Négocier la paix n’est pas un délit

Communiqué LDH

La situation à laquelle est confronté Josu Urrutikoetxea, figure déterminante de la sortie du conflit au Pays Basque, constitue un précédent dangereux, et pas seulement pour le conflit au Pays Basque. Josu Urrutikoetxea sera jugé dans deux procédures françaises, les 19 et 20 et les 22 et 23 octobre prochains. Les faits qui, selon le Parquet national antiterroriste (PNAT), caractérisent l’infraction d’association de malfaiteurs terroriste pour laquelle il est poursuivi dépassent l’appartenance de Josu Urrutikoetxea à l’ETA pour s’appuyer sur les préparatifs et sa participation aux négociations politiques pour sortir du conflit.

Cette démarche revient à faire de Josu Urrutikoetxea coupable d’avoir voulu la paix.

S’il ne s’agit pas de reconnaître à quiconque une forme d’impunité, le PNAT use de moyens déloyaux pour tenter de faire condamner un homme pour sa participation à des négociations parrainées par des Etats étrangers au conflit et voulues par les acteurs de celui-ci.

Cette attitude du PNAT s’inscrit dans son acharnement à vouloir empêcher par tous les moyens toute libération des détenus basques, et même toute mesure d’humanisation de leurs conditions de détention.

Cette situation n’est pas acceptable et ne peut trouver d’issue dans un perpétuel recours à une institution judiciaire peu disposée à prendre acte des évolutions que la situation a connues.

Ce sont aux Etats qui ont accueilli ou participé aux négociations de refuser que le choix du dialogue comme moyen de résoudre les conflits ne devienne prétexte à sanction.

Ce sont aux Etats concernés et aux sociétés civiles de mettre en place les voies et moyens de mener le processus de paix à son terme.

Nous réaffirmons notre soutien à celles et ceux qui ont eu la détermination de construire la paix.

Paris, le 15 octobre 2020

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Article source: https://www.ldh-france.org/negocier-la-paix-nest-pas-un-delit/

Communiqués de la LDH

Journée mondiale du refus de la misère : 60 organisations se mobilisent pour la justice sociale et environnementale

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Convaincues que justice sociale et justice environnementale vont de pair, 60 organisations réunies au sein du Collectif Refuser la Misère, appellent à la mobilisation le 17 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale du Refus de la Misère. Partout en France, des évènements sont organisés pour interpeller les responsables politiques et les citoyens, et les appeler à s’engager pour la justice sociale et environnementale.

À Paris, sur le parvis des Droits de l’Homme du Trocadéro à partir de 17h30, des personnes en situation de pauvreté, des responsables politiques et associatifs s’exprimeront.

Retransmission en direct : https://youtu.be/8-Ku5Em5qZ8

Les personnes les plus pauvres, premières touchées par les effets du changement climatique

On l’a vu avec la crise de la COVID-19 : nous ne sommes pas égaux devant la pandémie. Nous ne le sommes pas davantage face aux changements climatiques. Comme les pays les plus pauvres sont davantage exposés aux effets du changement climatique, les personnes les plus défavorisées sont surexposées aux dégâts environnementaux. D’abord, du fait de leurs lieux d’habitation, souvent situés à proximité de poches de pollution – près d’activités industrielles ou agricoles polluantes, de carrefours routiers, dans un environnement bétonné – souvent mal isolés ou en situation de sur-occupation. Dans ces passoires énergétiques, nombreux sont ceux qui cherchent à faire des économies sur des factures qu’ils ne peuvent pas payer. Les conséquences sur leur santé, souvent déjà fragile, sont graves : asthme, maladies respiratoires chroniques, saturnisme…

Des politiques et des mesures qui laissent les plus pauvres de côté

Davantage touchées par les effets du changement climatique, les personnes les plus pauvres sont aussi les plus impactées par les mesures environnementales. La construction du Grand Paris ou la réhabilitation des friches industrielles de Confluence en éco-quartier à Lyon en sont des exemples criants : l’arrivée des transports s’accompagne d’une rénovation du quartier, des bâtiments, des logements, qui entraîne une augmentation des loyers et un rejet des habitants pauvres dans une périphérie éloignée. La taxe carbone proposée dans le cadre de la transition écologique est une illustration de mesures réfléchies sans en évaluer l’impact sur les plus vulnérables. De manière générale, la fiscalité écologique pèse déjà plus fortement sur les ménages les plus pauvres. Son impact sur les ménages varie d’un facteur 4 entre le premier décile de revenus (soit 1,8 % du revenu des plus pauvres) et le dernier décile (soit 0,4 % du revenu des plus riches), alors même qu’en France, l’empreinte écologique des 10 % les plus pauvres est deux fois inférieure à celle des 10 % les plus fortunés.

Nos propositions pour une transition écologique juste

Pour bâtir un monde de justice sociale et environnementale, nous connaissons les priorités : assurer à tous et toutes un logement décent, garantir des services publics de qualité, garantir un emploi digne. La transition écologique et le lien social en sont pourvoyeurs comme le montre l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée. La fiscalité écologique, comme la taxe carbone, doit aussi être partagée équitablement et être fléchée vers la transition écologique. Nous demandons également à ce que toutes nouvelles lois et politiques publiques soient évaluées à partir de leur impact sur les 10 % les plus pauvres et au regard des objectifs de développement durable que la France s’est engagée à mettre œuvre.

Pour que la transition écologique soit juste, toutes et tous – et en particulier les plus pauvres – doivent être associés à la construction de solutions concrètes et être considérés comme sources d’initiatives : contraintes à une sobriété du fait de leurs conditions de vie, les personnes les plus pauvres ont des pratiques écologiques dont toute la société peut s’inspirer.

Pour en savoir plus téléchargez le dossier de presse

Article source: https://www.ldh-france.org/journee-mondiale-du-refus-de-la-misere-60-organisations-se-mobilisent-pour-la-justice-sociale-et-environnementale/

Communiqués de la LDH

17 octobre 1961 – 17 octobre 2020 : 59e anniversaire – Vérité et justice

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens et d’Algériennes manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le préfet de police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestant-e-s furent arrêté-e-s, emprisonné-e-s, torturé-e-s – notamment par la “force de police auxiliaire” – ou, pour nombre d’entre elles et eux, refoulé-e-s en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.

59 ans après, la vérité est partiellement en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, – en particulier la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Le 17 octobre 2012, le président de la République (François Hollande) avait certes fait un premier pas important, en déclarant : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie. Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains et certaines osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à « honorer » les criminels de l’OAS.

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :

  • que la lumière soit faite sur les soi-disant « retours vers leurs douars d’origine » des algérien-e-s survivant-e-s du 17 octobre envoyé-e-s en fait dans des camps de la mort de l’Algérie coloniale ;
  • que la création d’un lieu de mémoire voué à cet évènement, demandée dans la résolution votée par le Sénat en octobre 2012 qui reconnaissait elle aussi ce massacre, soit rapidement mise en œuvre par les autorités de l’Etat, de la ville de Paris et la région Ile-de-France ;
  • pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiennes et les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs collègues algériennes et algériens ;
  • la vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certain-e-s au sein de la droite et extrême droite politique veulent réhabiliter.

Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l’islamophobie et les discriminations dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissant-e-s d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après plus d’un demi-siècle, il est temps :

  • que le président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’Etat. Comme il vient de le faire pour l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française et pour l’existence d’un système de torture généralisé. Cette reconnaissance doit s’étendre aux milliers d’Algériens et Algériennes qui en ont été victimes (voir le site 1000autres.org) ;
  • que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériennes et Algériens dans des camps ;
  • que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous et toutes, historiens et historiennes et citoyens et citoyennes ;
  • que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

Rassemblement : samedi 17 octobre 2020 à 18h au pont Saint-Michel à Paris

Associations, organisations syndicales signataires : 17 octobre contre l’oubli ; 4 ACG (Anciens appelés en Algérie et leurs ami(e)s contre la guerre) ; ACCA (Agir contre le colonialisme aujourd’hui) ; ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie) ; Acort (Assemblée citoyenne des originaires de Turquie) ; ANPROMEVO (Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS) ; APCV (Agence de promotion des cultures et du voyage) ; APEL-EGALITE ; ARAC (Association république des anciens combattants) ; ASABP (Association de soutien aux amoureux au ban public) ; Association Josette et Maurice Audin ; ATMF (Association des travailleurs maghrébins de France) ; Au Nom de la Mémoire ; Cedetim (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale) ; Collectif Faty Koumba ; CRLDHT Mehdi Ben Barka ; Conseil national des assos familiales laïques ; LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Fédération nationale de la libre pensée ; FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives) ; Les Oranges ; Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons ; Mémorial 98 ; Mrap (Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples) ; Mouvement de la paix ; Union syndicale Solidaires.

Partis Politiques signataires : GDS (Gauche démocratique et sociale) ; PCF (Parti communiste français) ; Parti de gauche.

Paris, le 12 octobre 2020

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Article source: https://www.ldh-france.org/17-octobre-1961-17-octobre-2020-59e-anniversaire-verite-et-justice/

Communiqués de la LDH

Contestation du nouveau schéma national du maintien de l’ordre par les observatoires des pratiques policières/libertés publiques

Monsieur Gérald Darmanin

Ministre de l’Intérieur,

Place Beauvau

75800 Paris cedex 08

Objet : Nouveau schéma national du maintien de l’ordre

Monsieur le Ministre,

Nous souhaitons vous faire part de notre inquiétude, en tant qu’observateurs et observatrices citoyennes. Le nouveau schéma national du maintien de l’ordre prétend garantir l’exercice du droit d’informer, tout en apportant des restrictions à ce droit, condition première de la démocratie, en empêchant les journalistes et observateur-rice-s de se maintenir sur place par suite des sommations, sous peine d’être interpellé-e-s et éventuellement poursuivi-e-s.

Les termes employés dans le schéma interrogent nécessairement sur la façon dont vous percevez les journalistes et les observateur-rice-s des libertés publiques, qui entendent rendre compte des opérations de maintien de l’ordre. Vous estimez en effet que les forces de l’ordre « se savent […] scrutées en permanence par des personnes à la recherche de la faute en vue de délégitimer leur action ». Il est utile de rappeler à ce titre que le droit d’observer les rassemblements publics fait partie intégrante du droit de recevoir et de transmettre des informations, corollaire du droit à la liberté d’expression [1].

Le travail des journalistes et celui des observateur-rice-s s’est révélé essentiel pour renseigner les pratiques du maintien de l’ordre, signaler les violences policières survenues lors des manifestations et ce tant à l’encontre de manifestants, que de journalistes mais aussi d’observateur-rice-s. 

Depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », 4 décès, 344 blessures à la tête, 29 éborgné-e-s, 5 mains arrachées [2] et près de 2 448 blessés [3]… Un bilan de victimes qui n’existerait pas sans le travail de la presse, notamment du journaliste David Dufresne, pour n’en citer qu’un parmi tous les autres, compilant, recensant, les violences policières survenues dans les manifestations (retraites, lycéens, journée internationale des droits des femmes, etc.).

Usage excessif de la force et des armes, absence de sommations, nasses, non-respect du Code de déontologie, absence de RIO, stratégie de la peur, répressions, maintien de l’ordre dangereux pour les libertés fondamentales [4] n’auraient pas été portés à la connaissance du public sans les rapports des observatoires des pratiques policières présents sur l’ensemble du territoire.

Un travail de référence des journalistes et des observateur-rice-s partout en France qui a permis d’étayer les dénonciations du Défenseur des droits [5], de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme [6], du Parlement européen [7], du Conseil de l’Europe [8], ou encore des Nations unies [9] des usages disproportionnés de la force à l’encontre des manifestant-e-s, constituants des violations graves des droits de l’Homme par le gouvernement présent, dissuadant les citoyen.ne.s d’exercer leurs droits les plus fondamentaux.

Force est de constater que ce travail de la presse et des observateur-rice-s dérange. Ceux-ci font l’objet à de multiples reprises de pressions, d’intimidations, d’attaques, d’entraves, d’empêchements, de confiscations de matériels lors de couvertures de manifestations par les forces de l’ordre. Comment ne pas citer Jérôme Dupeyrat, observateur, blessé à la tête par un tir de grenade à Toulouse [10] ? Comment ne pas citer Nicolas Descottes, photographe documentaire, pommette fracturée par un tir de LBD [11] ? Comment ne pas citer Camille Halut, observatrice, interpellée à plusieurs reprises, placée en garde à vue et poursuivie pour avoir observé [12] ?

Devant ces constats que nous déplorons, nous vous rappelons aujourd’hui ouvertement à vos obligations, loin des ambiguïtés. Aucun gouvernement, aucun pouvoir exécutif, aucune autorité administrative ne saurait se soustraire au respect des droits constitutionnellement garantis.

Nous rappelons qu’au titre de l’article 21 [13] du Pacte international relatif aux droits civils et politiques [14], la police doit non seulement respecter et garantir l’exercice du droit fondamental de réunion pacifique mais aussi protéger les observateur.rice.s. Le Comité des droits de l’Homme en charge de la surveillance du Pacte a réaffirmé, en juillet, qu’il ne peut être interdit aux observateur.rice.s d’exercer leurs fonctions ni y être indûment limités, y compris en ce qui concerne la surveillance des actions des forces de l’ordre. Par ailleurs, ils ne doivent pas faire face à des représailles ou à d’autres formes de harcèlement. Leur équipement ne doit pas être confisqué ou endommagé. Enfin, quand bien même un rassemblement serait illégal ou dispersé, cela ne met pas fin au droit de surveillance qu’effectuent les observateur-rice-s. Sur ce dernier point, votre schéma indique que « le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception, y compris au profit des journalistes ou de membres d’associations ». Ce faisant, vous prenez l’exact contre-pied des recommandations de l’OSCE, de la Commission de Venise et du Comité des droits de l’Homme des Nations unies, qui précisent que les observateur-rice-s ne sont pas des manifestant-e-s et que les ordres de dispersion ne devraient pas les contraindre à quitter la zone [15].

La France ayant l’obligation de donner des effets aux droits précités, nous, observateur-rice-s appelons à ce que le Schéma national du maintien de l’ordre :

  • rappelle l’obligation de respect et de protection par la police des observateur-rice-s,
  • affirme la nécessité de préserver l’intégrité physique des observateur-rice-s sur le terrain en reconnaissant leur droit de porter des équipements de protection,
  • rappelle l’interdiction inconditionnelle de la police, d’empêcher, de limiter leur travail d’observation, et ce, en tout temps, et partout, et ce même si le rassemblement est déclaré illégal ou dispersé.

Nous rappelons qu’en tous cas le maintien de l’ordre ne saurait empêcher les journalistes d’informer, ni les observateur-rice-s d’observer, et d’être témoins de tout, partout, et à tout moment.

Soyez assuré que contre l’abus d’un pouvoir qui veut faire taire, il y aura toujours des citoyen-ne-s pour informer, observer et faire parler librement la démocratie. Vous comprendrez que cette démarche soit rendue publique.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations les plus distinguées, 

Signataires : Observatoire girondin des libertés publiques ; Observatoire lillois des pratiques policières ; Observatoire nantais des libertés ; Observatoire parisien des libertés publiques ; Observatoire des pratiques policières de Seine-Saint-Denis ; Observatoire toulousain des pratiques policières

Paris, le 9 octobre 2020

Lettre ouverte des Observatoires à Gerald Darmanin octobre 2020

[1] Commission de Venise/OSCE, Guidelines on Freedom of Peaceful Assembly, 8 juillet 2019.

[2] Source : https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan

[3] Source chiffres officiels (Ministère de l’Intérieur) au 21.06.2020

[4] Voir pour exemple le Rapport de l’observatoire des pratiques policières de Toulouse http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article1680

[5] Rapport annuel 2018 Défenseur des droits

[6] Déclaration sur les violences policières illégitimes 28 janvier 2020 CNCDH

[7] Source : https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-8-2019-0127_FR.html

[8] Source : https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/maintaining-public-order-and-freedom-of-assembly-in-the-context-of-the-yellow-vest-movement-recommendations-by-the-council-of-europe-commissioner-for-

[9] Source : https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=24166LangID=F

[10] Source : http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article1680

[11] Source : https://rsf.org/fr/actualites/six-mois-de-manifestations-gilets-jaunes-et-de-violences-policieres-au-moins-54-journalistes-blesses

[12] Source : https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/camille-halut-poursuivie-pour-avoir-observe-une-manifestation

[13] Voir l’Observation générale n° 37 sur l’article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques – Droit de réunion pacifique, disponible sur : http://docstore.ohchr.org/SelfServices/FilesHandler.ashx?enc=6QkG1d%2fPPRiCAqhKb7yhsrdB0H1l5979OVGGB%2bWPAXj3%2bho0P51AAHSqSubYW2%2fRxcFiagfuwxycuvi40wJfdPLI9%2feceDWBX%2fij2tgqDXgdjqx8wTKKbIoySyDPtsMO

[14] Il a été ratifié par la France : loi d’autorisation n°̊80-460 du 25 juin 1980 et décret n ̊81-76 du 29 janvier 1981 portant publication du Pacte

[15] Commission de Venise/OSCE, Guidelines on Freedom of Peaceful Assembly, 8 juillet 2019.

Article source: https://www.ldh-france.org/contestation-du-nouveau-schema-national-du-maintien-de-lordre-par-les-observatoires-des-pratiques-policieres/

Communiqués de la LDH

2019, rapport des régions

Téléchargez le rapport des régions 2019 !

La LDH intervient partout en France par le biais de ses sections, fédérations et comités régionaux. Retrouvez les actions phares de la LDH qui ont eu lieu près de chez vous en 2019 ainsi que les projets à venir.

Article source: https://www.ldh-france.org/2019-rapport-des-regions/

Communiqués de la LDH

IVG : une avancée qui doit se concrétiser

Communiqué LDH

En dépit des réticences du gouvernement, les parlementaires viennent de voter à une large majorité une proposition de loi comprenant des mesures visant à renforcer le droit à l’avortement pour toutes les femmes. La principale disposition de ce texte concerne le délai d’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), celui-ci passe de 12 à 14 semaines. Cette revendication était portée de longue date par les mouvements féministes et la Ligue des droits de l’Homme (LDH) se réjouit de son adoption. Pour autant, un long chemin reste à parcourir avant que ce droit ne devienne effectif puisque le texte devra être adopté au Sénat avant de revenir devant l’Assemblée nationale. Sans une mobilisation de grande ampleur, il est à craindre que cette avancée ne voie jamais le jour.

D’autant que cette disposition ne saurait occulter le fait que, pour des milliers de femmes, l’accès à l’IVG reste extrêmement difficile. Chaque année, on enregistre encore entre 3000 et 5000 départs à l’étranger, démarche dont le coût creuse les inégalités sociales entre celles qui ont – ou pas – les moyens d’y avoir recours.  La fermeture de nombreux centres d’IVG a également contribué à entretenir, voire à amplifier, de fortes inégalités territoriales.

Des dizaines d’années après la loi défendue par Simone Veil, le droit à l’IVG reste extrêmement fragile et inégal dans son accès. Il nous revient donc de le défendre, contre tout retour en arrière, d’en assurer la pleine et entière effectivité. 

Paris, le 13 octobre 2020

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Article source: https://www.ldh-france.org/ivg-une-avancee-qui-doit-se-concretiser/

Communiqués de la LDH

IVG : une avancée qui doit se concrétiser

Communiqué LDH

En dépit des réticences du gouvernement, les parlementaires viennent de voter à une large majorité une proposition de loi comprenant des mesures visant à renforcer le droit à l’avortement pour toutes les femmes. La principale disposition de ce texte concerne le délai d’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), celui-ci passe de 12 à 14 semaines. Cette revendication était portée de longue date par les mouvements féministes et la Ligue des droits de l’Homme (LDH) se réjouit de son adoption. Pour autant, un long chemin reste à parcourir avant que ce droit ne devienne effectif puisque le texte devra être adopté au Sénat avant de revenir devant l’Assemblée nationale. Sans une mobilisation de grande ampleur, il est à craindre que cette avancée ne voie jamais le jour.

D’autant que cette disposition ne saurait occulter le fait que, pour des milliers de femmes, l’accès à l’IVG reste extrêmement difficile. Chaque année, on enregistre encore entre 3000 et 5000 départs à l’étranger, démarche dont le coût creuse les inégalités sociales entre celles qui ont – ou pas – les moyens d’y avoir recours.  La fermeture de nombreux centres d’IVG a également contribué à entretenir, voire à amplifier, de fortes inégalités territoriales.

Des dizaines d’années après la loi défendue par Simone Veil, le droit à l’IVG reste extrêmement fragile et inégal dans son accès. Il nous revient donc de le défendre, contre tout retour en arrière, d’en assurer la pleine et entière effectivité. 

Paris, le 13 octobre 2020

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Article source: https://www.ldh-france.org/ivg-une-avancee-qui-doit-se-concretiser/

Communiqués de la LDH

Save dignity, save PIKPA and Kara Tepe

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Μore than 160 Greek and international organizations, academics, and other actors from all over Europe urge the Greek authorities to revoke decision to close dignified alternatives in accommodating refugees οn Lesvo.

We, the undersigned, call on the Minister of Migration and Asylum, Notis Mitarakis, and the local authorities of Lesvos to repeal their decision to terminate the operations of PIKPA and Kara Tepe facilities for vulnerable asylum seekers on the island of Lesvos. The authorities should not only revoke the decision to shut down these facilities, but in this time of great need, they should further strengthen and protect all dignified alternative solutions for asylum seekers’ housing and protection.

In the last five years, PIKPA and Kara Tepe have sheltered vulnerable people escaping from the deplorable living conditions in the Reception and Identification Center (RIC) of Moria, a dangerous place where residents’ health and safety was continuously in jeopardy. The decision to shut down these facilities comes only a few days after a devastating series of blazes burned camp Moria to the ground, leaving more than 12.000 women, men and children with no access to shelter, food and water.

While a new “emergency” camp has been set up on the island, which is currently hosting former residents of Moria camp, many of the signatories present on the ground report significant gaps in protection, access to electricity, water supply and sanitation, safety and security. For as long as the conditions in the RICs are undignified for human beings, alternative responses will be needed, to protect the most vulnerable. PIKPA and Kara Tepe should now by all means continue to offer accommodation and protection solutions that are appropriate, especially for the most vulnerable, including unaccompanied and separated children, single mothers, victims of torture and ill treatment, male and female survivors of gender-based and sexual violence, and people with disabilities.

PIKPA, an open, self-organised solidarity space, has provided essential services and assistance to refugees on Lesvos since 2012. In 2016, the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR), awarded the Nansen Refugee Award to one of the co-founders of PIKPA, in recognition of their work saving lives and providing a safe haven for the most vulnerable during the refugee ‘crisis’ in 2015. Today, PIKPA hosts unaccompanied children, single mothers and persons that have suffered torture or ill treatment, as well as many people with heightened vulnerabilities. Survivors of torture and ill treatment suffer from chronic physical pain for years after their abuse, and psychological symptoms such as anxiety, depression, withdrawal and self-isolation, post traumatic stress, known as PTSD etc. PIKPA offers a dignified and safe space for the survivors who would otherwise be continuously re-traumatized in an unsafe environment.

Kara Tepe has been run by the municipality with a capacity of more than 1,000 people. It has offered humane living conditions to vulnerable asylum seekers and families that were transferred there from Moria, including single parents, people with disabilities, and many families with health problems. It has been lauded for its infrastructure and community-like atmosphere.  

While it is unclear where current residents of PIKPA and Kara Tepe will be transferred, the undersigned are convinced that going to the new “emergency” camp would endanger their physical and mental health and should be avoided at all costs. In addition, PIKPA and Kara Tepe could actually take in and better provide for the individuals who are more “at-risk” currently residing in the new Lesvos RIC. This would be especially important for people with disabilities, for example, as there are no accessible latrines in the new RIC at this time.

We urge Greece’s national and local authorities:

To immediately halt the closure of PIKPA and Kara Tepe and to support and further enhance their outstanding contributions.  At the same time the authorities should seek solutions in line with human rights standards for the operation of the new temporary camp in Lesvos, pursuing the ultimate goal of its steady decongestion, and providing adequate standards in terms of  safety, water, sanitation and medical assistance to all residents, until all are moved to safer and dignified accommodation conditions”.

Télécharger le communiqué en PDF avec la liste des signataires

Athens, 30 September 2020

 

Article source: https://www.ldh-france.org/save-dignity-save-pikpa-and-kara-tepe/

Communiqués de la LDH

Save dignity, save PIKPA and Kara Tepe

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Μore than 160 Greek and international organizations, academics, and other actors from all over Europe urge the Greek authorities to revoke decision to close dignified alternatives in accommodating refugees οn Lesvo.

We, the undersigned, call on the Minister of Migration and Asylum, Notis Mitarakis, and the local authorities of Lesvos to repeal their decision to terminate the operations of PIKPA and Kara Tepe facilities for vulnerable asylum seekers on the island of Lesvos. The authorities should not only revoke the decision to shut down these facilities, but in this time of great need, they should further strengthen and protect all dignified alternative solutions for asylum seekers’ housing and protection.

In the last five years, PIKPA and Kara Tepe have sheltered vulnerable people escaping from the deplorable living conditions in the Reception and Identification Center (RIC) of Moria, a dangerous place where residents’ health and safety was continuously in jeopardy. The decision to shut down these facilities comes only a few days after a devastating series of blazes burned camp Moria to the ground, leaving more than 12.000 women, men and children with no access to shelter, food and water.

While a new “emergency” camp has been set up on the island, which is currently hosting former residents of Moria camp, many of the signatories present on the ground report significant gaps in protection, access to electricity, water supply and sanitation, safety and security. For as long as the conditions in the RICs are undignified for human beings, alternative responses will be needed, to protect the most vulnerable. PIKPA and Kara Tepe should now by all means continue to offer accommodation and protection solutions that are appropriate, especially for the most vulnerable, including unaccompanied and separated children, single mothers, victims of torture and ill treatment, male and female survivors of gender-based and sexual violence, and people with disabilities.

PIKPA, an open, self-organised solidarity space, has provided essential services and assistance to refugees on Lesvos since 2012. In 2016, the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR), awarded the Nansen Refugee Award to one of the co-founders of PIKPA, in recognition of their work saving lives and providing a safe haven for the most vulnerable during the refugee ‘crisis’ in 2015. Today, PIKPA hosts unaccompanied children, single mothers and persons that have suffered torture or ill treatment, as well as many people with heightened vulnerabilities. Survivors of torture and ill treatment suffer from chronic physical pain for years after their abuse, and psychological symptoms such as anxiety, depression, withdrawal and self-isolation, post traumatic stress, known as PTSD etc. PIKPA offers a dignified and safe space for the survivors who would otherwise be continuously re-traumatized in an unsafe environment.

Kara Tepe has been run by the municipality with a capacity of more than 1,000 people. It has offered humane living conditions to vulnerable asylum seekers and families that were transferred there from Moria, including single parents, people with disabilities, and many families with health problems. It has been lauded for its infrastructure and community-like atmosphere.  

While it is unclear where current residents of PIKPA and Kara Tepe will be transferred, the undersigned are convinced that going to the new “emergency” camp would endanger their physical and mental health and should be avoided at all costs. In addition, PIKPA and Kara Tepe could actually take in and better provide for the individuals who are more “at-risk” currently residing in the new Lesvos RIC. This would be especially important for people with disabilities, for example, as there are no accessible latrines in the new RIC at this time.

We urge Greece’s national and local authorities:

To immediately halt the closure of PIKPA and Kara Tepe and to support and further enhance their outstanding contributions.  At the same time the authorities should seek solutions in line with human rights standards for the operation of the new temporary camp in Lesvos, pursuing the ultimate goal of its steady decongestion, and providing adequate standards in terms of  safety, water, sanitation and medical assistance to all residents, until all are moved to safer and dignified accommodation conditions”.

Télécharger le communiqué en PDF avec la liste des signataires

Athens, 30 September 2020

 

Article source: https://www.ldh-france.org/save-dignity-save-pikpa-and-kara-tepe/

Communiqués de la LDH

INTERPELLATIONS DE JOURNALISTES : GRAVES MENACES SUR LA LIBERTÉ D’INFORMER ET D’ÊTRE INFORMÉ

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Samedi 3 octobre 2020, lors d’une action de militants écologistes sur le Tarmac de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, aux alentours de 9h30 la gendarmerie a procédé à l’interpellation d’une dizaine de journalistes. Dans l’attente des consignes du procureur, ils ont été dans un premier temps, regroupés ensemble, indépendamment des militants. 

Puis le groupe des journalistes a été scindé en deux : les journalistes possédant une carte de presse et ceux sans carte. Le premier groupe de journalistes a été libéré aux alentours de 13h30 après leur audition en tant que témoins. Ceux qui ne possédaient pas la carte ont été placés en garde à vue et regroupés avec les militants. Leur libération n’a été effective que le soir. 

Les signataires de ce communiqué réaffirment avec force qu’arrêter des journalistes qui ne font que leur métier est inadmissible, les placer en garde à vue l’est encore davantage.

Nous nous inquiétons des entraves de plus en plus récurrentes à l’encontre des journalistes. La liberté d’informer et d’être informé nécessite leur présence, avec ou sans la carte délivrée par la Commission de la Carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP), quelles que soient les manifestations couvertes.

Nous rappelons que la carte de presse n’est en aucun cas obligatoire à l’exercice du métier de journaliste.

Le traitement différencié entre des journalistes « encartés » et non « encartés » est particulièrement alarmant. 

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré lors d’une interview à France Inter le 23 septembre 2020: « Nous n’avons jamais demandé une carte de presse pour être journaliste sur une manifestation ». 

Nous constatons une fois de plus que ceci n’est pas appliqué sur le terrain

Le Nouveau schéma national du maintien de l’ordre tel qu’il a été présenté le 17 septembre 2020 aura comme conséquence une augmentation des entraves à la liberté d’informer et d’être informé.

Paris, ce 9 octobre 2020

SIGNATAIRES : SNJ – SNJ CGT – CFDT Journalistes – SGJ FO – SIPMCS-CNT – Union Syndicale Solidaires – FEJ – CLAP (Comité de Liaison et d’Action pour la Photographie) – GARRD (Guilde des auteurs réalisateurs de reportages et de documentaires) – PAJ (Photographes, Auteurs, Journalistes) – Profession Pigiste – SAIF – SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia) – UPP – ABACAPRESS – Collectif Argos – Dysturb – Divergence – Hans Lucas – Haytham – ITEM – Le Pictorium – Modds – Myop – Pink – Signatures – Tendance floue – VU’ – 2e BUREAU – École des métiers de l’information (EMI-CFD) – Visa pour l’image – La Tribune – SDJ AFP – SDJ Franceinfo.fr – SDJ Le Média – SDJ Libération – SDJ Mediapart  – SDJ RFI – SDP  l’Humanité – Amnesty International France – Attac France – Ligue des droits de l’Homme – Acrimed – Collectif GERDA – Collectif Oeil – Collectif Youpress – La Fourmilière – Là-bas si j’y suis – La Meute – Les Incorrigibles – Mr Mondialisation – Ras la plume – REC (Reporters en Colère) – Reporterre

Télécharger le communiqué commun en pdf.

Article source: https://www.ldh-france.org/interpellations-de-journalistes-graves-menaces-sur-la-liberte-dinformer-et-detre-informe/

Communiqués de la LDH