La LDH dans les médias du 24 au 30 juin 2022

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Communiqués de la LDH

Une juste et courageuse décision contre l’extradition des réfugiés italiens

Communiqué LDH

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) salue les décisions de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris qui vient de refuser l’extradition des dix réfugiés italiens accueillis par la France depuis les années 80.

L’asile leur avait été accordé à la condition de sortir de la clandestinité, d’abandonner la lutte armée et de s’insérer pacifiquement dans la société française.

Pendant quatre décennies, ces conditions ont globalement été respectées – à l’exception d’une tentative vis à vis de Marina Petrella en 2008 – et ces personnes, aujourd’hui retraitées, ont bénéficié de titres de séjour, ont travaillé, fondé des familles et se sont enracinées dans notre société.

Pourtant, au printemps 2021, le Président Emmanuel Macron décidait de renier la parole de la France et de donner suite à des demandes d’extradition visant des faits vieux de plus de quarante ans.

La Cour d’appel a rejeté hier toutes ces demandes d’extradition au nom des principes fondamentaux du droit énoncés par la Convention européenne des droits de l’Homme, notamment dans ses articles 6 et 8 imposant les garanties du procès équitable et le respect de la vie privée et familiale.

En refusant ces extraditions au nom des valeurs fondatrices d’un Etat de droit, les magistrats de la Cour d’appel ont démontré que la justice française pouvait être rendue en toute indépendance et s’opposer à la raison d’Etat.

Paris, le 30 juin 2022

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Communiqués de la LDH

Enfants français détenus dans les camps du Nord-Est syrien

Lettre ouverte de Patrick Baudouin, président de la LDH, adressée à Emmanuel Macron, président de la République

Monsieur le Président,

Depuis plus de trois ans, environ 200 enfants français sont détenus arbitrairement avec leurs mères dans les camps de Roj et d’Al Hol, au Nord-Est de la Syrie. La plupart de ces enfants avait deux ou trois ans en entrant dans ces camps, certains y sont nés, les deux tiers d’entre eux ont moins de 6 ans. Depuis lors, ils grandissent dans des conditions particulièrement difficiles, privés de soins adaptés et ne bénéficiant d’aucun soutien psychologique, alors même qu’ils portent les stigmates de leurs blessures et traumatismes. Ils ne sont pas scolarisés, vivent sous des tentes de fortune, exposés à des températures extrêmes, été comme hiver, à des incendies qui ont déjà fait plusieurs victimes.

De nombreux observateurs et ONG font état depuis des années de cette situation profondément attentatoire aux droits de l’Homme et dénoncent une violation manifeste des droits fondamentaux de ces enfants. Le 8 février dernier, une vingtaine d’experts indépendants des droits de l’Homme des Nations unies ont exhorté 57 pays, dont la France, à rapatrier ces enfants.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et son directeur régional, le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, les défenseurs des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) ont tous appelé au rapatriement des enfants et de leurs mères. En février 2021, le Parlement européen a voté une résolution en ce sens et monsieur David De Pas, coordonnateur des juges d’instruction anti-terroristes français, a publiquement affirmé que ces rapatriements étaient une priorité tant humanitaire que sécuritaire.

Les uns après les autres, les pays européens, dont l’Allemagne, la Belgique (qui vient de rapatrier seize enfants et six mères), le Danemark, la Finlande et la Suède entendent ces appels pressants au rapatriement et prennent des mesures en conséquence. En 2021, 97 femmes et enfants européens sont rentrés dans leurs pays respectifs, dont sept français seulement. La France, elle, continue de camper sur une position au « cas par cas », et, depuis seize mois, n’a plus mené aucune opération de rapatriement. Nous nous adressons aujourd’hui solennellement à vous, Monsieur le Président, parce que, chaque jour, votre intransigeance met un peu plus en danger la vie de ces enfants et de leurs mères. Faut-il rappeler qu’en 2019, plus de 300 enfants sont décédés dans le seul camp d’Al Hol ? Dans le camp Roj, des orphelins français sont livrés à eux-mêmes.

Parmi eux, figure la petite Sara, six ans, dont la mère est morte le 14 décembre dernier, faute de soins, alors même que la France avait refusé son rapatriement sanitaire pendant trois ans.

Désormais une autre mère, madame Descamps, atteinte d’un cancer, est pratiquement mourante et risque à son tour de décéder dans un complet délaissement devant ses quatre enfants.

Impasse humanitaire pour ces enfants, mais aussi impasse juridique en ce qui concerne leurs mères. Ces femmes, destinataires de mandats d’arrêt internationaux, ne peuvent être jugées qu’en France et doivent répondre de leurs actes devant les juridictions antiterroristes françaises chargées de leurs dossiers. Régulièrement, les autorités kurdes qui les détiennent rappellent d’ailleurs qu’elles ne peuvent ni ne veulent les juger et exhortent les Etats étrangers à rapatrier ces enfants avec leurs mères.

Impasse sécuritaire enfin, car laisser ces enfants grandir dans ces camps, qui sont voués à disparaître, conduira immanquablement à fabriquer de la radicalisation et de la défiance – voire de la haine – envers notre pays, au risque même d’accentuer la menace terroriste.

Au cours de votre premier mandat, diverses voix de la société civile (associations, autorités indépendantes, juges, pédopsychiatres, artistes…) se sont manifestées pour dénoncer le sort réservé à ces enfants. Ces voix n’ont pas été entendues. Pire, elles se sont souvent heurtées à une sorte de silence officiel, tendant à faire de ces enfants des fantômes qu’il conviendrait d’oublier. Qu’on le veuille ou non, ces enfants font partie de notre histoire, de l’histoire de notre pays, et nous ne saurions l’occulter.

Il y a urgence car chaque jour qui passe est un jour de trop. Il en va de la capacité de la France, sous peine de condamnations infamantes, à respecter ses engagements internationaux, et notamment les dispositions de la Convention internationale des droits de l’enfant. Il en va de votre volonté de faire preuve d’humanité, afin que cesse une situation qui met en jeu la vie d’enfants qui ne sont coupables de rien mais doublement victimes : du choix de leurs parents d’abord, et de l’abandon de leur pays ensuite. Il en va enfin de l’honneur même de notre pays.

Nous espérons ainsi vivement qu’en ce début de votre second mandat, la France procède enfin au rapatriement de ces enfants et de leurs mères. Tel est le sens de notre demande pressante auprès du président de la République française, dont nous ne doutons pas qu’il ne saurait rester insensible à la priorité que doit revêtir en tout temps l’intérêt supérieur de l’enfant.

A l’appui de cette démarche, et afin de pouvoir échanger avec vous sur notre grave préoccupation, nous sollicitons également un prochain rendez-vous.

Nous vous remercions de bien vouloir y donner une suite favorable.

Dans ce contexte, vous comprendrez que ce courrier soit rendu public.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de notre haute considération.

Patrick Baudouin, président de la LDH

Paris, le 29 juin 2022

Communiqués de la LDH

Turquie : la condamnation à perpétuité de Pinar Selek, une décision scandaleuse

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Paris-Genève, le 28 juin 2022 – La célèbre défenseure des droits humains, Mme Pinar Selek, a été condamnée à la prison à vie. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (FIDH-OMCT) et la LDH (Ligue des droits de l’Homme) sont profondément consternés par cette décision inique de la Cour suprême turque et appellent les autorités à annuler cette sentence.

Le 22 juin 2022, la Cour suprême turque a condamné Pinar Selek à la prison à vie. Pinar Selek est une écrivaine, sociologue et défenseure des droits humains turque, aujourd’hui basée en France, qui a été arrêtée en 1998 pour ses recherches sur les processus de paix et la démilitarisation. Pinar Selek a été accusée de soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), puis d’avoir fait exploser une bombe sur le bazar égyptien d’Istanbul le 9 juillet de la même année. Les accusations d’un jeune Kurde obtenues sous la torture ont conduit à l’arrestation de Mme Selek. Bien que le jeune se soit rétracté par la suite, Pinar Selek a été détenue et soumise à des actes de torture et à des mauvais traitements pendant deux ans, jusqu’à sa libération provisoire en 2000. Elle a été condamnée puis acquittée par la Cour pénale d’Istanbul à quatre reprises, en 2006, 2008, 2011 et 2014, mais le procureur a constamment fait appel devant la Cour de cassation, qui a annulé les décisions d’acquittement alors que toutes les enquêtes attribuaient l’explosion à une fuite de gaz.

Pinar Selek est victime de harcèlement judiciaire de la part des autorités turques depuis près de 24 ans et est réfugiée en France, où elle a obtenu la nationalité française en 2017. Elle est devenue membre de la LDH – une organisation membre de la FIDH – et est une ancienne membre de son Comité national.

L’Observatoire et la LDH rappellent qu’en raison de ce harcèlement judiciaire et sous la menace constante d’une arrestation arbitraire, la vie et le travail en Turquie de Pinar Selek ont été fortement perturbés. De plus, cette scandaleuse condamnation à perpétuité peut s’accompagner de millions d’euros de dommages et intérêts qui viendront exercer une pression financière sans précédent sur Pinar et sa famille.

L’Observatoire et la LDH appellent les autorités turques à annuler immédiatement et sans condition la condamnation à perpétuité de Pinar Selek et réitèrent leur appel à mettre fin au harcèlement judiciaire ininterrompu dont elle fait l’objet, car il semble ne viser qu’à la sanctionner pour son exercice légitime de la liberté d’opinion et d’expression.

Paris, le 29 juin 2022

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (l’Observatoire) a été créé en 1997 par la FIDH et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT). Son objectif est de prévenir ou de remédier aux situations de répression à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme. La FIDH et l’OMCT sont toutes deux membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de défense des droits de l’Homme de l’Union européenne mis en œuvre par la société civile internationale.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) est une association généraliste et indépendante, reconnue d’intérêt général, de promotion et de défense des droits fondamentaux. Elle est de tous les combats pour les libertés, la justice, les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, la défense des libertés contre les intrusions sécuritaires dans la vie privée, contre le racisme et l’antisémitisme et les différentes formes de discriminations depuis plus de 120 ans désormais. Elle interpelle les pouvoirs publics pour garantir nos droits fondamentaux lorsque des mesures vont à l’encontre des droits et libertés, elle observe les pratiques policières afin de nous assurer du bon fonctionnement démocratique et dénoncer les pratiques abusives et liberticides, elle intervient en milieu scolaire et auprès du grand public afin d’informer et de sensibiliser, elle va devant les tribunaux aux côtés des victimes d’injustices ou de discriminations et assure des permanences d’accès au droit. Elle intervient ainsi sur l’ensemble du territoire, en métropole et en outre-mer, à travers près de 300 sections locales. Pour en savoir plus sur ses combats : www.ldh-france.org

Communiqués de la LDH

29 morts aux frontières européennes : l’accord Espagne-Maroc sur l’immigration tue !

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Les tragiques événements du 24 juin 2022 sur la frontière entre Nador et Melilla au Maroc rappellent, avec violence, l’échec des politiques migratoires sécuritaires. Les 27 morts et les centaines de blessés du côté des migrants comme ceux du côté des forces d’ordre marocaines sont le symbole de politiques européennes d’externalisation des frontières de l’Union européenne (UE), avec la complicité d’un pays du Sud, le Maroc. La mort de ces jeunes africains sur les frontières de la « forteresse européenne » alerte sur la nature mortifère de la coopération sécuritaire en matière d’immigration entre le Maroc et l’Espagne.

Les prémices du drame de ce vendredi 24 juin ont été annoncés depuis plusieurs semaines. Les campagnes d’arrestations, de ratissages des campements, de déplacements forcés visant les personnes en migration à Nador et sa région étaient annonciatrices de ce drame écrit d’avance. La reprise de la coopération sécuritaire dans le domaine des migrations entre le Maroc et l’Espagne, en mars 2022, a eu pour conséquence directe la multiplication des actions coordonnées entre les deux pays.

Ces mesures sont marquées par des violations des droits humains des personnes en migration à Nador, Tétouan et Tanger ou encore à Laâyoune et Dakhla. Le drame de cette triste journée est la conséquence d’une pression planifiée contre les personnes exilées.

Depuis plus d’un an et demi, les personnes en migration à Nador sont privées d’accès aux médicaments, aux soins, voient leurs campements brûlés et leurs biens spoliés, leurs maigres denrées alimentaires détruits et même le peu d’eau potable qui est à leur disposition dans les campements, il est confisqué.

Ces expéditions punitives ont abouti à une spirale de violence des deux côtés. Une violence condamnable quelles que soient ses origines, mais tout en rappelant la violence systémique que subissent les migrants à Nador depuis des années de la part des forces de l’ordre espagnoles comme marocaines. Des pratiques condamnées à de multiples reprises par des instances nationales, régionales et onusiennes.

Face à ce nouveau drame aux frontières, et compte tenu de l’ampleur du bilan humain qui sera amené, hélas, à être revu à la hausse, les organisations signataires de ce communiqué annoncent ce qui suit :

  • Nous exprimons nos vives condoléances aux familles des victimes, parmi les migrants comme dans les rangs des forces de l’ordre.
  • Nous condamnons l’absence de prise en charge rapide des migrants blessés, qui a alourdi ce bilan. Nous exigeons qu’une prise en charge sanitaire adéquate et de qualité soit accordée à toutes les personnes hospitalisées à la suite de ce drame
  • Nous exigeons que les autorités marocaines procèdent à l’identification et à la restitution des dépouilles des victimes à leurs familles, en collaboration avec les communautés des migrants
  • Nous exigeons l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante du côté marocain comme espagnol, ainsi qu’au niveau international pour faire toute la lumière sur ce drame humain.
  • Nous exigeons la fin des politiques criminelles financées par l’Union européenne et ses nombreux complices, les Etats, certaines organisations internationales et plusieurs organisations de la société civile qui assurent la sous-traitance de ces politiques criminelles.
  • Nous appelons les représentations diplomatiques des pays africains, présentes au Maroc d’assumer pleinement leurs responsabilités en matière de protection de leurs ressortissants, au lieu d’être complices des politiques en cours.
  • Nous appelons les organisations et les mouvements de défense de droits humains et de défense des droits des personnes en migration à se mobiliser dans ce moment critique où le droit de la vie est plus que jamais est danger.

Le 27 juin 2022

Signataires : Association marocaine des droits humains (AMDH) ; Collectif des communautés subsahariennes au Maroc (CCSM) ; Association d’aide aux migrants en situation de vulnérabilité-Maroc (AMSV) ; Attac CADTM Maroc ; Caminando Fronteras – Espagne ; Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM) – Maroc ; Euromed Droits ; Alternatives espaces citoyens – Niger Pateras de la vida – Maroc ; Alarm Phone – Europe – Afrique ; Association Adesguim ; Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (GADEM) ; Réseau éveil pour les droits humains – Nema/Mauritanie ; Coordination de l’AMDH aux 2 HODHS – Nema/Mauritanie ; L’association unipron pour la défense des droits humains ; Baloona Matata ; L’association the minority globe ; Mani rosse antirazziste ; La plateforme des associations et communautés subsahariennes au Maroc (PASCOMS) ; Eva Maria Juan Toset, Dean of the official college of social work ; Mediterranea saving humans ; Combo ; Solidary wheels ; Nieves neira roca ; L’association mouvement uplited Africa (MUA) ; Medico International ; L’association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH Mauritanie) ; Sabelle Krzywkowski, universitaire, Grenoble, France ; Infokolpa de Ljubljana, Slovénie ; Asociacion exmenas ; Col.Lectiu-Hourria Llibertat ; Anticapitalistas ; AMC ; Federacion de asociaciones africanas de murcia ; Forum des alternatives Maroc (FMAS) ; Espace médiation ; Réseau africain migration développement ; Sindicato de vendedores ambulantes de Barcelona ; Asociacion Elin ; MV Louise Michel ; Bordeline – Europe ; Migration control ; Mediterranea ; Comision espanola de ayuda al refugiado ; Coordinadora de barios ; José Antonio Gomez Hernández (Faculté de communication et de documentation de l’Université de Murcie) ; La Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) ; Comitato Verità e Giustizia per i Nuovi Desaparecidos – Italia (Roma) ; La Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) ; La Ligue des droits de l’Homme (LDH)

Communiqués de la LDH

Le Conseil d’Etat suspend la délibération du conseil municipal de Caudry d’autoriser le maire à suspendre ou à supprimer les aides sociales facultatives aux familles

Communiqué LDH

Par une délibération du 13 avril 2021, le centre communal d’action sociale (CCAS) de Caudry a décidé d’autoriser son président à suspendre et à supprimer l’accès aux aides aux familles dont l’un des membres aura fait l’objet d’un rappel à l’ordre ; ou pour lequel l’accompagnement parental proposé par le conseil des droits et devoirs des familles aura été refusé ; ou dont l’un des membres aura fait l’objet d’un jugement définitif à la suite d’une infraction pénale troublant l’ordre public ou aura occasionné un préjudice à l’égard de la commune.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) a décidé d’introduire devant le tribunal administratif de Lille un recours en annulation, assorti d’un référé suspension, contre cette décision en soulevant notamment la violation des principes de légalité des délits et des peines, des droits de la défense, de responsabilité personnelle et de personnalité des peines.

Par une ordonnance en date du 5 juillet, le tribunal a rejeté le référé-suspension, au motif du défaut de la LDH d’intérêt à agir contre cette décision.

La LDH a introduit un pourvoi contre cette décision devant le Conseil d’Etat. Par une ordonnance rendue ce 24 juin, la haute juridiction administrative a fait droit à notre requête en reconnaissant notre intérêt à agir contre ce type de mesure et a suspendu la mesure contestée au regard des imprécisions quant aux circonstances pouvant conduire à la suspension des aides sociales facultatives.

La LDH se félicite de cette décision du Conseil d’Etat et entend également rappeler le principe de la personnalité des peines pour refuser en conséquence que les aides sociales, y compris facultatives, ne soient plus versées à une famille du fait des actes fussent-ils délictueux d’un de ses membres.

Paris, le 28 juin 2022

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Communiqués de la LDH

Tarek Ben Hiba : un militant passionné de l’égalité

Communiqué LDH

C’est avec beaucoup de tristesse que la LDH (Ligue des droits de l’Homme) a appris le décès de Tarek Ben Hiba, militant politique, associatif, syndicaliste.

Tarek était un ami de longue date de la LDH dont il a partagé de nombreux combats (lutte contre les discriminations, droit des étrangers, citoyenneté de résidence, dénonciation de la répression au Maghreb et en particulier en Tunisie avant la chute de Ben Ali). Il fut aux côtés notamment de Saïd Bouziri, à qui nous venons de rendre hommage, l’un des fondateurs du 3e collectif des sans-papiers.

Nous avons eu l’occasion de tout particulièrement l’apprécier en travaillant avec la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) dont il fut l’un des fondateurs et durant de nombreuses années le président. Il y démontra tant son ancrage au sein de la société française que son attachement à son pays d’origine.

Militant progressiste, c’est dans la même logique qu’il a été conseiller régional en Ile-de-France, de 2004 à 2010, mais aussi membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution en Tunisie. Nous avions alors partagé ses espoirs pour l’instauration d’une vraie démocratie dans son pays de naissance.

La LDH tient à exprimer à sa famille et à tous ses proches ses plus sincères condoléances.

Paris, le 28 juin 2022

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Communiqués de la LDH

Avortement aux USA, nous ne voulons pas perdre des droits, nous voulons en gagner ! Appel unitaire à mobilisation autour du 2 juillet !

Communiqué commun dont la LDH est signataire et appel à rassemblement le samedi 2 juillet (informations à venir)

La décision de la Cour suprême des Etats-Unis sur l’avortement : le « Collectif avortement en Europe, les femmes décident » dénonce une atteinte historique aux droits des femmes !

Cette décision était certes attendue, elle n’en est pas moins terrible : la Cour suprême vient de revenir sur l’arrêt historique Roe vs Wade qui reconnaissait depuis près d’un demi-siècle le droit à l’avortement sur tout le territoire des Etats-Unis. Le droit des femmes à disposer de leurs corps est encore et toujours menacé !

Cette décision va permettre à de nombreux Etats d’interdire l’avortement sur leur territoire. Treize d’entre eux sont en mesure de le faire dès à présent avec effet immédiat tandis que d’autres pourraient légiférer en vue de restrictions. La moitié des Etats disent vouloir interdire l’IVG.

Cette considérable attaque contre les droits des femmes a été prise par une juridiction composée d’une majorité conservatrice et masculine. Elle aura, c’est évident, des répercussions néfastes au niveau international. A l’heure où  grâce à la mobilisation des féministes des pays tels que l’Irlande, l’Argentine, la Colombie, obtiennent le droit à l’avortement, le risque est grand de voir cette impulsion s’inverser. Nous assistons déjà à de nombreuses restrictions contre les droits des femmes en Pologne, Hongrie, Slovaquie. Les femmes ukrainiennes, réfugiées en Pologne, se voient interdire le droit à l’avortement alors que celui-ci est légal dans leur pays ! 

En France, la montée de l’extrême droite et la présence de 89 député-e-s Rassemblement national à l’Assemblée nationale sont aussi une menace pour nos droits ! Les opposant-e-s à l’avortement n’ont jamais lâché prise en France !

Nous soutenons la demande de constitutionnalisation de l’avortement.

Nous dénonçons cette décision patriarcale inacceptable et appelons à une mobilisation nationale le samedi 2 juillet !

Plus que jamais, restons vigilantes pour que nos acquis ne soient pas détruits !

Le « Collectif avortement en Europe, les femmes décident » est composé d’associations féministes, de syndicats et de partis politiques.

Les éléments actifs en sont : Association nationale des CIVG, Association nationale des sages-femmes orthogénistes, Collectif national pour les droits des femmes, Coordination des associations pour le droit à l’avortement et la contraception, Femmes solidaires, Maison des femmes de Paris, Marche mondiale des femmes, Osez le féminisme, Planning familial, Fédération syndicale unitaire, Union syndicale Solidaires, Nouveau parti anticapitaliste.

Paris, le 27 juin 2022

Communiqués de la LDH

Etats-Unis et droit à l’avortement : un recul de 50 ans !

Communiqué LDH

Ce vendredi 24 juin, la Cour suprême des Etats-Unis a annoncé la révocation de l’arrêt Roe vs Wade qui, depuis 1973, garantissait le droit à l’avortement dans le pays. Désormais, même si l’avortement ne devient pas formellement illégal, chaque Etat pourra décider de sa législation en la matière. Sur cinquante Etats, vingt-six à vingt-huit pourraient interdire l’avortement. A peine une heure après la décision de la Cour suprême, l’Etat du Missouri a d’ailleurs annoncé qu’il interdirait l’IVG. Et six autres ont, depuis, annoncé vouloir faire de même.

Cette décision est scandaleuse à plus d’un titre : d’une part, l’égalité des droits entre toutes les femmes des Etats-Unis n’est plus garantie et, d’autre part, des droits durement conquis par les luttes des femmes sont balayés d’un revers.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) s’alarme du recul des droits des femmes aux Etats-Unis et du signal envoyé ainsi au monde entier. Les premières victimes de cette décision seront bien-sûr toutes les femmes, mais surtout les plus pauvres d’entre elles. Ce seront aussi toutes celles qui, dans le monde entier, y compris en Europe, se battent encore pour conquérir ces droits (sachant qu’une vingtaine de pays l’interdisent totalement, comme Andorre, tandis que de nombreux autres pays en restreignent drastiquement l’accès).

Rappelons que le droit fondamental des femmes à disposer de leurs corps et de leurs droits reproductifs doit être reconnu comme un droit universel, quelles que soient les convictions ou idéologies de chacun.

Ne pas protéger le droit à l’avortement, c’est enfin mettre en danger de mort les femmes qui choisissent, pour des raisons qui leur sont propres, d’interrompre une grossesse. A travers le monde, plus de vingt-cinq millions d’IVG dangereuses sont encore pratiquées chaque année : c’est la troisième cause de mortalité féminine dans le monde.

La LDH exprime tout son soutien à toutes les femmes des USA et à toutes les femmes qui, dans le monde, sont privées de leurs droits fondamentaux, y compris celui de la protection de leur vie et de leur santé.

La LDH sera de leurs combats et appelle aux mobilisations du 2 juillet qui auront lieu partout en Europe.

Paris, le 27 juin 2022

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Communiqués de la LDH

Pinar Selek : victime de l’acharnement judiciaire d’une justice aux ordres du pouvoir turc

Communiqué LDH

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) est particulièrement indignée par la décision de la Cour suprême de Turquie qui vient de condamner Pinar Selek à la prison à perpétuité.

Pinar Selek, écrivaine, sociologue et militante des droits de l’Homme en Turquie (et maintenant en France) a été arrêtée en 1998 pour ses travaux de recherche sur les processus de paix et la démilitarisation. Emprisonnée, torturée, accusée d’avoir commis un attentat à la bombe au marché aux épices d’Istanbul, sur dénonciation sous la torture d’un jeune militant kurde qui s’est par la suite rétracté, elle a été condamnée puis acquittée par la cour pénale d’Istanbul à quatre reprises, en 2006, 2008, 2011 et 2014 mais le procureur a constamment fait appel devant la Cour de cassation, qui a annulé les décisions d’acquittement alors que toutes les enquêtes ont attribué l’explosion à une fuite de gaz.

Victime depuis plus de vingt ans d’un acharnement judiciaire de la part du pouvoir turc, Pinar Selek est réfugiée en France où elle a obtenu la nationalité française en 2017. Notre désormais compatriote doit donc être protégée par l’Etat français.

La LDH en appelle au président de la République pour qu’il interpelle son homologue turc afin d’obtenir l’acquittement définitif pour Pinar Selek.

Paris le 25 juin 2022

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