Pour la libération du président de RAJ et membre du Forum Social Maghrébin Abdelouaheb Fersaoui a et Tous les prisonniers politiques du Hirak en Algérie

Pétition dont la LDH est signataire

Cela fait plus d’un an qu’a surgi en Algérie un mouvement populaire massif et inédit dans l’histoire de ce pays faisant renaitre l’espoir pour les Algériennes et les Algériens, et au-delà pour toutes les maghrébines et les maghrébins  pour un pays libre et démocratique où les citoyen-ne-s vivent dans la sécurité et dans la dignité. 

Malgré son caractère pacifique, son atout majeur et décisif, le pouvoir autoritaire n’a cessé de multiplier les actes de répression : kidnappings, arrestations arbitraires de militants et de manifestants, passages à tabac de manifestants, matraquages médiatiques et les campagnes de haine sur les réseaux sociaux, bouclage par la gendarmerie de la capitale, présence policière massive, etc. Tout particulièrement visés les animateurs de la vie politique et associative qui jouent un rôle important dans la mobilisation populaire. Il en est ainsi de notre camarade Abdelouahab Fersaoui, membre éminent du forum Social maghrébin et partenaire d’EuroMed Droits.

Abdelouahab Fersaoui, président de l’association RAJ (Rassemblement – Action – Jeunesse) a été arrêté par la police à Alger le 10 octobre 2019, lors d’un rassemblement de soutien aux détenu-e-s d’opinion en Algérie. Alors qu’il manifestait de manière pacifique, il est poursuivi pour « incitation à la violence» et « atteinte à l’intégrité territoriale ».  Depuis cette date, la justice a rejeté toutes les demandes de libération et ne cesse de prolonger sa détention. La dernière en date est une prolongation de 4 mois alors que la précédente s’achevait ce lundi 10 février. 

Nous, militant-e-s, citoyen-ne-s maghrébin-e-s et solidaires, signataires de cet appel, condamnons cette détention arbitraire de notre camarade Abdelouaheb Fersaoui, ainsi que toutes celles des journalistes, étudiants et militants, ou simples citoyens et demandons leur libération sans délai et sans condition en conformité avec les lois algériennes qui garantissent la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement et en respect des engagements internationaux de l’Algérie, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques que l’Algérie a signé et ratifié.

Associations :

Agir pour le Changement Démocratique en Algérie – ACDA ; Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie – ACORT; Association ADALA – Maroc ; ASBL Na’oura Bruxelles ; Association BEITY – Tunisie ; Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis – AFAPREDESA ; Association Nomad08 – Tunisie ; Association Démocratique de Tunisiens en France- ADTF ; Association Marocaine des Droits de l’Homme – AMDH ; Association des Travailleurs Maghrébins en France – ATMF ; Association Tunisienne des Femmes Démocrates – ATFD ; Association Vigilance pour la Démocratie et l’Etat civique – Tunisie ; Centre Euro-Méditerranéen Migration et Développement (EMCEMO) – Pays-Bas ; Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie – CRLDHT ; Comités pour le Développement et le Patrimoine (CDP) – Palestine/France ; Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie – Belgique ; Coordination Maghrébine des Organisations des Droits de l’Homme – CMODH ; Forum Associatif – FAS – Maroc ; Forum Marocain des Alternatives Sud – FMAS ; Forum Marocain Vérité et Justice – FMVT ; Fondation Ahmed Tlili – Tunisie ; Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux – FTDES ; Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires – FUIQP ; Immigration Développement Démocratie – IDD  ; Ligue Algérienne des Défenseurs des Droits de l’ Homme – LADDH ; Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme – LTDH  ; Plateforme Euro-Marocaune – MDDC ; Organisation pour les libertés d’information et d’expression OLIE/HATEM ; Réseau Amazighe pour la Citoyenneté – Azetta – Maroc ; Réseau Espace Libre Mohammedi – Maroc ; SOS Migrants – Belgique

Syndicats :

Confédération Générale des Travailleurs en Algérie – CGTA ; SNAPAP- Syndicat Autonome de l’Administration Publique en Algérie ; Union Général du Travail de Tunisie – UGTT ; Syndicat National des Journalistes Tunisiens – SNJT

Article source: https://www.ldh-france.org/pour-la-liberation-du-president-de-raj-et-membre-du-forum-social-maghrebin-abdelouaheb-fersaoui-a-et-tous-les-prisonniers-politiques-du-hirak-en-algerie/

Communiqués de la LDH

La LDH soutient le film « Demain est si loin », De Muriel Cravatte

Crissements de pas, la nuit, sur une neige gelée. Des ombres se dessinent peu à peu dans le jour qui se lève. Nous sommes au col de Montgenèvre, que traversent des migrants que l’on retrouve bientôt au Refuge solidaire de Briançon, épuisés, mais soulagés. Ces premières images du film résument assez bien la situation : d’un côté, des exilé-e-s qui traversent la frontière franco-italienne au péril de leur vie, de l’autre le Refuge solidaire – qui a ouvert ses portes en juillet 2017- lieu de repos et de soutien pour ces migrants, où se relaient une cinquantaine de bénévoles, qui savent que la montagne peut tuer, veulent venir au secours de leurs « frères » et se mobilisent contre la politique répressive du gouvernement. Pas très loin, menaçante, la Police aux frontières (PAF), que l’on voit parfois partir en « reconnaissance », et ramener ceux qu’elle a arrêtés.

Le film de Muriel Cravatte alterne moments de vie au Refuge, maraudes, diverses manifestations, avec, en très belle ponctuation régulière, de superbes images de montagne.

Il nous fait partager le quotidien du Refuge : repas dans une ambiance chaleureuse, repos dans les chambres, soins de santé, moments de détente dans la cour, questions aux nouveaux arrivants, qui viennent de Côte d’Ivoire, de Guinée, du Sénégal… Ils disent des bribes de leur histoire, souvent éprouvante, avec parfois des séjours traumatisants en Lybie, certains évoquent leurs difficultés à passer le col : poursuites dans la montagne, tentatives renouvelées après avoir été ramenés en Italie par la police. Certains ont avec eux de jeunes enfants. Tous aimeraient pouvoir vivre une vie « normale ». Les bénévoles leur expliquent leurs droits, les conseillent, mais sont clair-e-s : le Refuge ne les aide pas dans leurs démarches pour les demandes d’asile mais leur offre un moment de repos et peut les mettre en relation avec leur réseau d’amis. Quand les migrants ont repris des forces, les bénévoles les aident à prendre un train, souvent pour Paris, mais il arrive qu’ils soient arrêtés à l’arrivée.

Nous suivons deux maraudes de bénévoles qui partent en montagne la nuit pour aller à la rencontre de nouveaux arrivants. La police n’est pas loin, l’atmosphère est tendue.

Nous assistons aussi à plusieurs rassemblements/manifestations. Le premier, très festif, dans une grande prairie, avec orchestre et danse, et une grande affiche SOLIDARITE#DELIT. Un bénévole relate la chute de jeunes gens poursuivis sur une falaise par des policiers. Certains en gardent des séquelles. « Personne ne mourra chez nous » lance un autre.

Un autre rassemblement, très émouvant, est organisé en l’honneur de Blessing, jeune nigériane de 20 ans qui, poursuivie par la police, est tombée dans une rivière en crue et s’y est noyée. Sa sœur, qui vit en Italie, n’a pas eu le droit de venir se recueillir auprès de son corps. Autre rassemblement, dans une grande salle, pour soutenir des bénévoles qui vont passer au tribunal – le fameux procès des 3+4 de Briançon – pour avoir participé à une marche de protestation contre l’action des « identitaires » au col de l’Echelle. « Nos montagnes ne deviendront pas un cimetière » assure l’un d’eux, qui dénonce vigoureusement les façons d’opérer de la police. Suit une manifestation d’envergure devant le tribunal de Gap où se tient le procès. A l’annonce du verdict, très sévère, la manifestation devient de plus en plus houleuse. « Vous avez choisi le camp de la mort » lance un des accusés.

Ce beau film, souvent très émouvant, où résonnent des paroles très fortes, pleines d’humanité, des bénévoles, est un document essentiel qui dénonce la politique du gouvernement à l’égard des migrants, mais aussi une ode à la solidarité et une rencontre exceptionnelle, pleine de vie, avec les exilé-e-s qui cherchent une vie meilleure.

 

Thématiques : Migrations/ Droits des étrangers/Discriminations/Violences policières

Demain est si loin

Film documentaire, France

Réalisation : Muriel Cravatte

Durée : 1h26

Article source: https://www.ldh-france.org/la-ldh-soutient-le-film-demain-est-si-loin-de-muriel-cravatte/

Communiqués de la LDH

Allemagne : quand le racisme tue encore

Communiqué LDH

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) exprime sa profonde solidarité envers les victimes de la tuerie de Hanau en Allemagne qui a causé la mort de neuf personnes et de graves blessures à cinq autres.

Les motivations du terroriste d’extrême droite qui a frappé des victimes d’origine kurde ne font aucun doute. L’auteur, qu’on a trouvé mort chez lui au côté du corps sans vie de sa mère, avait réalisé un manifeste et une vidéo dans lesquels il désignait, dans la plus pure tradition nazie, des « peuples à éliminer ».

Cette tragédie intervient dans le double contexte d’un retour en force en Allemagne du terrorisme d’extrême droite et de succès électoraux inédits pour les partis d’extrême droite néonazis dans ce pays.

Huit mois après l’assassinat de Walter Lübcke, accusé d’être trop « pro-immigration », quatre mois après l’attaque de la synagogue de Halle par un néonazi et alors qu’on sait, après l’arrestation de douze personnes, que de nombreux attentats contre des mosquées étaient préparés par un groupuscule d’extrême droite appelé « Le Noyau dur », une prise de conscience douloureuse s’impose.

Non, l’extrême droite n’est pas qu’un mauvais souvenir : elle est parmi nous. La succession d’attentats racistes visant tour à tour les migrants, les juifs, les musulmans prouve que rien ne saurait banaliser l’idéologie qu’elle répand. Ce n’est pas seulement le problème des Allemands mais de l’Europe.

C’est partout que les discours antimigrants ou conspirationnistes font le lit de ce terrorisme d’extrême droite trop souvent relativisé ou, pire encore, banalisé. Il est urgent que l’Europe en prenne la mesure et en tire toutes les conséquences. La LDH appelle les citoyennes et citoyens à ne pas baisser la garde devant le racisme, quels qu’en soient les formes, les arguments, les degrés de violence et les cibles.

Dans l’immédiat, la LDH s’associe au rassemblement devant l’ambassade d’Allemagne, 13/15 Avenue Franklin Delano Roosevelt, 75008 Paris, ce jeudi soir à partir de 18h45.

Paris, le 20 février 2020

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Article source: https://www.ldh-france.org/allemagne-quand-le-racisme-tue-encore/

Communiqués de la LDH

Procès de Julian Assange, l’extradition vers les Etats-Unis violerait gravement les droits de l’Homme

Communiqué commun

Le 19 février 2020, la Maison des Lanceurs d’Alerte et seize organisations de France (Ligue des droits de l’Homme, La Quadrature du Net, Syndicat national des journalistes), d’Allemagne (Whistleblower Netzwerk), des Pays-Bas (Liga voor de Rechten van de Mens), d’Espagne (Xnet, Fondation Baltasar Garzón), de Suisse (Ligue suisse des droits de l’Homme, Adetra, Solidarité Bosnie, Cetim), de Belgique (Ligue des droits humains), d’Europe (Association européenne pour la défense des droits de l’Homme, EuroMed Droits) et du monde (Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme, The Signals Network) ont saisi la commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, du cas de Julian Paul Assange, fondateur de Wikileaks.

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Dans ce mémo, les signataires demandent à la commissaire d’intervenir en faveur de la libération immédiate de Julian Assange et à l’abandon des charges pesant sur ce dernier.

En 2012, Julian Assange s’est réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres pour échapper à une extradition vers la Suède, pays dans lequel il aurait été exposé à un renvoi vers les États-Unis. Il y a séjourné près de sept années dans des conditions qualifiées de « détention arbitraire » par le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Le 11 avril 2019, suite au retrait par l’Équateur de son droit d’asile, la police britannique a procédé à l’arrestation du fondateur de Wikileaks au prétexte que ce dernier avait violé les termes de sa libération conditionnelle. Celui-ci a été immédiatement incarcéré dans la prison de haute sécurité de Belmarsh où il séjourne jusqu’à ce jour.

Le 25 février puis le 18 mai 2020, un tribunal britannique décidera du sort de Julian Assange, en se prononçant sur la demande d’extradition présentée par les États-Unis. Pays dans lequel un grand jury de l’état de Virginie a engagé, le 23 mai 2019, des poursuites contre le fondateur de Wikileaks sur fondement de l’« Espionage Act » de 1917. Les dix-huit charges que ce grand jury a retenues contre lui l’exposent à une peine de cent soixante-quinze ans de prison.

Les signataires ont, en premier lieu, attiré l’attention de la commissaire sur la gravité des conséquences que pourraient avoir un renvoi de l’intéressé vers les États-Unis. L’enfermement dans lequel Julien Assange s’est trouvé pendant près de sept ans au sein de l’ambassade d’Équateur, suivi d’une détention de presque un an dans une prison de haute sécurité, a considérablement fragilisé l’état de santé de ce dernier. Dans ces conditions, un renvoi vers les États-Unis, où il est menacé d’une peine de cent soixante-quinze ans de prison sans avoir la pleine capacité de se défendre de manière équitable, l’exposerait à des traitements inhumains et dégradants au sens de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH).

Les organisations ont, en second lieu, rappelé que la surveillance illicite des communications entre Julian Assange et ses avocats hors de tout cadre juridique a violé de manière frontale le principe de la confidentialité des communications entre les avocats et leurs clients, principe d’une valeur fondamentale pour les démocraties européennes.

En dernier lieu, les signataires ont insisté sur le fait que les charges contre Julian Assange reposent quasi exclusivement sur des activités que mènent au quotidien tous les journalistes d’investigation, à savoir celle de publier des informations auparavant tenues secrètes.

Au-delà du sort réservé au fondateur de Wikileaks, une telle inculpation porterait donc une atteinte grave au droit fondamental à la liberté d’expression, de nature à réduire à néant la protection dont bénéficient les journalistes dans toute l’Europe.

Paris, le 19 février 2020

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Article source: https://www.ldh-france.org/proces-de-julian-assange-lextradition-vers-les-etats-unis-violerait-gravement-les-droits-de-lhomme/

Communiqués de la LDH

Mobilisation du 5 mars 2020 sur les ressources. Pouvoir vivre dignement #Cestlabase

Appel à manifester de l’APF France handicap soutenu par la LDH

Aujourd’hui, en France, 2 millions de personnes en situation de handicap sont condamnées à vivre toute leur vie sous le seuil de pauvreté (évalué à 1 026 €).

  • Comment, dans ces conditions, se loger, se nourrir, se chauffer, se soigner, s’habiller, communiquer et sortir de chez soi ?

De très nombreuses personnes ne peuvent pas ou plus travailler ou réduisent considérablement leur temps de travail en raison d’une maladie, d’un handicap, de l’âge et/ou de l’environnement familial (aidant-e-s de personnes âgées ou malades, par exemple).

  • Le nombre de personnes en situation de handicap ou atteintes de maladies invalidantes qui vivent sous le seuil de pauvreté ne cesse de croître.

Pourtant, pouvoir vivre dignement #CestLaBase !

Le président de la République a fixé un objectif lors de la Conférence nationale du handicap le 11 février dernier : « permettre à chacune et chacun de vivre une vie digne, une vie libre » ; « continuer à aller sur le chemin de l’allocation digne pour toutes les personnes en situation de handicap ».

Nous le prenons au mot !

La dignité, la liberté, c’est :

  • Ne plus vivre sous le seuil de pauvreté que l’on soit bénéficiaire de l’AAH, d’une pension d’invalidité, d’une allocation chômage, que l’on touche un salaire ou une retraite d’un faible montant, …
  • Ne plus être dépendant-e financièrement de son conjoint/sa conjointe.

Mobilisons-nous toutes et tous le 5 mars 2020 !
Le 5 Mars 2020, nous comptons sur vous pour être des dizaines de milliers à manifester partout en France pour faire valoir nos droits !

 

En Ile de France : départ place d’Italie (14h) vers Bastille – Fin 16h 30

Dans les autres régions : contacter les délégations APF France handicap

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Article source: https://www.ldh-france.org/mobilisation-du-5-mars-2020-sur-les-ressources-pouvoir-vivre-dignement-cestlabase/

Communiqués de la LDH

18 février 2020 – Tribune collective, signée par Malik Salemkour “Après le blocage de BlackRock : nous sommes fier-e-s de cette jeunesse !”

Tribune collective de près de 250 personnalités, dont Malik Salemkour, président de la LDH

En juillet 2019, Emmanuel Macron exhortait les manifestant-e-s pour le climat à « rendre la vie impossible aux dirigeants ». Lundi 10 février, il a été pris au mot : des centaines de manifestant-e-s Youth for Climate et d’autres collectifs ont envahi le siège de la multinationale BlackRock et l’ont bloqué pendant deux heures en empêchant son fonctionnement.

Alors que la contestation de la réforme des retraites se poursuit depuis deux mois, cette action est un bel exemple d’alliance des luttes sociales et écologistes. Avec 7000 milliards dans son portefeuille, BlackRock est le plus grand gestionnaire d’actifs au monde. Sa succursale française attend avec impatience la destruction du système de retraites par répartition pour mettre la main sur l’épargne des retraités. Malgré son greenwashing, elle est le premier investisseur des bétonneurs et des compagnies pétrolières, à commencer par Vinci et Total.

Cette action alimente le débat en faveur d’une écologie lucide et radicale, qui pointe directement les responsables du désastre actuel. Beaucoup des manifestant-e-s sont très jeunes, voire mineur-e-s. Quelques bureaux ont été tagués, des chaises et des dossiers renversés : après avoir lancé l’alerte de mille manières sans jamais être écoutée, cette jeunesse assume désormais de commettre des dégradations matérielles minimes dans les locaux de BlackRock pour éviter des dégradations écologiques et sociales terribles dont les incendies en Amazonie, Australie et ailleurs ne sont que des avant-goûts. La violence n’est pas dans cette action mais dans la destruction de la planète.

17 personnes ont été interpellé-e-s, 13 placé-e-s en garde à vue. Pour le moment la plupart sont sorti-e-s avec un rappel à la loi, mais deux personnes passeront en procès sous peu. Quelles que soient nos positions sur les tactiques et les modes d’action, nous refusons de criminaliser et de condamner ces manifestant-e-s. Nous n’en pouvons plus d’assister à cette déferlante de violence sur cette jeunesse engagée, qu’elle agisse dans les lycées, les quartiers populaires ou les manifestations pour le climat.

Nous sommes fier-e-s de cette jeunesse conséquente qui a décidé de prendre en main non seulement son avenir mais l’avenir du vivant.

Nous sommes fier·e·s de cette jeunesse conséquente, cultivée et informée, qui vient nous sommer d’écouter les alertes du GIEC, de l’IPBES et autres organisations scientifiques internationales, là où nos décideurs économiques et politiques sont encore dans le déni de la gravité des dérèglements planétaires en cours.

Nous sommes fier·e·s de cette jeunesse courageuse qui fait face à des policiers lourdement armés, à des poursuites judiciaires toujours plus nombreuses, au mépris de toute une caste de puissants qui la traitent comme une menace.

Nous sommes fier·e·s de cette jeunesse déterminée qui relève la tête et porte la tâche immense de réparer un monde dévasté.

C’est dans cette jeunesse qui ne se « tient pas sage » – peu importe son âge – que réside sans doute la plus grande sagesse. Si BlackRock déposait plainte et que la justice décidait de poursuivre ces manifestant-e-s, nous serons pleinement solidaires. S’il s’avérait qu’on les qualifie de « bande organisée » ou « d’association de malfaiteurs », alors nous en ferons également partie.

La tribune est encore ouverte à signature : envoyez votre nom/prénom/ « fonction » à l’adresse *protected email*

Paris le 18 février 2020

Lire la tribune et retrouver la liste des signataires sur Politis, Libération, Reporterre, ou encore Basta

 

Article source: https://www.ldh-france.org/18-fevrier-2020-tribune-collective-signee-par-malik-salemkour-apres-le-blocage-de-blackrock-nous-sommes-fier-e-s-de-cette-jeunesse/

Communiqués de la LDH

“CMO dégage !” Guyane, le collectif Or de question réclame le départ immédiat de la compagnie Montagne d’Or

Communiqué du collectif Or de question dont la LDH est membre

Le collectif Or de question ne baisse pas la garde. Le président de la République, Emmanuel Macron a, lors de son discours tenu ce jeudi 13 février à Chamonix, affirmé assumer son choix de mettre fin au projet Montagne d’or. Mais sur le terrain, rien n’a changé. Alors que la concession minière a expiré, l’industriel est toujours sur le site et le projet en sommeil pourrait bien se réveiller à tout moment. Le gouvernement doit donner un signal clair, refuser définitivement la demande de renouvellement et mettre un terme à ces lubies industrielles qui minent l’avenir du territoire guyanais. Or de question réclame le départ de la compagnie Montagne d’or.

Depuis les annonces, cet été de l’abandon du projet minier, la compagnie Montagne d’or a déclaré qu’elle maintenait son projet. Elle est toujours sur le site et attend simplement son heure. Pour le collectif Or de question, il est clair que, malgré les déclarations du gouvernement, Montagne d’Or n’a pas dit son dernier mot. En effet, la poursuite de la construction d’infrastructures, telles que les route, pistes d’accès ou le projet de Port chimico-industriel minier, malgré la farouche opposition des autorités autochtones riveraines, et les autres projets de l’ouest guyanais, semblent indiquer que tout continue comme si la parole du gouvernement n’était pas pris au sérieux !

Pourtant la concession minière sur laquelle la compagnie Montagne d’Or est installée a expiré depuis le 31 décembre 2018. L’industriel a demandé la prolongation de cette concession. Le silence gardé par l’administration a été attaqué par Montagne d’Or devant le tribunal administratif de Cayenne. Rien n’est encore scellé et l’industriel n’est pas du tout découragé par les propos du président.

Or, cette situation n’est plus tolérable. Nous n’acceptons pas que le président Macron puisse s’attribuer l’abandon du projet Montagne d’Or, alors qu’il en a été un des premiers défenseurs et que seul l’acharnement de plusieurs années de mobilisation citoyenne a permis d’obtenir une prise de conscience de la part de ce gouvernement. Les déclarations ne suffisent plus, il faut mettre un terme à ce pillage qui se moque bien des enjeux climatiques et de la disparition de la biodiversité.

Or de question demande le rejet ferme et définitif de la demande de concession de la compagnie Montagne d’Or et son départ immédiat du site.

Cayenne, le 17 février 2020

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Article source: https://www.ldh-france.org/cmo-degage-guyane-le-collectif-or-de-question-reclame-le-depart-immediat-de-la-compagnie-montagne-dor/

Communiqués de la LDH

La LDH dans la presse du 7 au 13 février 2020

Télécharger la revue de presse du 7 au 13 février 2020

Article source: https://www.ldh-france.org/la-ldh-dans-la-presse-du-7-au-13-fevrier-2020/

Communiqués de la LDH

Marche en soutien au peuple de Syrie

Marche dont la LDH est signataire

Suite à un soulèvement pacifique pour la dignité, la liberté et la démocratie, le peuple syrien subit depuis mars 2011 une répression sanglante exercée par le régime Assad avec la complicité et le soutien armé de de la Russie, de l’Iran, et de leurs  milices affidées.

Le peuple syrien ne renoncera jamais à ses droits. Il continuera à rejeter toutes les tutelles que l’on s’acharne à lui imposer sous un silence quasi total de la communauté internationale. La preuve en est que, dans les zones qui échappent au contrôle de ce régime tyrannique, les manifestations reprennent de plus belle.

En solidarité avec le peuple syrien, le million de martyrs et de victimes innocentes, les milliers de prisonniers morts sous la torture, les dix millions de déplacés, les sept millions de réfugiés, et en condamnation des destructions massives dans les villes et les villages, des transferts de populations qui constituent un crime contre l’Humanité selon le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale,

Après neuf ans de crimes de guerre et crimes contre l’humanité subis par le peuple syrien, nous interpellons nos responsables politiques, l’opinion publique, toute la communauté internationale, et tous les gens épris de liberté et de justice, pour :

  • L’arrêt immédiat des bombardements dont les victimes sont presque toujours des civils (Aujourd’hui c’est Idlib, hier c’était Alep et avant Menbej, al-Qalamoun, Khan Cheikhoun, Zabadani, Homs, Deraa… Et demain, que restera-t-il de notre chère Syrie ?),
  • Que cessent les tueries, les arrestations, les tortures, les humiliations, les expulsions, les disparitions…,
  • La libération de tous les prisonniers,
  • Que le régime criminel cesse de déposséder les citoyens syriens de leurs terres et de leurs biens,
  • Permettre la transition vers la paix et la démocratie par la mise en œuvre, loyalement et dans le bon ordre, des dispositions du Communiqué Genève 1 et de la Résolution 2254 du Conseil de Sécurité,
  • Le départ immédiat de toutes les Puissances étrangères et de leurs milices.

Appel à rassemblement le samedi 14 mars 2020 à 14h à Paris de la place de la Bastille à la place de la Nation.

Organisations initiatrices : Collectif pour une Syrie libre et démocratique (CPSLD) ; Coordination de Paris de la révolution syrienne (CPRS) ; Damir – France ; Déclaration de Damas – France ; Mémorial 98 ; Revivre ; Souria Houria (Syrie Liberté) ; Syriens Chrétiens pour la paix- France ; Union des coordinations des Syriens à travers le monde

Avec le soutien de la Ligue des droits de l’Homme (LDH)

Article source: https://www.ldh-france.org/marche-en-soutien-au-peuple-de-syrie/

Communiqués de la LDH

Des défenseurs de l’environnement sous surveillance

Communiqué LDH

Le 13 décembre, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est rendu dans le Finistère en compagnie de la présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Ce voyage visait à promouvoir le lancement d’une cellule de la gendarmerie nationale appelée Déméter. Dans quel but ?  La lutte contre « l’agribashing », accréditant la thèse sans fondement qu’on assisterait en France à une entreprise concertée de dénigrement du monde agricole. La réduction du monde agricole à deux syndicats patronaux, qui, même majoritaires professionnellement, ne représentent nullement la totalité des syndicats agricoles, ni celle des paysans dans leur ensemble.

Qui plus est, M. Castaner mélange ces allégations avec les occupations de terres agricoles par des Gens du voyage, les actions antispécistes (qu’il désigne comme un des axes prioritaires de la recherche de renseignements), antifourrure ou antichasse. C’est mettre sur le même plan criminel le vol, le droit des populations nomades et la critique sociale et politique de l’agro-industrie et de ses lobbys, qui accélèrent la destruction de notre environnement, dans une fuite en avant productiviste, réelle cause des difficultés actuelles du monde agricole.

La cellule Déméter « va permettre d’améliorer notre coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements, de mieux connaître les groupes extrémistes à l’origine des atteintes et de pouvoir anticiper et prévenir leurs actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ou d’actions dures ayant des répercussions matérielles ou physiques ». Cette présentation des plus floues pourrait laisser interrogatif si on ne voyait à l’œuvre le schéma répressif qui a fait ses preuves par exemple dans la filière nucléaire : paralyser la mobilisation politique et la volonté d’informer en les mêlant le plus souvent à des infractions mineures, dans le cadre « d’associations de malfaiteurs » attrape-tout. En l’occurrence, pourraient être visées des associations telles que L214 qui ont permis de révéler des pratiques choquantes dans certains abattoirs.

Voilà le véritable objectif de cette cellule au doux nom de déesse : moissonner les renseignements lors d’actions citoyennes, en faisant des agriculteurs les supplétifs de la police, les relier car elles se produisent sur tout le territoire et les criminaliser (y compris les lanceurs et lanceuses d’alerte sur la dégradation du monde vivant), comme à Bure et comme ce gouvernement le fait de plus en plus systématiquement pour les mouvements sociaux.

De premières démarches engagées dans ce cadre, documentées par Le Monde, montrent déjà une volonté d’intimidation de personnes engagées pour l’information du public en matière écologique, revendiquée par la FNSEA si ce n’est par les autorités. Dans ce contexte, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) émet des doutes sur la légalité de la convention conclue entre le ministère de l’Intérieur et la FNSEA et se réserve la possibilité de se saisir de toute voie de droit, avec d’autres organisations intéressées, pour faire face à cette nouvelle dérive sécuritaire et liberticide.

Paris, le 14 février 2020

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Article source: https://www.ldh-france.org/des-defenseurs-de-lenvironnement-sous-surveillance/

Communiqués de la LDH