Racisme, homophobie et discrimination au dépôt du TGI de Paris : la LDH porte plainte

Communiqué LDH

Un article du site d’information en ligne Streetpress, en date du 27 juillet 2020, révèle les accusations d’un brigadier-chef au sein d’une unité du tribunal de grande instance (TGI) de Paris qui dénonce de graves infractions commises par des fonctionnaires de police à l’encontre des personnes retenues avant et après leurs comparutions. 

Ces dénonciations ont fait l’objet de plusieurs rapports écrits émanant de ce brigadier-chef et transmis à sa hiérarchie. Ces rapports mentionnent des humiliations, des injures à caractère raciste et homophobe, des privations de nourriture et d’eau ou encore d’accès à une consultation médicale pour plusieurs personnes déférées. Ces différents faits, d’une particulière gravité, sont d’autant plus condamnables qu’ils émanent de personnes dépositaires de l’autorité publique agissant dans le cadre de leurs fonctions.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui, depuis sa création, s’attache à lutter contre toutes les formes d’arbitraire, de racisme et de discrimination, a déposé ce jour une plainte auprès du Parquet. Elle demande, depuis plusieurs années et encore récemment dans un appel commun intitulé « Vérité et justice », que les pouvoirs publics respectent et fassent respecter les droits fondamentaux en manifestant le courage de la sanction. Les coupables d’arbitraire, de violence et de racisme ainsi que ceux qui ne les ont pas sanctionnés doivent rendre compte de leurs actes.

Paris, le 30 juillet 2020

Télécharger le communiqué en format PDF

 

Article source: https://www.ldh-france.org/racisme-homophobie-et-discrimination-au-depot-du-tgi-de-paris-la-ldh-porte-plainte/

Communiqués de la LDH

Amende forfaitaire pour usage de drogues : une illusoire fermeté pour de réels effets pervers

Communiqué commun

Samedi dernier, le Premier ministre, en déplacement à Nice avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice, a annoncé en grande pompe la généralisation de l’amende forfaitaire délictuelle qui entend sanctionner de 200€ tout usage de stupéfiant. Nos organisations s’opposent à nouveau avec force à ce dispositif, nouvel avatar d’une posture de guerre à la drogue dont l’échec est depuis longtemps consommé. Un livre blanc diffusé en novembre 2018 rassemblait déjà nos arguments.

Le débat public, notamment en matière de drogues, se résume trop souvent à des slogans et ne s’appuie pas sur l’observation et l’analyse attentive du réel.

Cette « annonce », qui n’en est pas une, correspond tout simplement aux dispositions prévues par la loi du 23 mars 2019. Le déploiement du dispositif d’amende forfaitaire délictuelle prévue par cette loi était attendu. Seule, la nécessité de procéder à des adaptations techniques et organisationnelles en avait retardé la mise en place.

Les effets escomptés de ce dispositif relèvent de la pensée magique. Selon le Premier ministre l’amende forfaitaire, parce qu’elle serait distribuée de manière systématique et massive, dissuaderait les quelques cinq millions de consommatrices-eurs de cannabis, sans compter les centaines de milliers concernant les autres drogues. La demande ainsi impactée, les quartiers seraient enfin débarrassés de leurs points de deal, de la criminalité et de la violence qu’ils engendrent.

Or, la marche forcée de la justice vers des voies simplifiées de poursuite sans audience a pourtant débuté depuis des années dans le but d’augmenter le taux de réponse pénale. Le nombre d’amendes prononcées entre 2007 et 2012 pour usage de stupéfiants a été multiplié par deux, sans avoir le moindre effet sur le niveau de consommation en France ni sur l’ampleur de la circulation des produits. Par ailleurs, seuls 41% des amendes prononcées contre les usag-ères-ers de stupéfiants sont actuellement recouvrés.

Si la promesse de fermeté mise en avant par le Premier ministre est essentiellement illusoire, le dispositif n’en sera pas moins particulièrement nuisible à de nombreux égards.

  • L’infraction reste un délit inscrit au casier judiciaire, qui peut toujours être puni d’une peine d’un an d’emprisonnement.
  • La volonté de multiplier les peines d’amendes prononcées va surtout répondre aux objectifs chiffrés fixés aux forces de l’ordre, afin de présenter ensuite des statistiques favorables – politique dont on sait combien elle contribue à détériorer les relations entre la police et la population. De même, il est largement documenté depuis des années que ce sont certaines catégories de consommat-rices-eurs qui sont régulièrement interpellés, en particulier les personnes racisées ou issues des quartiers, les classes favorisées se faisant livrer leurs produits, hors des radars de la police de rue.
  • Le choix de sanctionner relèvera de la seule décision des forces de l’ordre sur la voie publique. Si une personne a besoin d’être orientée vers des conseils ou une prise en charge médico-sociale, elle aura juste une amende, tout comme celle qui a déjà été condamnée dix fois pour usage.

Il faudra bien qu’un jour, en France, nos responsables se confrontent à la réalité pour construire, avec les personnes concernées, les associations d’usagers et le concours des professionnel-le-s œuvrant dans ce champ, une véritable politique publique en matière de drogues, conjuguant régulation, prévention et réduction des risques. Chaque mois qui passe est du temps perdu pour la protection des jeunes, les plus exposés aux dangers des drogues, des personnes en situation d’addictions, pour une meilleure santé et le respect des droits humains.

Paris, le 30 juillet 2020

Télécharger en format PDF

 

Article source: https://www.ldh-france.org/amende-forfaitaire-pour-usage-de-drogues-une-illusoire-fermete-pour-de-reels-effets-pervers/

Communiqués de la LDH

Gisèle Halimi : un inlassable combat pour les droits et l’égalité

Communiqué LDH

Gisèle Halimi nous a quittés après une vie de combats en faveur des droits des femmes et celles-ci viennent de perdre une défenseuse acharnée de leur cause. Le nom de Gisèle Halimi est à jamais associé au procès de Bobigny, moment clef dans l’histoire des femmes puisqu’il ouvrit la voie à la dépénalisation de l’avortement et à la loi Veil. Ce procès fut aussi celui du viol et, en cela, il résonne encore aujourd’hui comme une sorte de préambule au mouvement Me too, comme une première victoire contre le tabou des violences sexuelles et sexistes.

Viscéralement déterminée à lutter contre toutes les formes d’injustice, Gisèle Halimi n’eut pas peur de défendre celles et ceux qui, en Algérie, se battaient contre le colonialisme. Avocate de plusieurs membres du Front de libération nationale (FLN), elle dénonça, avec courage, les agissements d’une armée qui n’hésitait pas à employer la torture pour obtenir les aveux de femmes et d’hommes engagés dans la cause indépendantiste.

Parce qu’elle était pleinement convaincue qu’il appartenait aux femmes de conquérir, aux côtés des hommes, leur place dans l’espace public, Gisèle Halimi s’engagea également dans la vie politique, témoignant ainsi de sa volonté permanente d’être sur le terrain de l’action.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) présente toutes ses condoléances à ses proches et salue avec beaucoup d’émotion la mémoire d’une femme qui, sous des formes différentes, ne cessa de lutter en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle restera, à ce titre, une figure marquante du féminisme de ces dernières décennies.

Paris, le 29 juillet 2020

Télécharger le communiqué en format PDF

Article source: https://www.ldh-france.org/gisele-halimi-un-inlassable-combat-pour-les-droits-et-legalite/

Communiqués de la LDH

Combien de morts faudra-t-il encore ?

Communiqué commun

Le 10 juillet 2020, un exilé soudanais a été retrouvé noyé dans le canal Saint-Denis près de Paris, non loin du campement où il vivait avec des centaines d’autres.

Ce n’est pas la première fois et, si l’Etat et les collectivités locales ne déploient pas les moyens nécessaires au respect des droits fondamentaux des personnes exilé-e-s, ce ne sera certainement pas la dernière fois qu’un tel drame se produit.

Pourtant, les exilé-e-s, les collectifs et les associations dénoncent depuis des années ces conditions de vie désastreuses, inhumaines et dégradantes auxquelles sont soumises les personnes en procédure d’asile. Régulièrement, ils rappellent à l’Etat son obligation de leur octroyer un hébergement et celle de mettre à l’abri toute personne en situation de précarité.

Le 2 juillet 2020, la Cour européenne des droits de l’Homme a d’ailleurs condamné la France pour son manque d’assistance aux demandeurs d’asile, contraints de vivre « dans la rue » et « privés de moyens de subsistance », constitutif d’un traitement inhumain et dégradant contraire à l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.

Plus la situation se dégrade, plus la réponse de l’Etat est grotesque, inaudible et dangereuse.

Quand les personnes exilé-e-s demandent un hébergement, l’Etat répond en expulsant les campements qui constituent leurs seuls lieux de vie possibles, les dispersent et détruit leurs biens. Que ce soit à Paris, à Aubervilliers, à Calais ou ailleurs, ces opérations s’accompagnent, de surcroît, d’une violence systématique et extrême de la part de la police.

Pourtant, ces opérations sont inutiles et fragilisent chaque fois davantage la situation des exilé-e-s, déjà contraintes de vivre dans une situation de très grande précarité, « dans la rue, sans ressources, sans accès à des sanitaires, ne disposant d’aucun moyen de subvenir à leurs besoins essentiels et dans l’angoisse permanente d’être attaqués et volés. », ce qui induit des « sentiments de peur, d’angoisse ou d’infériorité propres à conduire au désespoir » (Arrêt CEDH, 2 juillet 2020, N.H. et a. c/ France, §184).

Par ailleurs, même lorsque l’Etat français héberge des personnes en procédure d’asile, ce n’est que temporairement. La liste des personnes en attente est longue, de sorte que certaines sont expulsées pour que d’autres puissent, pour quelques jours, être mises à l’abri. En somme, on chasse les uns pour faire de la place aux autres.

En ne réglant rien, cette situation ubuesque s’inscrit dans la logique de dissuasion qui caractérise depuis de longues années la politique française à l’égard des personnes en demande d’asile. Cette politique ira-t-elle jusqu’à l’annihilation des exilé-e-s, jusqu’à les faire sombrer dans la folie ?

À ce jour, l’Etat français est responsable du désespoir, des blessures et des morts des personnes exilé-e-s.

Cette politique meurtrière doit s’arrêter !

Paris, le 27 juillet 2020

Signataires : Gisti, Droits d’urgence, Ligue des droits de l’Homme, Solidarité Migrants Wilson, Watizat

Article source: https://www.ldh-france.org/combien-de-morts-faudra-t-il-encore/

Communiqués de la LDH

Lettre ouverte de LDH à l’attention du Premier ministre au sujet de la Miviludes

A l’attention de Jean Castex, Premier ministre

Paris, le 22 juillet 2020

Monsieur le Premier ministre,

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) regrette profondément le projet de transfert de la Miviludes, placée sous votre autorité, au secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), intégré au ministère de l’Intérieur.

Comme nous l’avions exprimé à votre prédécesseur, avec de nombreuses associations et des parlementaires de quasiment toutes les familles politiques, ce transfert marque « un changement d’orientation du gouvernement et le primat accordé à la lutte contre la radicalisation plutôt qu’à l’emprise sectaire. Faut-il le rappeler ici, la radicalisation est un phénomène récent, qui, s’il emprunte certaines techniques de mise sous emprise au phénomène sectaire, relève de buts premiers biens différents, à savoir des objectifs géographico-économiques ».

Cette nouvelle donne appelle à la vigilance de la LDH, en concertation avec de nombreuses associations, sur plusieurs points, à savoir :
– une augmentation notable du nombre de postes de conseillers et conseillères de la mission, afin que la qualité du travail réalisé soit en adéquation avec l’ampleur de la tâche qui leur est actuellement confiée,
– l’octroi d’un budget fortement accru qui permette un  fonctionnement correct et une politique de prévention en accord avec l’importance grandissante du phénomène,
– la mise à disposition de locaux leur permettant de travailler sereinement, avec un accès direct à leurs archives, et de recevoir leurs visiteurs dans des conditions dignes, tout en préservant l’anonymat des victimes,
– le maintien de la possibilité de contact direct avec les conseillers et conseillères de la Miviludes, que ce soit par l’intermédiaire du site, par courrier ou par téléphone, dont les réponses circonstanciées sont très précieuses,
– le maintien de l’acronyme « Miviludes » qui permet l’identification et la mémorisation du rôle de cette institution,
– le maintien du site Internet, source précieuse d’informations,
– la sauvegarde et le secret des sources de toutes les archives, que ce soit sous la forme papier ou numérique,
– l’ouverture d’une réflexion de nature législative qui permette de graver la mission dans la loi et de renforcer les textes qui définissent les phénomènes d’emprise mentale afin qu’ils soient adaptés à l’évolution de la problématique, telle qu’observée aujourd’hui.

La LDH rappelle que la Miviludes doit conserver sa dimension interministérielle et rester impérativement un des outils privilégiés de la protection que la République doit aux plus faibles et aux plus vulnérables.

Je vous prie de croire, Monsieur le Premier ministre, en l’expression de ma haute considération,

Roland Biache
Secrétaire général de la LDH

Télécharger le courrier en format pdf

Article source: https://www.ldh-france.org/lettre-ouverte-de-ldh-a-lattention-du-premier-ministre-au-sujet-de-la-miviludes/

Communiqués de la LDH

Les citoyens européens méritent plus et mieux du budget de l’UE

Comme l’ont déclaré les acteurs de la société civile et le Parlement européen, les décisions du Conseil concernant le budget pluriannuel de l’UE ne sont pas acceptables. La mobilisation et les discussions
institutionnelles à venir doivent remédier à ses insuffisances et à ses mauvaises orientations.
Au lendemain de la réunion du Conseil, de nombreux chefs d’État ont fait état de “résultats” qui sont en fait leurs souhaits lorsqu’ils n’ont pas fait d’annonces trompeuses qui ne correspondent pas vraiment aux faits.
Pour nous, “un avenir différent du passé” après l’énorme choc de la Covid‐19 signifie une approche de solidarité généralisée pour s’attaquer à la désagrégation exacerbée pour l’accès effectif aux droits fondamentaux que la crise a produite. Au lieu de cela, nous avons entendu plus que jamais des chefs d’État faire des déclarations cyniques, provocantes ou d’autojustifications.

Par exemple, rappelons que les dirigeants hongrois et polonais ont crié victoire parce que les fonds européens seraient versés même en cas de non‐respect de l’État de droit. Ne devrions‐nous pas plutôt les
entendre se vanter que nulle part dans l’UE l’État de droit est violé ?
De même, le dirigeant néerlandais a crié victoire pour la réduction des subventions aux pays qui souffrent le plus des effets de la pandémie, parce qu’à son avis les subventions ne devraient pas aller à l’Italie, un pays dont il ne croit pas à la capacité de réforme. Une approche européenne aurait été de revendiquer une victoire pour avoir agréé le plus grand financement possible pour faire face à la plus importante crise vécue.

Un message essentiel pour le président français a été que certains des objectifs qu’il avait mis en avant lors d’un discours à la Sorbonne en septembre 2017 trouvaient écho dans les résultats de la réunion. Non seulement cela est discutable, mais il aurait été plus utile d’entendre des opinions sur la manière de faire
face aux conséquences de la réduction décidée des subventions disponibles.

De tels discours sont autant de messages désastreux envoyés aux citoyens de l’Union européenne qui ont participé en si grand nombre aux élections de 2019, montrant ainsi leur attachement à un avenir européen partagé.

La proposition de budget pluriannuel du Conseil européen ne répond pas aux défis du moment

Au‐delà d’un comportement inquiétant des dirigeants qu’on attendrait plutôt à se concentrer sur le bien commun européen lorsqu’ils entrent dans les réunions du Conseil, les décisions pris apportent de mauvaises nouvelles. Mentionnons‐en quelques‐unes, parmi les plus importantes.

De nombreuses stratégies et politiques prioritaires qui sont emblématiques des ambitions de l’UE au‐delà de son strict mandat économique, financier et monétaire voient leur budget baisser : transition écologique et biodiversité, lutte contre le changement climatique, santé, éducation, égalité femmes‐hommes,
innovation numérique, asile et immigration, aide humanitaire, démocratie et valeurs fondamentales.

De nombreux programmes importants seront réduits ou laissés avec un budget insuffisant : “Erasmus” qui est un programme phare pour la construction d’une jeunesse européenne tournée vers l’amitié ; le
programme “droits et valeurs” qui vise à soutenir les défenseurs de la société civile des valeurs humanistes européennes revendiquées ; “NDICI” qui est le bras de la solidarité internationale et du développement pour le soutien de l’UE aux pays en développement ; le programme “Europe créative” qui soutient la culture et les médias ; les programmes de recherche qui visent à soutenir l’innovation et la construction des connaissances ; le programme “EU4Health” qui a été présenté comme l’approche commune d’un bouclier sanitaire européen partagé.

Nous voyons un cimetière complet d’ambitions abandonnées qui couvrent des secteurs clés pour d’une Europe en commun. Il est frappant de constater que cela peut se décider dans le cadre d’une réunion du Conseil européen, derrière des portes fermées, sans donner lieu à un débat public préalable.

Un autre sujet de préoccupation est de constater qu’à ce niveau de moyens, le budget européen pour faire face aux conséquences de la crise apparait comme un simple complément à la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne, et non comme l’essentiel pour répondre aux défis des dégâts de la crise.

Même pour l’Italie, principal bénéficiaire de ces fonds, les 81 milliards d’euros de la composante “dons” correspondent à un financement direct de 1,5 % de son PIB pour une période de trois ans, durée bien limitée si l’on considère le temps nécessaire pour sortir de la crise.

Les partisans de l’accord nous demandent de construire notre opinion sur l’avancée qu’est l’émission d’une dette commune européenne. C’est en effet une réalité. Mais l’absence de précision quant aux modalités de son remboursement laisse ouverte l’inquiétante perspective de devoir utiliser les futurs budgets
pluriannuels ordinaires pour le faire.
Et enfin, comment ne pas revenir sur la question de l’État de droit, problème qui ne devrait pas exister dans
la réalité de l’Union européenne. Pourtant, dans la réalité, nous avons des pays où l’État de droit est attaqué et où les acteurs civiques doivent continument mobiliser contre des violations. L’attente était forte pour que le Conseil européen décide le lier le versement des fonds de l’UE au respect de l’État de droit. Un
mandat imprécis a été donné à la Commission pour maintenant concevoir des conditions aux déboursements, ce qui n’incite pas à l’optimisme. Ainsi, le message donné aux citoyens est que le respect
des droits et des valeurs n’est pas une condition préalable à un accord sur les dépenses du budget européen.

Le Forum Civique Européen considère que les décisions adoptées par le Conseil pour le cadre financier pluriannuel et NGUE sont globalement inacceptables. Elles ne reflètent pas les attentes des citoyens que la crise a suscité, elle n’est pas propice à la consolidation d’une citoyenneté européenne reposant sur
d’avantage de commun dans l’UE.

La déclaration votée par le Parlement européen met en avant les enjeux cruciaux.
Il est habituel de voir la société civile demander le soutien des institutions dans le cadre des combats qu’elle mène. Mais lorsque c’est le Parlement européen qui interpelle sur des questions centrales et précises en matière de démocratie, d’inclusion européenne et des valeurs fondamentales, la société civile
démocratique a toutes les raisons de cheminer de conserve.

Le 23 juillet, le Parlement européen a voté une très importante résolution sur les décisions du Conseil européen. Après avoir caractérisé la mise en place du fonds de relance comme une étape historique, le mot qu’il utilise le plus est “déplorer”.

Le Parlement européen déplore la priorité donnée aux intérêts nationaux et à la méthode intergouvernementale ; la réduction des ressources ; l’exclusion du Parlement (la seule institution
directement élue) de la gestion de l’accord ; l’absence du respect des valeurs fondamentales de l’UE comme condition pour l’accède aux financements européens; les rabais sur les contributions accordés à
certains États ; la réduction des financements pour les priorités stratégiques et des programmes fondamentaux.

Le FCE se félicite vivement de la résolution du Parlement européen qui converge avec notre approche des questions en jeu pour le budget européen, et qui dit clairement des vérités sur les débats et les décisions du Conseil européen.

Nous soutenons la volonté exprimée par le Parlement européen d’obtenir la pleine reconnaissance de son rôle dans l’architecture institutionnelle de l’UE, et en l’occurrence pour son droit d’améliorer l’accord agréé au Conseil européen avant qu’il ne vote une approbation.

La voix de la société civile démocratique et des acteurs sociaux doit se faire entendre avec force en ce moment délicat et important. Les étapes institutionnelles qui viennent avant l’adoption du budget donnent encore une marge de manœuvre pour une meilleure direction, pour plus de solidarité et plus d’inclusion. Mais le temps presse, agissons ensemble !

Le 24 juillet 2020

Télécharger le communiqué format pdf.

 

Article source: https://www.ldh-france.org/les-citoyens-europeens-meritent-plus-et-mieux-du-budget-de-lue/

Communiqués de la LDH

La LDH dans la presse du 17 au 23 juillet 2020

Télécharger la revue de presse de la LDH du 17 au 23 juillet 2020.

Article source: https://www.ldh-france.org/la-ldh-dans-la-presse-du-17-au-23-juillet-2020/

Communiqués de la LDH

La LDH soutient le film “Police, illégitime violence” de Marc Ball

Disponible en version gratuite sur Internet

En décembre 2015, dix-huit jeunes du 12e arrondissement de Paris déposaient pour la première fois en France une plainte collective contre les agissements et violences exercés à leur encontre par onze policiers d’un groupe de sécurisation de quartier se faisant appeler « Les Tigres ».

Le documentaire de Marc Ball retrace le combat de ces jeunes et de leur soutien, éducateurs spécialisés, avocats, militants de plusieurs organisations organisées en collectif[1]. Cette mobilisation a permis de documenter et comprendre la situation de discrimination vécue, dans l’arrondissement, par les jeunes issus de l’immigration.

La révélation des violences subies par les jeunes plaignants a été un choc car elle a mis en évidence la détérioration des pratiques de maintien de l’ordre à l’égard de ces habitant-e-s, dont certains n’avaient pas plus de 13 ans : racisme, humiliations, agressions verbales, actes violents, les agissements de certains policiers attestent de graves dysfonctionnements dans la chaîne de commandement et dans la perception que ces fonctionnaires de police se font de la déontologie de leur métier. Recueillir le témoignage des victimes était difficile car ceux-ci se méfient de l’instrumentalisation qui peut être faite de leur souffrance. Le réalisateur a su gagner leur confiance de sorte que son enquête de terrain rend remarquablement compte des raisons qui ont poussé les dix-huit plaignants à briser un lourd silence.

Presque cinq ans ont passé depuis le dépôt de la plainte. En avril 2018, trois des policiers mis en cause ont été condamnés, en première instance, à des peines de prison avec sursis. Ils ont fait appel. On doit à la ténacité des avocats des plaignants d’avoir poursuivi le combat juridique par le dépôt d’une nouvelle plainte, cette fois au civil, contre l’Etat sur la base des pratiques discriminatoires documentées. Cette plainte a donné l’occasion, le 12 mai dernier, à Jacques Toubon, Défenseur des droits, de dénoncer des contrôles et des violences policières discriminatoires systémiques. Dans une interview à Mediapart, Me Slim Ben Achour, avocat des plaignants, a souligné le caractère historique d’une telle décision car elle reconnaît « un système discriminatoire, et cela au sein de la police ».

Il est très rare que les victimes de violences policières parviennent à obtenir reconnaissance et réparation des torts causés. D’où l’impérieuse nécessité de soutenir ces témoignages et ce documentaire qui les porte sur le devant de la scène. Ce qui rejoint la mobilisation de la LDH et ses revendications contre l’impunité des violences policières. 

En savoir plus sur le film.

Thématiques : violences policières, justice, démocratie

[1] LDH Paris 12e, Commune libre d’Aligre, Attac 12e, association MCDS, club de prévention Soleil, Amnesty International 12e, RESF-12e, centre social Relais 59, des habitant-e-s du 12e.

Police, illégitime violence
Réalisation : Marc Ball

Article source: https://www.ldh-france.org/la-ldh-soutient-le-film-police-illegitime-violence-de-marc-ball/

Communiqués de la LDH

26e université d’automne : sciences, confiance et démocratie

En collaboration avec La Vie de la recherche scientifique

26e université d’automne de la LDH, les 28 et 29 novembre 2020,

à l’Espace Reuilly, 21 rue Hénard, 75012 Paris (métro Montgallet ou Dugommier) 

Si nombre d’enquêtes d’opinion montrent une forte confiance dans la science, elles révèlent aussi un soupçon croissant envers l’objectivité des scientifiques, leur indépendance ou leur capacité à s’extraire de leurs intérêts particuliers. La crise sanitaire avec les débats qui l’ont traversée n’a fait qu’accentuer cette défiance. Les causes en sont multiples. Pour en percevoir les conséquences, il faut rappeler que la démocratie ne se réduit pas au vote mais repose sur une étape cruciale, celle de la délibération. Et c’est là qu’intervient le rôle du scientifique : éclairer cette délibération. De fait, le débat démocratique implique non seulement un socle de valeurs communes mais aussi la reconnaissance d’une même réalité échappant aux préjugés et aux diverses visions du monde. C’est essentiel dans un monde de plus en plus complexe et confronté à des défis considérables.

Il s’agira donc dans cette université d’automne de réfléchir aux facteurs expliquant cette défiance mais aussi de s’interroger sur les conditions à créer pour construire du commun autour et à partir de la science. L’enjeu en est que les scientifiques puissent jouer tout le rôle qui doit être le leur dans une société démocratique et que les citoyens puissent s’appuyer sur les apports des sciences pour délibérer et faire des choix politiques, économiques, sociaux, environnementaux éclairés.

Gérard Aschieri, rédacteur en chef d’Hommes Libertés

Pour vous inscrire en ligne

Programme provisoire.

Samedi 28 novembre (9h30-12h)

9h30 – Ouverture

Accueil par Emmanuelle Pierre-Marie, maire du 12e

Courte présentation et animation de la matinée : Gérard Aschieri, rédacteur en chef d’Hommes Libertés

Ouverture : quel rôle de la science dans la société ? Quels enjeux ? (10h-12h)

« Grands témoins » : Bruno Canard (directeur de recherche au CNRS, virologue à Aix-Marseille), Valérie Masson-Delmotte (Giec) (sous réserve),  John Crowley (chef de section recherche, politique et prospective à l’Unesco)

Samedi 28 novembre (13h30-18h)

Table ronde 1 (13h30-14h50) : y a-t-il une vérité scientifique ? Les divers niveaux de scientificité 

Animation : Daniel Boitier, membre du Comité central de la LDH

Michel Blay (président du Comité pour l’histoire du CNRS), Laurence De Cock (historienne, professeure d’histoire, membre du conseil d’administration du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire et du Comité central de la LDH), Dorothée Berthomieu (directrice de recherches en chimie au CNRS, présidente du Conseil scientifique du CNRS)

Table ronde 2 (15h- 16h30) : aux sources de la défiance

Sylvestre Huet (journaliste scientifique), Maryvonne Holzem (maître de conférences en sciences de l’information à l’université de Rouen), Julien Hernandez (journaliste scientifique), Daniel Agacinski (chef de projet à France Stratégie)

Table ronde 3 (16h40-18h) : les femmes dans la recherche : invisibles ?

Hélène Gispert (professeure émérite d’histoire des sciences à l’université Paris Saclay et membre de l’Institut de recherches de la FSU), Sophie Pochic (sociologie et directrice de recherches CNRS), Sandrine Rousseau (présidente de la Conférence permanente des chargé.e.s de mission égalité et diversité – CPED)

Dimanche 29 novembre (9h-12h30)

Animation des tables rondes de la matinée Françoise Dumont, présidente d’honneur de la LDH

Table ronde 1 (9h-10h45) : éthique et intégrité scientifique

Rémy Mosseri (référent intégrité scientifique du CNRS), Lionel Zmirou-Navier (prédisent CNDAspe), Hervé Chneiweiss (président du comité d’éthique de l’Inserm, Fabienne Orsi (économiste chargée de recherche à l’Institut de recherche pour le développement d’Aix-Marseille)

Table ronde 2 (11h-12h30) : quelle éducation scientifique ? Comment former à l’esprit critique et à la démarche scientifique ? 

Michel Goldberg (maître de conférences à l’université de La Rochelle), un représentant des Petits Débrouillards (sous réserve), Thomas Durand (écrivain, biologiste, cofondateur de l’Association pour la science et la transmission de l’esprit critique (Astec) et de la chaîne YouTube La Tronche en biais), Olivier Sartenaer (chercheur en communication et vulgarisation scientifiques à l’université de Louvain)

Dimanche 29 novembre (14h-16h30)

Table ronde 3 (14h-16h30) : que faire pour améliorer le fonctionnement de la recherche et sa place dans la société ?

Aude Lapprand (déléguée générale chez Sciences citoyennes) (sous réserve), Sylviane Lejeune (CGT CESE rapporteure d’un avis sur la recherche), Marie-Aleth Grard (présidente d’ATD Quart monde, membre du Conseil scientifique Covid-19), Patrick Monfort (secrétaire général du Syndicat national des chercheurs scientifiques – SNCS-FSU), Luc Abbadie (sous réserve) (professeur d’écologie à Sorbonne Université – vice-président du Conseil scientifique de l’Office français de la biodiversité)

Animation et conclusions, Malik Salemkour, président LDH

Pour vous inscrire en ligne

 

Article source: https://www.ldh-france.org/26e-universite-dautomne-sciences-confiance-et-democratie/

Communiqués de la LDH

Stop à la haine raciste

Communiqué LDH

Après qu’un chauffeur de bus eut été tué à Bayonne le 5 juillet 2020, des militants d’extrême droite ont diffusé sur les réseaux sociaux les photos de deux personnes décrites comme d’origine étrangère, affirmant qu’il s’agissait de deux des quatre auteurs présumés de ce crime. Les élus du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella, ont relayé ces photos accompagnées de commentaires menaçants : « il est temps que la peur change de camp ».

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) est choquée par la mort de Philippe Monguillot dans l’exercice de ses fonctions à la suite d’une agression intolérable et exprime son soutien moral à la famille et aux proches de celui-ci. Le ou les auteurs de ce crime doivent être poursuivis par la justice et sanctionnés à la mesure de cet acte odieux.

Fidèle à sa tradition de délation et de haine raciste, par ces messages publics sur les réseaux sociaux, l’extrême droite a voulu instrumentaliser cette mort. En faisant ainsi, elle appelle à l’esprit de vengeance, attise la xénophobie et le racisme. Une nouvelle fois, elle stigmatise des catégories de la population comme responsables de tous les maux de la société et, de fait, incite à la violence.

La LDH demande à la justice de se saisir de cette incitation à la haine en ligne en poursuivant ses auteurs racistes et les éventuelles complicités, notamment en éclairant les conditions dans lesquelles des photos d’identification policière ont pu être récupérées et utilisées par ces militants d’extrême droite.

Paris, le 21 juillet 2020

Télécharger le communiqué en format PDF

Article source: https://www.ldh-france.org/stop-a-la-haine-raciste/

Communiqués de la LDH