l’Homme et ceux de la Terre qu’un avenir souhaitable pour l’humanité est possible.

 

Paris, le 2 août 2017

Article source: http://www.ldh-france.org/des-droits-de-la-terre-au-coeur-des-droits-de-lhomme/

Communiqués de la LDH

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant

Apollinaire, premier vers du poème Le Voyageur

Depuis l’été 2015, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants frappent aux portes de l’Europe. On les appelle les migrants, ils ont fui leurs pays au péril de leur vie, en raison des conflits, de la guerre et aussi de la misère. Certains deviendront des réfugiés.

La Déclaration universelle des droits de l’Homme stipule que « toute personne a le droit de quitter son pays », que « toute personne a le droit de circuler librement », que « devant la persécution toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays ». L’accueil de milliers de réfugiés sur notre territoire national suscite parfois des campagnes de haine et de rejet de l’Autre, comme cela s’est produit après le démantèlement de la jungle de Calais, mais aussi des mouvements de solidarité. De nombreux citoyens s’engagent au quotidien pour rendre plus humaines les conditions de vie des familles ou personnes isolées qui se trouvent dans les centres d’accueil et d’orientation mis en place par les services de l’Etat, mais aussi auprès de celles et ceux qui attendent qu’on leur ouvre les portes de lieux d’hébergement.

La Ligue des droits de l’Homme a pris l’initiative de lancer un Manifeste de soutien à l’accueil des migrantes et des migrants, signé par des centaines d’élu-e-s et de citoyen-ne-s qui ont témoigné ainsi de leur engagement en faveur d’un accueil digne d’hommes, de femmes, d’enfants qui ont des droits, d’abord et avant tout parce qu’ils sont des êtres humains.

L’hospitalité est un devoir, tout comme la protection des personnes qui demandent l’asile au nom de la convention de Genève de 1951 et des principes constitutionnels de la France.

L’hospitalité est aussi une valeur et une tradition dans de nombreuses civilisations, un devoir dans la Grèce antique ; les pays dont sont originaires celles et ceux qui arrivent chez nous sont pour la plupart des pays où l’accueil de l’étranger, de celui qui passe, ne se refuse jamais. Là, pas de peur, de méfiance, mais la bienveillance et l’aide si besoin. Recevoir, respecter, accueillir n’est pourtant pas toujours facile. C’est une manière d’être au monde.

« Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant »
C’est sur le thème de l’hospitalité que nous vous proposons de vous exprimer cette année.

Françoise Dumont
Présidente d’honneur de la LDH
Présidente du jury

 

Vous trouverez ci-dessous tous les éléments pour prendre part à cette initiative :

– la plaquette de présentation du concours 2017-2018
– la fiche d’inscription à remplir par les sections qui participent au concours
– la fiche de participation à remplir par les enfants/enseignant-e-s et à rattacher à l’œuvre
– la fiche bilan à remplir par les sections à l’issue du concours

– l’affiche du concours à personnaliser avec le contact de la section

 

Article source: http://www.ldh-france.org/ouvrez-porte-frappe-en-pleurant/

Communiqués de la LDH